«Un modèle qui deviendra une référence»... Avec l'ANS, le sport français entame sa grande révolution

GOUVERNANCE L'Agence nationale du sport, nouvelle structure qui va organiser tout le sport en France, a été lancée mercredi 

N.C.

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Jean Castex, Roxana Maracineanu et Frédéric Sanaur, lors du lancement de l'Agence nationale du sport le 24 avril 2019 au Stade de France.
Jean Castex, Roxana Maracineanu et Frédéric Sanaur, lors du lancement de l'Agence nationale du sport le 24 avril 2019 au Stade de France. — Ministères sociaux / Revelli Beaumont / SIPA
  • L’Agence nationale du sport a été officiellement lancée ce mercredi 24 avril
  • Son but est de rénover l’organisation du sport en France, avec une gouvernance désormais partagée entre l’État, le mouvement sportif, les collectivités territoriales et le monde économique.
  • Ses deux missions principales concernent la haute performance et la pratique pour tous.

Ça y est, la grande révolution du sport français est sur les rails. Après deux reports, l’Agence nationale du sport (ANS) a été officiellement lancée, mercredi. Un 24 avril, pour faire écho aux Jeux olympiques 2024, élément déclencheur de la réflexion autour de cette nouvelle structure. « C’est un moment important car on donne naissance à un nouveau modèle sportif, qui deviendra, on l’espère, une référence », a commenté Denis Masseglia, le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), à la sortie de la toute première assemblée générale dans les salons du Stade de France.

Le but de cette Agence est de rénover l’organisation du sport français, marquée depuis 60 ans par une forte tutelle de l’Etat sur les fédérations et par un manque de coordination entre les acteurs. Tout est remis à plat, avec une gouvernance désormais partagée entre l’État, le mouvement sportif, les collectivités territoriales et le monde économique. Les trois premières entités pèseront chacune pour 30 % des votes, la dernière pour 10 %.

« C’est une fierté d’avoir réussi à convaincre tout le monde que l’ANS est une bonne solution, s’est félicitée la ministre des Sports Roxana Maracineanu. Cela a été un travail long mais constructif. C’est un bel objet institutionnel, avec une prise de décision proche des citoyens et une meilleure coordination des moyens. »

Pour entrer un peu dans le détail, l’Agence, dotée d’un budget de 347 millions d’euros, aura deux missions principales : la haute performance (faire que nos athlètes remportent plein de médailles dans tous les sports) et le développement de la pratique sportive (faire qu’un maximum de gens se mettent au sport parce que c’est bon pour la santé, les relations sociales, l’intégration, etc.). Des orientations seront décidées au sein de l’agence puis déclinées au niveau territorial, en tenant compte des spécificités de chaque région.

La grogne des Fédérations

Les représentants des maires de France, des départements, des régions et des entreprises étaient tous présents pour ce lancement. Chacun a eu son moment pour souligner à quel point il croyait en ce modèle « de demain ». Cette belle unité fera sûrement sourire dans les fédérations, où l’on se pose beaucoup de questions en ce moment.

L’objet de leur grogne est la volonté du ministère de leur confier la gestion des conseillers techniques sportifs (CTS) – les cadres payés par l’État, comme les DTN ou les entraîneurs nationaux -. Les Fédérations craignent de ne pas pouvoir les payer et les CTS redoutent une remise en cause de leur statut, alors que selon eux rien ne devait bouger avant les Jeux 2024.

Interrogée sur le sujet, Roxana Maracineau s’est voulue conciliante. « L’enjeu de cette Agence est de mobiliser tout le monde, sans laisser personne de côté. On a envie que les CTS puissent continuer à faire ce qu’ils font depuis des années, et que les Fédérations aient les moyens de remplir leurs objectifs. J’ai besoin d’un temps de discussion avec tout le monde pour mieux comprendre comment retisser ce lien de confiance. » La ministre des Sports réfléchit à nommer un médiateur pour sortir de cette crise. « Pour qu’il y ait de la performance, il faut de la sérénité, a ajouté Denis Masseglia. Nous devons la retrouver. » A peine née, l’ANS doit déjà faire face à son premier défi. A cinq ans de JO à la maison, ce ne sera pas le dernier.