FC Nantes: Nez cassé d'un fan, «j'ai vu un Taser»... Que s'est-il passé en tribune Loire dimanche?

FOOTBALL Une sérieuse échauffourée entre stadiers et supporters a eu lieu en tribune Loire, dimanche, lors de Nantes-Amiens (3-2)

David Phelippeau

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La banderole qui a déclenché la bagarre en Loire entre stadiers et supporters nantais.
La banderole qui a déclenché la bagarre en Loire entre stadiers et supporters nantais. — DR
  • Des violences entre agents de sécurité et supporters nantais ont eu lieu dimanche lors de Nantes-Amiens (3-2).
  • Une banderole a provoqué cette montée d'adrénaline en tribune.
  • Un fan, qui a eu le nez cassé, est allé à l'hôpital.

Les résultats positifs sont revenus pour le FC Nantes (trois victoires de rang), mais pas le calme en tribunes. Dimanche, lors de Nantes-Amiens (3-2) et du succès qui entérine quasiment le maintien des Canaris en L1, une banderole déployée en  tribune Loire a provoqué une grosse altercation entre supporters et agents de sécurité. Dans les minutes et heures qui ont suivi, de nombreuses choses ont été racontées notamment sur les réseaux sociaux. 20 Minutes a mené son enquête.

Quelle banderole a mis le feu à la tribune Loire ?

« On interdit nos supporters, on invite nos adversaires : c’est ça la FC Kita Family. » Voici la banderole qui a provoqué l’intervention des stadiers placés en tribune Loire. Le message fait allusion au fait que le FCN a invité Théo, chat noir du PSG lors de Nantes-Paris mercredi dernier. « Mais aussi au fait que la direction du club interdit ces dernières semaines des supporters pour des raisons fallacieuses », ajoute un porte-parole de la Brigade Loire.

Ce calicot a été déployé en deuxième mi-temps lorsque le FC Nantes menait 3-0. Des chants peu amènes envers la direction du FCN avaient été entonnés avant cet épisode. « Cette banderole n’avait pas été validée par le FCN, explique le club nantais. C’était une banderole entrée clandestinement. Elle est nominative car elle vise le président Kita et sa famille, et est diffamatoire car elle insinue que le club et son président favorisent les adversaires contre ses supporters. » Le FCN rappelle qu’il veille toujours à interdire les messages « diffamatoires, insultants, à caractère injurieux, racistes et homophobes ». Lorsqu’elle est brandie, le PC sécurité du stade décide alors de l’intervention des stadiers.

L’intervention musclée des agents de sécurité ?

Les témoignages de supporters sont unanimes. Sous les sifflets et les cris de protestation, les agents de sécurité de la société All Access (prestataire de services du FCN) sont vite montés en tribune Loire pour retirer la banderole. Selon de nombreux témoins, des coups ont été donnés par les stadiers lorsque « des supporters se sont mis en opposition ». Romain Gaudin, capo de la Loire et porte-parole de la Brigade Loire, a exhorté les supporters « à ne pas se montrer violents et ne pas donner de coups ».

Dans l’échauffourée, un membre de la Brigade Loire a eu le nez fracturé. « Nous n’avons eu aucun retour du service médical », rapporte le FCN. Logique, le jeune homme serait allé directement à l’hôpital sans passer par le service médical du stade de la Beaujoire. Plusieurs jours d’incapacité temporaire de travail lui auraient été prescrits. Il envisage de porter plainte. La Brigade Loire a alors décidé de plier ses affaires et de quitter l’enceinte.

Ces scènes de violence s’étaient déjà produites en Loire lors de Nantes-OL (2-1) le 12 avril dernier. « Ce n’est plus un plaisir de venir au stade, peste Valérie, abonnée en Loire. Avec mon mari, on se pose la question de savoir si on reprend un abonnement la saison prochaine… »

Un pistolet à impulsion électrique a-t-il été utilisé au moment de la bagarre ?

Sur les réseaux sociaux, l’information s’est répandue comme une traînée de poudre. Un agent de sécurité aurait montré un pistolet à impulsion électrique au moment de l’échauffourée. Il n’en aurait néanmoins pas fait usage. « Le club enquête… », répond le FCN, qui se dit surpris si c’est le cas. « Une enquête est en cours de notre côté, on attend de voir les vidéos, explique David Le Nagard, dirigeant de la société nantaise All Access qui est visée. On ne travaille pas avec ce genre d’armes en tout cas… » Flavien, fan du FCN, n’a aucun doute : « J’ai vu le Taser de mes propres yeux, il était bien visible. »

Dialogue quasiment rompu entre la BL et le club

« Le point de non-retour est déjà atteint depuis bien longtemps avec la direction du club, mais pas avec les joueurs, explique un porte-parole de la BL. On n’a plus de dialogue avec la direction. Heureusement qu’il y a le SLO [supporter liaison officer en anglais, en quelque sorte, le relais entre le club et les supporters] avec qui ça se passe bien. » De son côté, le FCN se dit « ouvert au dialogue », mais aimerait que la BL passe en association loi 1901. Désormais, les banderoles ne visent pas seulement le président Kita, mais aussi son entourage. Contre Lyon, Olivier Feneteau, directeur sûreté et sécurité au FC Nantes, était dans l’œil des fans nantais. Selon les informations de 20 Minutes, d’autres banderoles étaient prévues dimanche avec notamment une sur le nouveau logo, décrié avant même sa sortie dans les semaines à venir…