Budget: Le petit coup de pouce pour l'Agence nationale du sport finalement annulé

POLITIQUE Les députés avaient prévu de relever le plafond de la taxe sur les paris sportifs destinée à l'ANS

N.C. avec AFP

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Roxana Maracineanu, ministre des Sports, à la sortie du conseil des ministres le 9 octobre 2019.
Roxana Maracineanu, ministre des Sports, à la sortie du conseil des ministres le 9 octobre 2019. — Jacques Witt/SIPA

Après une deuxième délibération demandée par le gouvernement, les députés ont renoncé dans la nuit de lundi à mardi au coup de pouce budgétaire à l’Agence nationale du sport qu’ils avaient voté quelques heures plus tôt. Vers 3h20 du matin, à la toute fin de l’examen du premier volet du projet de loi de finances 2020, l’Assemblée a voté à 29 voix contre 21 en faveur d’un amendement du gouvernement réclamant la suppression de cette mesure.

Quelques heures plus tôt, les députés avaient pourtant voté à 89 voix contre 77 des amendements LREM et LR qui relevaient le plafond de la taxe sur les paris sportifs fléchée vers l'Agence nationale du sport. Le gain global devait être de 15 millions d’euros supplémentaires en 2020. Ces deux votes se sont tenus alors que le budget du ministère des Sports s’affiche en hausse dans le projet de loi de finances 2020, de 524 à 710,42 millions d’euro, surtout grâce à l’enveloppe destinée aux chantiers des Jeux olympiques de Paris 2024.

Mais dans les territoires, « les clubs ont été très largement victimes de la suppression des contrats aidés », avait estimé le député LREM François Cormier-Bouligeon, auteur d’un des amendements controversés. Selon Charles de Courson (Libertés et Territoires), « le mouvement sportif, à la base, en a marre qu’une part croissante des fonds publics aille aux grands équipements dans les grandes métropoles ».

L’augmentation du budget en 2020 « est fléchée sur les équipements » de Paris 2024, avait aussi regretté Eric Coquerel (LFI). « Et ça fait deux ans que le budget des sports descend. L’année dernière, il y a eu une pétition du CNOSF (Comité national olympique et sportif français) pour dénoncer la baisse des crédits. Le sport est complètement sous budgété », selon lui. Il faut des moyens vers « la base et le sport pour tous, terreau de tout le mouvement sportif », avait à son tour réclamé le député LR Fabien Di Filippo.

« A la fin de la nuit, vous nous reprocherez d’avoir trop fait augmenter les dépenses (..) J’appelle la majorité à être cohérente avec son vote qu’elle a fait sur la création de l’Agence nationale du sport », avait plaidé le ministre de l’Action et des comptes publics Gérald Darmanin, en vain dans un premier temps.

Il a finalement demandé une deuxième délibération dans la nuit et obtenu gain de cause, malgré les appels de Charles de Courson demandant à ses collègues parlementaires de « maintenir leur position ».