Coupe du monde féminine: «Me dites pas qu'il y a main? Si?»... Scandale ou pas, ce penalty non sifflé pour les Bleues?
FOOTBALL•L’équipe de France aurait pu revenir au score si un penalty pour une main américaine avait été sifflée en fin de matchNicolas Camus
L'essentiel
- L'équipe de France a perdu contre les Etats-Unis en quart de finale de la Coupe du monde.
- Menées 2-1, elles auraient pu bénéficier d'un penalty en toute fin de match, pour une main de O'Hara dans la surface suite à un centre de Majri.
- Elles regrettent forcément cette décision, même si elles ne veulent pas s'en servir comme excuse à leur défaite.
De notre envoyé spécial au Parc des Princes,
On aura décidément beaucoup parlé d’arbitrage vidéo pendant cette Coupe du monde. Beaucoup trop, même. Deux jours après une conférence de presse pendant laquelle Pierluigi Collina, le président de la commission des arbitres de la Fifa, s’est enorgueilli une bonne heure durant de l’efficacité du fameux VAR, les Bleues auront sûrement des choses à y redire. Alors menées 2-1 dans ce quart de finale par les Etats-Unis, elles auraient dû bénéficier d’un penalty à la 85e minute pour une main flagrante de O’Hara sur un centre de Majri.
En réalité, siffler un péno sur cette action aurait été très dur. Le centre vient très vite, à bout portant, et l’Américaine n’a pas le temps d’enlever le bras. Selon la loi 12 du jeu, l’arbitre est censée prendre en compte « la distance entre l’adversaire et le ballon touché de la main ». Le choix de Mme Monzul, sur la pelouse, et son assistante en cabine, est donc défendable. Le problème, c’est que dans ce Mondial, absolument toutes les situations similaires ont débouché sur un penalty. Demandez ce qu’elles en pensent aux Japonaises, éliminées sur le même genre d'action à la 88e minute en 8e de finale par les Pays-Bas.
Corinne Diacre n’a pas voulu polémiquer, rappelant la vidéo avait été utile à la France plus tôt dans la compétition. Elle a raison. Ses joueuses n’ont pas voulu non plus s’en servir comme excuse avec leur échec, mais ça ne les empêche pas d’être dégoûtées. La capitaine, Amandine Henry, en premier lieu. N’ayant pas revu les images, elle a pris un gros coup sur la tête en direct dans la zone mixte. « Il ne s’est rien passé [au niveau de la vidéo] donc il n’y a rien. Si ? Me dites pas qu’il y a main ? », interroge-t-elle les journalistes. Ces derniers lui confirment que si. « Pff, c’est triste », souffle-t-elle alors, sonnée.
Wendie Renard s’est, elle, montrée plus cash. « Durant cette compétition, il y a des mains qui ont été sifflées pour moins que ça. Au tour précédent, les Américaines ont eu deux penalties en leur faveur, plus que généreux… Mais là, la VAR, peut-être qu’elle ne fonctionnait pas », ironise la défenseuse, en référence à la manière dont les Etats-Unis ont éliminé l’Espagne en 8e.
« Ça aurait pu jouer pour nous, ça n’a pas été le cas », regrette Eugénie Le Sommer. Qui se souvient qu’il y a quatre ans, les Bleues tenaient leur qualification pour les demi-finales face à l’Allemagne avant qu’un penalty sévère pour une main dans la surface ne soit sifflé à la 83e minute. Elles s’étaient ensuite inclinées aux tirs au but. « Ça se répète, c’est dommage, dit l’attaquante. Je ne dis pas qu’on veut gagner sur des décisions arbitrales, mais des fois si ça peut aider on prend. C’est comme ça. »
L’Allemagne et les Etats-Unis sont deux puissances du football féminin que la France n’est pas encore. Cela joue-t-il ? On touche là à l’éternelle question en matière d’arbitrage… Avant l’épisode de la main, les Américaines ont vu leur troisième but refusé pour un hors-jeu de quelques millimètres. En tout cas, le VAR, malgré tout ce qui a été dit avant son introduction, n’empêche pas les débats. Il n’a fait que les déplacer.


















