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Jeunes mais retraités... L'ancien footballeur Julien Cardy aide les sportifs professionnels à ne pas subir leur reconversion
RETRAITE•Avec des associés, l'ancien footballeur professionnel Julien Cardy a lancé la société Sportélyséum en banlieue toulousaine, pour aider les sportifs de haut niveau dans leur reconversionNicolas Stival
L'essentiel
- Julien Cardy s'est servi de son expérience d'ancien footballeur de Ligue 1 et Ligue 2 pour monter la société Sportélyséum dans la banlieue de Toulouse.
- L'ex-milieu de terrain du TFC, de Metz et de Guingamp, entre autres, propose d'aider les sportifs de haut niveau à se reconvertir, une fois leur carrière terminée.
- Sa société s'adresse aussi à des pensionnaires de centres de formation, dont beaucoup ne feront pas fortune dans le football.
Un footballeur n’a pas forcément envie de devenir entraîneur ou agent de joueur à la fin de sa carrière. Et un biathlète n’a pas toujours la vocation pour rester douanier une fois les skis raccrochés. C’est en partant de ce constat que Julien Cardy (38 ans) a créé avec des associés la société Sportélyséum, en septembre 2018 à Balma, en banlieue toulousaine.
« Nous voulons que la reconversion des sportifs de haut niveau ne soit pas subie, qu’ils sachent vers qui se tourner, explique l’ancien milieu de terrain aux 88 matchs de Ligue 1 et 252 de Ligue 2, entre 2002 et 2016. Je me suis appuyé sur mon expérience personnelle. »
Faute de proposition à son goût, l’ex-joueur de Toulouse, Metz, Tours et Arles-Avignon a tourné la page en janvier 2017, six mois après avoir quitté Guingamp. Ses rencontres avec Madith Espinet-Fumat (ex-internationale de rugby à XV) et Frédéric Comayras, spécialistes de la formation, lui ont permis de s’orienter vers un master en management du sport. Le trio a ensuite créé Sportélyséum. « Le sportif reste maître de son projet, lance Cardy. Nous l’accompagnons pour que ce projet soit réaliste et motivant. »
Footballeurs, basketteurs, beach-volleyeurs...
Après plusieurs rendez-vous et quelques tests, l’entreprise aiguille sa cliente ou son client vers des formations adéquates. Et un quatrième associé, Xavier Sompayrac, spécialisé dans les ressources humaines, est chargé de nouer le contact avec de potentiels employeurs. A ce jour, Sportélyséum suit une dizaine de personnes, depuis le footballeur de L2 ou de National au basketteur de Jeep Elite ou Pro B, en passant par des beach-volleyeurs.
Si certains veulent passer des diplômes d’entraîneurs, d’autres suivent des études de management, pour ensuite travailler chez un équipementier sportif, des formations en gestion immobilière ou bien en qualité. Forcément, la démarche ne vise pas les Kylian Mbappé, Teddy Riner ou autres vedettes qui n’ont pas forcément de grands soucis à nourrir pour leur avenir.
Les footballeurs ont davantage le temps d'étudier que d'autres sportifs
« Mais il n’y a que 5 % de sportifs de haut niveau qui ont la capacité de vivre de l’argent qu’ils ont gagné pendant leur carrière », indique Cardy. Les autres doivent pour la plupart gérer psychologiquement et financièrement le difficile retour à la vie ordinaire. «On fait du travail sur mesure, en fonction du sport, de la situation familiale et des besoins. »
Certains sportifs n’attendent pas la fin de la carrière pour se former. Là aussi, il n’y a pas forcément de justice : un joueur de L1 ou de L2, généralement mieux nanti qu’un nageur, aura aussi plus de temps que lui pour potasser ses leçons.
Outre les futurs retraités, Sportélyséum souhaite aussi accompagner les stagiaires des centres de formation de clubs de football, dont une bonne partie ne passera pas le « cut » du très haut niveau. « J’ai rencontré Rémy Loret [directeur du centre de formation du TFC], et j’ai des rendez-vous à Nîmes, Montpellier et Bordeaux dans les prochaines semaines », détaille Julien Cardy, qui avait pris le temps de pousser ses études jusqu’à une licence de STAPS avant de signer son premier contrat pro à Toulouse, en 2002.


















