FC Nantes: Queensy Menig ou Queensy l'énigme... L'histoire de ce Canari «fantôme»

FOOTBALL L'ailier hollandais (23 ans), recrue de l'été 2017, s'entraîne avec la réserve (N2) sans jamais jouer de match officiel

David Phelippeau

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Queensy Menig à l'entraînement.
Queensy Menig à l'entraînement. — D.P. / 20 minutes
  • Recruté à l’été 2017 (sous Ranieri), Queensy Menig n’a participé qu’à un seul match officiel avec le FCN.
  • Après des expériences de prêt ratées à Oldham et Zwolle, l’ailier hollandais (23 ans) s’entraîne désormais avec le groupe réserve du FCN.

Queensy Menig fait partie de la liste interminable de joueurs recrutés par le président Kita depuis douze ans, mais il est sans doute l’un des moins connus. Par ses propres supporters, mais aussi par les salariés du FCN. « Je l’ai déjà croisé, mais je ne lui ai jamais parlé… », nous confie-t-on en boucle au club. L’histoire de ce milieu de terrain hollandais (23 ans) depuis bientôt deux ans a de quoi interpeller. Ce week-end, Menig ne sera ni à Marseille avec les pros, ni en réserve, équipe avec laquelle il s’entraîne dans l’anonymat le plus total la semaine.

Fin août 2017, le joueur s’engage (contre 400.000 euros) avec le FCN jusqu’en 2022 avant d’être tout de suite prêté au club de 3e division anglaise d’Oldham. « Claudio Ranieri [entraîneur à l’époque] n’en voulait pas dans son effectif », explique-t-on aujourd’hui au FCN. « Ici, c’est un aéroport », avait d’ailleurs ironisé le technicien italien en faisant allusion à ce joueur dont il ignorait l’existence avant sa signature à Nantes. A l’époque, Abdallah Lemsagam, agent (sans licence officielle) proche du président nantais durant l’été 2017, aurait fait miroiter à Waldemar Kita qu’il allait faire une culbute financière importante avec ce fameux Menig. L'intéressé dément aujourd'hui avoir conseillé ce joueur à l'homme d'affaires franco-polonais. Toujours est-il que l'ailier est prêté dans la foulée à Oldham, dont le président depuis bientôt deux ans n’est autre que Lemsagam. « Oui, on l’a pris en prêt et on a le droit non ? », reconnaît, un poil sur la défensive, ce dernier.

Nantes, Oldham, Zwolle puis retour à Nantes

A Oldham, l’expérience tourne au fiasco. Sur (douze apparitions dont quatre matchs titulaire, un but) et en dehors du terrain. « Il avait un talent évident, mais manquait d’envie, se souvient Chris Stringer, correspondant sportif à Oldham. Abdallah Lemsagam l’avait amené chez nous en disant aux supporters qu’il voulait leur offrir un cadeau et les faire rêver… » Un « rêve » à 11.000 livres par semaine (presque 13.000 euros !) qui se termine par un départ précipité en prêt en janvier 2018 à Zwolle (D1 hollandaise), club dans lequel Menig jouait avant de signer à… Nantes. Là-bas, il plafonne encore (un but en une dizaine de matchs). « On n’a pas trop compris pourquoi il est revenu, avoue Herman Nijman, journaliste hollandais. Pour nous, c’est devenu un joueur oublié, fantôme. »

L’été dernier, coup de théâtre, Menig, dont le salaire oscille entre 30.000 et 40.000 euros, pose enfin ses valises à Nantes. De manière provisoire ? La direction du FCN lui cherche en effet une nouvelle porte de sortie. La destination russe est évoquée. Sans suite. Jusqu’au 1er septembre, Menig fait partie d’un loft avec d’autres éléments indésirables (Sigthorsson, Kacaniklic etc.). Puis, on l’autorise à s’entraîner avec l’équipe réserve. Ce qu’il fait depuis plusieurs mois maintenant. Il ne joue qu’un match officiel fin 2018 contre Chartres. « A la demande du coach de l’équipe 1 Vahid Halilhodzic », explique Pierre Aristouy, entraîneur de la N2.

Vahid séduit, mais Menig retourne en réserve

Menig se prend même à rêver quand coach Vahid, plutôt sous le charme, lui permet d’intégrer des séances avec les pros. « Il cherchait des joueurs de percussion sur les côtés », selon Aristouy. Une joie de très courte durée pour l’ailier hollandais. Retour à la case réserve depuis début janvier. « Il travaille, il a la bonne attitude, confie le technicien de la réserve. C’est d’autant plus dur pour lui qu’il sait qu’il ne sera jamais dans le groupe. » Pourquoi ? « Dans un premier temps, il ne se sentait pas de jouer en réserve. Puis, lorsqu’il a émis le souhait d’évoluer enfin avec nous, je ne pouvais pas le faire jouer. » Et pour cause : le FCN n’envisage pas du tout l’avenir avec Menig. Franck Kita, le directeur général délégué, a toujours en travers de la gorge ce recrutement estampillé Abdallah Lemsagam. Un entremetteur que FK a toujours tenté d’éloigner de son père.

« La situation est très compliquée pour lui et pour moi, estime Pierre Aristouy. J’ai deux objectifs fixés pour la réserve : soit utiliser des garçons susceptibles d’aller chez les pros, soit utiliser des éléments en devenir et sur lesquels le club se projette. Queensy ne rentre dans aucune des deux catégories. Ce n’est pas lié à sa valeur s’il ne joue pas. Je vois la frustration du gamin. Pour résumer, Menig est là, mais je ne sais pas pourquoi il est là… » L’intéressé doit se poser la même question tous les jours.