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A 24 ans, le Nantais Thibault Ferasse commence «sa deuxième carrière»

Championnats de France de vélo: A 24 ans, Thibault Ferasse commence «sa deuxième carrière»

CYCLISMEL’ancien coureur de l’UC Nantes, encore amateur il y a un an, sera au départ des championnats de France dimanche à La Haye-Fouassière
David Phelippeau

David Phelippeau

L'essentiel

  • Thibault Ferasse, coureur de Natura4Ever-Roubaix-Lille Métropole, prendra le départ des championnats de France élite dimanche à la Haye-Fouassière.
  • L’ancien coureur de l’UC Nantes était encore amateur il y a un an.

La roue tourne. Rien de plus normal pour Thibault Ferasse (24 ans), cycliste professionnel de l’équipe Natura4Ever-Roubaix-Lille Métropole. Dimanche, l’ancien coureur amateur de l’Union cycliste Nantes atlantique sera au départ des championnats de France élite à Vertou (Loire-Atlantique) pour le départ fictif puis à La Haye-Fouassière pour le départ réel. Thibault Ferasse revient de loin. Très loin même. Il y a un an, il passait ses dimanches à sillonner les petites routes de l’Ouest avec l’ UC Nantes, « le club auquel je suis très attaché ». Et surtout celui qui l’a accueilli alors que le monde professionnel venait de se refermer sur ses doigts…

Sa formation disparaît

On est fin 2017. L’équipe cycliste Continentale Armée de terre disparaît. C’est le ministère des Armées, dont dépend la formation, qui l’annonce. Thibault Ferasse se retrouve au chômage comme « une trentaine de salariés ». « Tout s’est arrêté du jour au lendemain, se souvient le natif de Saint-Brieuc. A cette période de l’année, c’était très compliqué de se replacer ailleurs. » Thibault décroche son téléphone et fait jouer son carnet d’adresses. Les contacts avec Vital-Concept restent sans lendemain. La flamme vacille. « On pense à raccrocher, finit par lâcher ce titulaire d’un bac pro en métallerie. On se pose forcément des questions. A 23 ans, t’es pro, t’as fait tes preuves, t’as fait une belle saison avec des podiums. Tu te dis que t’as peut-être une belle carrière devant toi, mais tout s’arrête. C’est vraiment difficile à vivre… » Mais, la passion reprend finalement le dessus. « Après, j’aime tellement vélo et puis j’étais encore jeune. »

Les petites courses du dimanche reprennent…

L’UC Nantes, dans lequel il court depuis « l’âge de 16 ou 17 ans », lui ouvre à nouveau ses portes. La « régression » n’est pas simple à encaisser. « J’avais besoin de souffler, de me remobiliser. Il ne fallait pas se laisser abattre. » Thibault peut compter sur le soutien de ses coéquipiers, mais aussi entre autres d’Anthony Ravard, le directeur sportif, et Jean-Luc Hamonet, l’entraîneur. Au fil des semaines, le puncheur d’1,68 m retrouve son coup de pédales. « Ils ont réussi à me remobiliser, remercie Thilbault. Faire un an à fond dans une vie ce n’est pas grand-chose surtout quand on sait que derrière on peut repartir de plus belle… » Eté 2018, le monde professionnel entrouvre encore sa porte. Le Breton de naissance s’y engouffre sans ciller. Il signe un an avec l’équipe Continental (3e division nationale) Natura4Ever-Roubaix-Lille Métropole. « J’ai pris ça comme le début d’une deuxième carrière. »

Au service d’Antomarchi dimanche

Le changement de braquet entre le monde amateur et professionnel s’avère violent. Les efforts sur les courses sont bien différents. « Il fallait que je reprenne mes marques, avoue celui qui a commencé le vélo à Nantes Doulon. En amateur, je roulais 150-160 bornes tous les dimanches et là, il faut repasser à des courses de 200 bornes. Il y a un temps de réadaptation. » Ce dernier ne sera pas si long que ça. Thibault squatte souvent le top 10, « sans jamais conclure avec un podium ». Jusqu’aux Boucles de la Mayenne, début juin, où il remporte son premier succès sur le circuit pro.

De bon augure avant les championnats de France de dimanche sur des routes de la Classique Loire-Atlantique qu’il connaît comme sa poche. « J’aimerais bien un top 10, mais j’aurai surtout rôle d’équipier pour Julien Antomarchi, qui a des grosses références sur les championnats de France tous les ans. Il joue la gagne. Il est très en forme actuellement. Je ne suis pas anxieux, mais j’ai hâte d’y être. » Hâte de rouler au sein d’un peloton qu’il a bien cru ne jamais revoir.