Tour de France: Neutralisation mal comprise, «lose» des Français... «Belle journée de mer**» pour les fans

CYCLISME Les passionnés qui sont montés très tôt à Tignes n'ont pas vu le début d'un boyau en raison de la neutralisation de l'étape

Jean Saint-Marc

— 

Les milliers de fans massés à Tignes n'ont vu que les voitures des coureurs du Tour.
Les milliers de fans massés à Tignes n'ont vu que les voitures des coureurs du Tour. — J. Pachoud / AFP
  • La neutralisation de la course n'a pas forcément été bien comprise à Tignes, où les coureurs ne sont finalement pas passés, ce vendredi.
  • Les supporters français pestaient aussi contre une étape noire pour les Bleus : Alaphilippe a perdu son maillot jaune, Pinot a abandonné et Bardet n'a jamais été dans la bagarre.

De notre envoyé spécial à Tignes (Savoie),

Un cortège bariolé qui ne sait où aller. Certains montent vers Tignes, d’autres descendent, tous s’interrogent : «L'étape est-elle vraiment terminée ? » Ici, près de la ligne d’arrivée, point de grêle​ ni d’orage. Alors on ne comprend pas et on ronchonne : « Je suis dégoûtée, c’était la première fois que je voyais le Tour de France, et ils arrêtent l’étape ! »

Des rumeurs circulent dans la foule : « Il paraît que les coureurs vont monter quand même en vélo, on va les voir. » Le speaker entretient, lui aussi, un vague suspense et finit par annoncer qu’il y aura bien un podium avec les trois porteurs de maillots distinctifs (Bernal en jaune et en blanc, Sagan en vert, Bardet avec les pois.)

« Faudra encore attendre 34 ans pour qu’un Français gagne ! »

Ils finiront par monter, effectivement, mais ne s’attarderont pas au moment des selfies et dédicaces. A l’exception d’un Julian Alaphilippe en plein tour d’honneur, pour sa dernière journée en jaune. Son successeur, Egan Bernal, est un joli coureur. Mais le maillot qu’il porte (Ineos, ex-Sky) est globalement détesté par les supporters français, dégoûtés par une étape au scénario noir : abandon de Thibaut Pinot, décrochage de Julian Alaphilippe qui perd le maillot jaune et un Romain Bardet pas vraiment dans la bagarre. « Faudra encore attendre 34 ans pour voir un Français gagner le Tour », peste Michaël.

Un hélicoptère fait du vol stationnaire au-dessus de nos têtes. Deux gendarmes font le planton sur la ligne d’arrivée. Un technicien franchit cette dernière en sprintant, mais à pied. Applaudissements, rires. Au loin, des Colombiens font la fête, en beuglant : « Egan, Egan, Egan », le tout ponctué par un fort agaçant klaxon éraillé.

Une fin d’étape Canada Dry – ça ressemble au Tour mais ça n’en est pas vraiment. On chope des bribes d’information sur un écran géant ou sur un smartphone. Gros succès pour le tractopelle qui tente de repousser, en vain, des mètres cubes de flotte. Quelques applaudissements, encore, quand le visage de Thibaut Pinot apparaît à l’écran. « Entre son abandon, Alaph' qui perd le jaune et l’étape arrêtée… Belle journée de merde », s’exclame un papy. On ne saurait mieux dire.