VIDEO. Mondial féminin: «La vie de groupe peut te faire gagner une Coupe du monde», soutient Aïssatou Tounkara

INTERVIEW La défenseure de 24 ans confie à « 20 Minutes » son ressenti sur le début de la préparation des Bleues

Propos recueillis par Nicolas Camus et Maxime Ducher

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Aïssatou Tounkara lors du match France-Etats-Unis au Havre, le 19 janvier 2019.
Aïssatou Tounkara lors du match France-Etats-Unis au Havre, le 19 janvier 2019. — Brad Smith/ISI/REX/Shutterstock/SIPA
  • L’équipe de France féminine est en pleine préparation pour la Coupe du monde qui va commencer le 7 juin en France.
  • Après quatre jours passés à Perros-Guirec, les Bleues ont entamé le travail foncier à Clairefontaine, cette semaine.
  • La défenseure Aïssatou Tounkara, arrivée mardi, raconte à « 20 Minutes » ses premières impressions sur l’ambiance au sein du groupe et insiste sur l’importance de cet aspect à l’approche de la compétition.

Elle est celle qui fait rigoler tout le monde, dit-elle. On la croit, bien sûr, même si au moment de répondre à nos questions, c’est avec un grand sérieux et sans fioriture. Aïssatou Tounkara, 24 ans, est encore jeune mais affiche un gros caractère. Grièvement blessée (double fracture tibia-péroné) en mars 2018, devant réapprendre à marcher, elle est revenue en sept mois, assumant au passage un départ à l’étranger pendant l’été.

La défenseure est l’une des rares Bleues à avoir sauté le pas et elle ne le regrette pas. Sacrée championne d’Espagne avec l’Atlético Madrid – mais battue en finale de la Coupe de la Reine samedi –, elle a rejoint l’équipe de France directement à Clairefontaine, mardi. Ce qui ne l’empêche pas de ressentir, déjà, de bonnes vibrations.

Quelles sont vos toutes premières sensations sur cette préparation ?

Les filles m’ont raconté un peu comment ça s’est passé à Perros-Guirec. C’était une première étape, un stage de régénération, mais en arrivant hier [mardi] j’ai senti le groupe déjà très concentré, et que la préparation partait sur de bonnes bases.

C’est une préparation pour disputer une Coupe du monde, à domicile. Est-ce qu’on sent que c’est spécial ou pas encore ?

C’est différent, parce qu’on entre dans une préparation à long terme. Les entraînements ne sont pas les mêmes, et tout est axé sur un grand objectif. Je sens qu’on est particulièrement concentrées, mais pas forcément plus d’habitude. En tout cas pas encore. Ça va arriver vite, on le sait, mais la compétition n’est pas encore là. Il ne faut pas sauter les étapes. Pour l’instant, c’est la préparation, c’est tout.

Quelle est l’ambiance dans ce groupe ?

Ça fait un bout de temps maintenant que le groupe est à peu près le même, donc on commence à vraiment bien se connaître, toutes. Tout le monde prend du plaisir. Dès qu’on arrive ici, ça va tout seul. Il y a une bonne vie de groupe.

Est-ce que Corinne Diacre a beaucoup insisté là-dessus ? On sait que cette notion est sacrée pour Didier Deschamps, par exemple. Quel est le discours de la sélectionneuse ?

Elle fait très attention à ça, oui, même si maintenant elle en parle moins parce que beaucoup sont là depuis longtemps. On sait qu’on doit toutes aller dans la même direction pour réussir une compétition comme celle-là. La vie de groupe est primordiale, elle peut te faire gagner une Coupe du monde. Ou la perdre. C’est long, tu es plus d’un mois ensemble si tu vas loin. Il faut que tout le monde se sente bien.

Avez-vous l’impression que ce groupe a été construit sur ce critère, particulièrement ?

Chaque liste que la coach a fait était pour préparer la Coupe du monde. Il n’y a pas eu trop de changements sur les derniers stages, ça fait longtemps qu’on a entamé cette préparation en fait. On est un groupe qui se connaît bien.

S’entraîner à 7 heures du matin, comme c’est le cas cette semaine, ça soude aussi, non ?

Oui ! (elle sourit). Parce que je peux vous dire que tout le monde est en souffrance. Mais on souffre ensemble alors ça passe mieux. Bon, la préparation, c’est toujours ce qu’on déteste le plus. Se réveiller tôt, faire du travail physique, athlétique… on préfère le ballon. Mais on sait qu’il faut passer par là pour aller loin dans une compétition, c’est normal. On garde ça en tête pour se motiver.

Quelle est votre place dans ce groupe, personnellement ?

Moi je parle à tout le monde, j’aime bien faire rigoler les gens. Je suis comme ça tout le temps, naturelle. Dans chaque groupe, chacun a son rôle en fonction de sa personnalité. Ça se fait tout seul. Certaines vont être des leaders, d’autres aussi mais sans parler beaucoup, d’autres encore sont plus expansives. Il y a les calmes, aussi… Moi je suis une personne qui aime rire avec tout le monde.

Vous avez été rappelée tout de suite après votre blessure [en novembre dernier]. Parce que vous êtes importante dans le groupe ?

Le fait que la coach me rappelle si tôt, c’est sûr, ça a été une preuve qu’elle comptait sur moi. Qu’elle a confiance en moi. J’étais très contente de retrouver le groupe, parce que même si je n’étais pas tout à fait prête, être là, voir comment ça se passe, ça m’a fait du bien. Ça m’a donné envie de faire encore plus d’efforts pour revenir le plus vite possible.

Vous vous y attendiez, à être de retour si vite ?

Non, vraiment pas. Ça a été une grosse surprise. Je n’étais pas encore à 100 %, le fait qu’elle me rappelle et que je puisse faire mes soins avec le staff médical ici, que je m’entraîne avec le groupe, ça a été une bonne chose.