Coupe du monde féminine: Logiquement battues par les Etats-Unis, les Bleues disent adieu à leur rêve
FOOTBALL•L'équipe de France a tout tenté mais a perdu contre les Etats-Unis en quarts de finaleAymeric Le Gall (avec N.C.)
L'essentiel
- L’équipe de France s’est inclinée 2-0 face aux Etats-Unis en quarts de finale de la Coupe du monde, vendredi soir.
- Handicapées par un but encaissé dès la 5e minute de jeu, les Bleues ont poussé, encaissé un second but en contre puis réduit le score pour y croire encore, en vain.
- Elles sortent de « leur » compétition au moment où celle-ci commençait vraiment…
De notre envoyé spécial au Parc des Princes,
La déception est immense, à la hauteur des ambitions affichées. Malgré une fin de match de folie, l’équipe de France a été logiquement battue par les Etats-Unis (2-1), vendredi, en quarts de finale de la Coupe du monde. La fin, abrupte, de leur rêve d’être sacrée pour la première fois, à la maison.
Rapido Rapinoe
Dans un stade bouillant comme on ne l’avait encore jamais vu depuis le début de la Coupe du monde – on y reviendra –, les Américaines n’ont pas fait de sentiment au moment de mettre un gros coup de clim' avec l’ouverture du score de Megan Rapinoe dès les premières minutes. Prise dans son dos par la star des Stars and Stripes, Griedge Mbock, pourtant irréprochable jusque-là dans la compétition, est prise par la patrouille en accrochant grossièrement Rapinoe.
Résultat, coup-franc côté gauche à l’entrée de la surface, carton jaune pour la Brestoise, et but de l’icône du foot aux USA (5e). Mais alors qu’on s’attendait à un joli enroulé du droit dans la lucarne opposée, Megan Rapinoe choisit de balancer un scud tendu au premier poteau, qui passe entre une forêt de jambes et trompe une Sarah Bouhaddi pas forcément coupable sur ce coup-là.
On remerciera la gardienne de l’OL pour sa sortie tête baissée hors de sa surface, quelques minutes plus tard, pour tacler dans les pieds de la buteuse US, car à 2-0 au bout de dix minutes de jeu, on pouvait déjà dire adieu à nos rêves de demi-finale. Conscientes que le point faible des Françaises en défense se trouvait côté droit, avec une Marion Torrent en mode Grands Boulevards, les femmes de Jill Ellis se sont gavées de ballons dans cette partie du terrain, sans finalement pouvoir enfoncer le clou avant la pause. Ce sont même les Bleues, au pied du mur après le but de l’Oncle Sam, qui ont « dominé » le premier acte, sans toutefois montrer grand-chose dans les trente derniers mètres. Les guillemets, c’est pour dire qu’on a surtout eu le ballon, sans jamais vraiment inquiéter la gardienne Alyssa Naeher.
De la niaque et du caractère, et un contre qui tue. Ça valait bien la peine, tiens…
Alors que l’équipe de France semblait enfin avoir retrouvé du caractère et de la hargne (ce qu’on avait rarement vu depuis le début du Mondial), et qu’elle maintenait les têtes américaines bien profond dans la bassine d’eau, il aura suffi aux USA d’un contre express côté droit et d’un bon centre en retrait pour ruiner les espoirs tricolores. A l’arrivée, comme toujours, Megan Rapinoe était là pour endosser son rôle de super killeuse des surfaces (2-0, 65e). A ce moment-là, il n’y avait plus grand monde au Parc des Princes pour imaginer un scénario des grands soirs, avec renversement de table et remontada bleue. La claque reçue sur le museau était trop violente, le réalisme américain trop puissant. On a même cru au naufrage XXL avec un troisième pion américain, finalement annulé pour un hors-jeu d’un cheveu.
Renard, espoir, pas VAR
Et soudain, une explosion, un stade qui tremble et des supporters qui entrent en transe. Au bord du précipice, foutues pour foutues, les Bleues ont fait ce qu’elles savent faire le mieux : s’en remettre à un coup de pied arrêté et viser la tête de Wendie Renard. Bingo. Auteure d’un match hyper moyen jusqu’alors, Gaëtane Thiney a finalement rappelé au monde qu’elle avait quand même un coup de patte bien sympa quand elle voulait. Et Renard a surgi. Coup de boule, réduction du score et retour des espoirs. Mais rien n’y a fait, et alors que le pays tout entier réclamait un péno après une main américaine dans la surface sur un centre de Majri, les arbitres ont décidé de ne pas accorder ce que d’autres avaient sifflé quelques jours plus tôt contre les Japonaises, en huitième de finale face aux Pays-Bas. C’eut été notre péno salvateur mais il n’en fut rien. De rêve bleu il n’y aura point, c’est con, on avait tous envie d’y croire.
Il était beau, ce Parc, pourtant
Plein à craquer, rempli de drapeaux bleu-blanc-rouge (le fait que les Américains aient des couleurs semblables a aussi aidé sur l’impression visuelle), nourri de chants presque sans discontinuer, le Parc des Princes a été à la hauteur de cet événement exceptionnel. Et de l’engouement suscité par le parcours des Bleues jusqu’à présent. On avait senti une atmosphère particulière dès l’arrivée au stade. Tout le monde était bien conscient que cette soirée pouvait faire entrer les Françaises dans une autre dimension. Après le coup de clim’de Rapinoe, le public a accompagné les efforts des Bleues autant qu’il le pouvait, les a sûrement rendues plus mordantes encore au retour des vestiaires.
Le but du « break » aurait pu le faire taire, mais il ne s’est pas résigné, avant d’entrer en fusion au moment de la réduction du score de Renard. Les supporters ont passé les dix dernières minutes debout, à hurler, à réclamer un penalty en même temps que Majri… En vain. Il va falloir du temps à tout le monde pour digérer la déception.


















