Losc-Chelsea : « On ne doit jamais prendre ces buts », Comment Lille s’est encore sabordé tout seul

FOOTBALL Même en haussant son niveau d'intensité, Lille est plombé par des erreurs défensives qui ne pardonnent pas en Ligue des champions

Christophe Kuchly

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José Fonte a parfois souffert face à Tammy Abraham
José Fonte a parfois souffert face à Tammy Abraham — Nigel Keene/ProSports/REX/SIPA

Au stade Pierre Mauroy,

Comment gagner un match quand on prend des buts évitables… voire stupides ? Pour l’instant, le Losc n’a pas encore trouvé la réponse à cette question importante. Très importante même quand l’adversaire est capable d’exploiter chaque oubli défensif, chaque intervention ratée, et que les défenses, moins perméables qu’en Ligue 1, empêchent de marquer trois ou quatre buts pour compenser.

Comme à Amsterdam, où l’Ajax avait fait le nécessaire pour se mettre en bonne position face à des Lillois pas tout de suite dans le rythme, les hommes de Christophe Galtier se sont sabordés sans qu’on n’ait beaucoup besoin de les aider. Au point de faire naître un drôle de paradoxe : capables de résister aux grosses périodes de domination adverses, de ne pas concéder de buts sur des décalages nés d’une supériorité autant technique que tactique, ils peuvent aussi rendre dangereuses des situations qui ne le sont pas.

Reinildo, deux fois

Mercredi soir, le drame s’est noué en deux temps. Sur l’ouverture du score, un tir lointain de Tomori arrive dans les pieds de Tammy Abraham, seul dans la surface. L’attaquant international anglais réussit certes un bel enchaînement, pivotant et frappant dans la foulée, mais il n’y avait personne dans le coin pour l’embêter. « C’est une balle qui ne paraît pas très dangereuse mais qui passe au milieu de la charnière centrale, regrette Christophe Galtier. Oui, il y a un mauvais alignement, mais le ballon ne peut pas passer là. »

Le mauvais alignement, œuvre du latéral gauche Reinildo, saute tout de même aux yeux. Rarement titulaire depuis le début de saison, le Mozambicain devait apporter la sérénité défensive que n’a pas son rival Domagoj Bradaric, très offensif mais en grosse difficulté à Amsterdam. Visiblement, le problème du latéral gauche n’est pas réglé.

D’autant que c’est le même Reinildo qui s’est retrouvé dans le premier rôle pour l’acte final. Sur une longue balle aérienne au deuxième poteau, il reste à bonne distance de Willian et, en spectateur attentif, regarde le Brésilien envoyer une reprise de volée piquée dans le but. Là encore, l’impression visuelle est terrible. Et, une nouvelle fois, le coach nordiste distribue aussi des mauvais points à un camarade. « Il y a un duel épaule contre épaule dont le joueur de Chelsea sort vainqueur, derrière le geste est parfait. » Cette fois, c’est Yusuf Yazici, envoyé trois mètres plus loin par un Hudson-Odoi bien plus costaud au début de l’action, qui peut se sentir visé.

C’était pourtant pas mal…

Pourtant, Lille n’a pas fait un mauvais match. Christophe Galtier livre même une analyse plutôt positive du contenu :

J’ai trouvé que mes joueurs avaient mis beaucoup plus d’énergie et d’engagement dans le match, à l’inverse du déplacement à l’Ajax. Ce [mercredi] soir, il fallait rivaliser dans tous les domaines, avoir de la force au sens propre du terme. Là, on s’aperçoit qu’il y a encore une différence entre eux et nous. Mais, sur ce que j’avais demandé à l’équipe dans le rythme et l’intensité, on a su aller au-delà de ce que les joueurs pensaient pouvoir faire. »

Moins réjoui que son entraîneur, Benjamin André a regretté le manque d’efficacité, offensive comme défensive. « Les moindres erreurs, on les paye cash, peste le milieu de terrain. Mais on ne peut pas toujours se cacher derrière l’apprentissage. » « A 0-0 et 1-1, on ne doit jamais prendre ces buts, peste le président Gérard Lopez. Peut-être que je suis un peu moins patient que le coach mais c’est une question de caractère. Et c’est aussi que je sais qu’on a le talent. La frustration, elle vient de là. »