Coupe du monde de rugby: Merci Camille! Le XV de France joue avec nos nerfs mais s'impose contre l'Argentine

RUGBY Le XV de France s’est imposé d’une courte tête contre l’Argentine pour son premier match de Coupe du monde au Japon

William Pereira

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Les Français sont en place contre l'Argentine
Les Français sont en place contre l'Argentine — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

De notre envoyé spécial au Japon,

Avec ce XV de France, c’est toujours un peu la même histoire, on ne sait jamais sur quel pied danser. Monstrueux en première mi-temps, archi-fébriles en seconde, les hommes de Jacques Brunel ont assuré le principal en battant l’Argentine 23-21 pour leur entame de Coupe du monde au Japon grâce à une inspiration finale de Camille Lopez.

Mais que ce fut dur ! Un naufrage collectif à la reprise et un banc décevant ont failli coûter cher aux Français, qui s’en tirent finalement sur un canot de sauvetage. Mais qu’importe la manière, il fallait gagner ce match d’outsiders du groupe C pour ne pas se mettre dans la mouise sur la route des quarts de finale. Mission accomplie.

En première période, c’était les All Blues

Qu’on se le dise, ce n’est pas la première fois que les Bleus dégainent une grosse première période, mais celle de ce matin a atteint des sommets insoupçonnés illustrés par deux essais de grande classe de Fickou et Dupont. Tout part à chaque fois de l’intelligence de Maxime Médard et de la folie de Damian Penaud, qui décidément ne déçoit que très rarement à l’aile. Mention spéciale aussi pour Virimi Vakatawa, décisif sur la première réalisation, arrivé tardivement dans le groupe et dont la présence dans le XV avait fait des sceptiques. De fait, en dehors des dix premières minutes un peu chiantes et de l’ouverture du score argentine sur pénalité juste avant le quart d’heure de jeu, le perfect était si proche sur les 40 premières minutes qu’on en est venus à se pincer plusieurs fois histoire de s’assurer que tout ceci n’était pas un rêve.

La débandade à la reprise

Le réveil a fini par venir, comme souvent, dès le coup d’envoi du second acte. Il fallait voir un mauvais présage dans la réception maladroite de Médard, jusqu’ici si propre. Et voir dans la vitesse à laquelle les Pumas se jetaient sur le ballon pour mettre immédiatement la pression dans les 22 français celui de la « guerre » à laquelle s’attendaient à recevoir les Bleus. Ajoutez à ça une mêlée dépassée, des fautes de mains toutes les deux passes et la défense oubliée au vestiaire et vous obtenez deux essais de Petti et Montoya en moins d’un quart d’heure. Deux pénalités bottées par Urdapilleta finissent de sceller le cauchemar tricolore. De 20-3 à 20-21 en 29 minutes, une masterclass de sabordage.

Merci Camille

Il a finalement fallu un éclair, un coup de génie, un truc qu’on n’attendait plus, qu’on avait d’ailleurs plus vu depuis la première période contre le Pays de Galles pendant le Tournoi, pour nous sortir de la panade. Et comme au mois de février, ce truc – un drop – est sorti de la patte de Camille Lopez, autrement plus précieux à l’ouverture qu’un Ntamack toujours un peu paumé à ce poste (merci pour le 4/5 quand même Romain). Pas le plus rassurant, ni le plus beau du siècle mais à la fin, les comptes sont les mêmes : trois points supplémentaires dans la musette qui permettent aux Bleus de repasser devant d’une courte tête. 23-21 et un ultime AVC sur une pénalité bêtement concédée par Fickou à la dernière minute. Heureusement pour les hommes de Jacques Brunel, Urdapilleta ne fait pas mieux que Ntamack sur sa dernière tentative et le XV de France s’en sort. Laborieux. Et tellement français, finalement.