Coupe du monde féminine: Valenciennes a le blues après un mois de pure folie

FOOTBALL La plus petite ville hôte de la compétition ne retire que des aspects positifs des six matchs accueillis pendant trois semaines

François Launay
— 
Les supporters néerlandais se sont réunis sur la place d'Armes de Valenciennes avant de converger vers le stade
Les supporters néerlandais se sont réunis sur la place d'Armes de Valenciennes avant de converger vers le stade — F.Launay/20 Minutes
  • La ville nordiste a accueilli six matchs de la Coupe du monde féminine.
  • Tout s’est bien passé pendant le Mondial pour le plus grand bonheur des élus, des commerçants et des habitants.
  • Cette compétition restera longtemps gravée dans l’esprit des Valenciennois.

L’heure est à la nostalgie à Valenciennes. Après avoir accueilli six matchs de la coupe du monde féminine, la ville nordiste a tiré le rideau de trois semaines de fête samedi soir à l’issue du  quart de finale Pays-Bas-Italie. Mais la cité du Hainaut a du mal à redescendre sur terre.

Comme s’il fallait encore prolonger un peu la magie, la ville a décidé de laisser flotter encore quelques jours les kakémonos célébrant l’événement. Quant au stade du Hainaut, il restera aux couleurs du Mondial jusqu’à la fin juillet. L’atterrissage d’après Coupe du monde se fait en douceur dans une ville très fière d’avoir accueilli l’événement comme le reconnaît Laurent Degallaix, le maire de la ville.

« C’était une belle fête sportive et populaire qui s’est déroulée sans le moindre incident »

« Dans la rue, quand je serre la main aux gens, tout le monde me dit “Bravo pour la Coupe du monde”. On sent une vraie fierté des Valenciennois qui ont eu l’impression d’être une grande métropole pendant trois semaines. On n’avait jamais vécu ça ici et tout a été ultra-positif. C’était une belle fête sportive et populaire qui s’est déroulée sans le moindre incident », se réjouit celui qui est aussi président de la communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole.

De ces trois semaines de fête, l’image la plus marquante restera sans conteste le déferlement à deux reprises de plusieurs milliers de supporters néerlandais dans la villeMais Valenciennes, qui aura eu l’un des meilleurs taux de remplissage du Mondial, a aussi marqué les esprits de la FIFA estomaquée de voir le succès rencontré par le remplissage des loges mais aussi par… l’affluence aux buvettes du stade. « Le chiffre d’affaires était supérieur à la plus grosse buvette du Mondial russe. C’est sûr que quand on vend un kilo de frites en moyenne par personne, ça surprend », sourit Laurent Degallaix.

Les cafés se frottent les mains financièrement et humainement

Et il n’y a pas que les buvettes à l’intérieur du stade qui ont bien fonctionné. Installé depuis dix-sept ans à la tête du Penalty, célèbre café situé en face du stade du Hainaut, Laurent Alglave n’avait jamais vécu un tel mois de juin. Au-delà du chiffre d’affaires forcément exceptionnel - « A chaque match, c’était l’équivalent d’un gros match de Ligue 1 à la belle période du VAFC »-, c’est l’aspect festif et populaire qui a profondément marqué le cafetier.



« Humainement, c’était juste génial. On a tous eu un petit coup de blues quand ça s’est terminé samedi. J’ai déjà connu plein de choses avec le VAFC entre les montées, les derbys ou les matchs contre l’OM mais là, c’était vraiment hors normes. A tous les matchs, c’était une ambiance de fête, familiale, cordiale, respectueuse. On ne peut pas faire mieux. On a gardé plein de contacts avec des supporters du monde entier comme des Brésiliens à qui on avait donné des chapeaux au nom du Penalty. Et quand on les voit au Brésil sur Instagram, c’est génial. Franchement, on ne s’attendait pas du tout à ça », reconnaît Laurent Alglave.

Une exposition planétaire

Un avis partagé par l’ensemble des commerçants valenciennois qui n’en reviennent toujours pas. « Tout s’est très bien passé. Les hôtels étaient complets, les restaurants et les cafés ont bien marché. C’est au-delà de nos espérances. On ne pensait pas faire autant. C’est quelque chose d’exceptionnel. On n’a pas tous les jours une Coupe du monde », constate Christophe Robitail, président de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie) du Grand Hainaut.

Consciente qu’un tel événement ne se reproduira pas de sitôt, la ville de Valenciennes, forte de l’éclairage fait par le Mondial, va candidater plus souvent pour accueillir des matchs internationaux de foot féminin et masculin. « Ce Mondial aura été un spot publicitaire à échelle internationale pour Valenciennes. On est passé au Brésil, en Australie, on est passé partout. Les images resteront. C’est magique », insiste Laurent Degallaix. Un été de grâce que la ville et ses habitants ne sont pas près d’oublier.