HBC Nantes: «J'ai fait un geste et je le regrette», avoue Nicolas Claire qui va quitter le club

INTERVIEW Le demi-centre nantais Nicolas Claire affronte, ce mercredi soir, à la H’Arena, Aix, club qu’il a décidé de rejoindre cet été faute d’accord sur une prolongation avec le HBC Nantes

David Phelippeau

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Nicolas Claire à Cologne en mai 2018.
Nicolas Claire à Cologne en mai 2018. — Patrik STOLLARZ / AFP
  • Nicolas Claire n’a pas réussi à trouver de terrain d’entente pour prolonger son contrat à Nantes.
  • En mars, il a donc annoncé qu’il avait signé à Aix, adversaire du HBCN ce mercredi soir.
  • L’international français n’a aucune rancune vis-à-vis de ses dirigeants, mais n’hésite pas à faire part de son incompréhension face à l’orientation prise par le club.

Apaisé. Sans aucune acrimonie. Ce mercredi soir (20h30), à la H’Arena, Nicolas Claire va faire face à Aix, son futur club. Le demi-centre ne sait pas encore quand il sera autorisé à rallier le sud où un contrat de trois ans l'attend, mais il affirme vouloir y aller dès cet été, à un an de la fin de son bail nantais. « Il y a des arrangements à trouver, des contrats à casser [l’Aixois Aymeric Minne pourrait faire le chemin inverse], mais je pense que ça va se faire », espère Nicolas Claire. Celui qui est arrivé en 2013 au HBCN et qui a participé grandement à la trajectoire ascendante du club sur le plan national et européen veut tourner la page. Son souhait était d’écrire encore quelques lignes en majuscule avec son HBCN, mais Claire n’a pas trouvé de terrain d’entente avec sa direction. A son grand dam.

Lorsque vous avez annoncé que vous aviez signé à Aix, vous avez avoué « avoir du mal à réaliser » que Nantes, c’était fini. Pourquoi ?

Parce que j’ai vécu beaucoup d’aventures ici avec un super groupe. Des relations humaines fortes. Nantes, c’est mon club depuis 2013. J’ai toujours dit que je voulais finir ici. J’avais même dit à Gaël Pelletier [le président] en décembre lors des négociations que je ne me voyais pas jouer ailleurs qu’à Nantes en France. Ça ne s’est pas fait, c’est le sport. Je n'en veux à personne, mais c’est un déchirement. J’ai des gens que je considère comme ma famille ici. On ne va pas se perdre de vue, mais les habitudes vont changer. Il y a des gens que je vais moins voir. Après, le sport, on sait que c’est un business.

Vous avez un goût d’inachevé ?

Non car cette équipe a toujours avancé et réussi ses objectifs les uns après les autres. J'aurais aimé gagner un titre en Coupe d'Europe ou un titre de champion, surtout cette année pour ma dernière saison.

La direction du HBCN a aussi annoncé que l'entraîneur Thierry Anti ne serait pas prolongé dans un an, comme vous. Vous comprenez cette orientation du club ?

Pour moi, on renouvelle que quand on sent que ça commence à décliner. Ça n’a jamais été notre cas. On a réalisé le meilleur début de saison du club jusqu’en décembre. On n’a pas forcément compris. Des décisions ont été prises par le club. Elles ont souvent été dans le bon sens donc je leur souhaite que ça marche encore.

En voulez-vous à quelqu’un ?

Non. Après, j’ai eu une réaction. J’ai fait un geste [lors de Nantes-Szeged, le 23 février en Ligue des champions, il avait marqué puis avait frotté ses doigts pour symboliser l’argent] et je le regrette. C’était une réaction à la hauteur de ma déception. On est humains. J’ai craqué car j’avais l’impression de tout donner à chaque fois et de ne pas avoir de récompense au bout. Je ne me suis pas senti trahi, mais incompris. C’est passé. J’ai 32 ans, je me suis posé. C’était une réaction à chaud. Ça ne sera pas la dernière, mais je regrette après d’avoir dit du mal des gens…

On dit de vous parfois que vous avez un gros ego. Ça vous touche ?

Mais, c’est important de penser qu’on est les meilleurs. On est obligés d’entrer sur le terrain et de se dire qu’on est les plus forts et qu’on veut battre tout le monde sinon on ne joue pas à ce niveau-là. Quand je suis arrivé à Nantes, on gagnait contre toutes les équipes sauf celles du top 4. On respectait trop ces équipes… Ce n’est pas se la péter que de dire tout ça, c’est l’ego normal du sportif de haut niveau.

C’est une histoire d’argent qui a fait que vous n’avez pas prolongé votre contrat à Nantes ?

Ce n’est pas qu’une histoire d’argent car le club en a… Il en donne à certains. C’est plus une question d’orientation du club. Je suis meneur de jeu. J’ai joué pour Thierry Anti neuf ans dans ma carrière. Peut-être que des gens se sont dit que si Thierry partait, il fallait que je parte aussi. Je l’ai ressenti comme ça. Mais je n’ai aucune rancune car je vais dans un très beau projet à Aix. J’espère faire grandir ce club comme j’ai pu le faire avec Nantes. J’espère apporter l’esprit qu’on avait ici au début.

Qu’est ce qui va vous manquer le plus si vous partez dans quelques semaines ?

C’est l’humain. Toutes les relations créées avec les gens ici comme Rock (Feliho), Olivier (Nyokas) et d’autres. Ces relations, je les garderai après ma carrière plus que le handball en lui-même.

Comment ont réagi les supporters quand ils ont appris votre départ ?

Certains étaient déçus. Mais vous savez beaucoup étaient aussi très tristes quand Valero Rivera est parti à Barcelone il y a trois ans. Deux mois après, ils soulevaient leurs tee-shirts pour Dominik Klein [remplaçant de l'Espagnol]. C’est ça, le sport.