HBC Nantes-Barcelone: «Le foot écrase tout là-bas», Valero Rivera ne regrette pas le Barça

HANDBALL Avant le quart de finale de Ligue des champions de mercredi soir (20h45), l'ailier espagnol du HBCN évoque la place occupée par le hand à Barcelone, son ancien club

David Phelippeau

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Valero Rivera.
Valero Rivera. — Urban Urbanc / Sportida/SIPA

Deux ans et puis revient. Le Nantais Valero Rivera (34 ans) retrouve le FC Barcelone, ce mercredi soir, à la H Arena en quart de finale aller de la Ligue des champions. Il y a encore quelques mois il portait le maillot grenat et bleu, mais contre toute attente après deux ans passés dans son club formateur, l’ailier a décidé de revenir au HBCN, le club qui l’a propulsé au plus haut niveau. « Je n’étais pas heureux là-bas », répète à l’envi celui qui a été obligé de payer une partie de son année de contrat restante aux dirigeants de Barcelone pour faire son come-back sur les bords de l’Erdre. Entretien.

Est-ce facile pour le hand de se faire une place à Barcelone avec le football ?

Il y arrive car il a des résultats. Après, on est moins regardés que les footballeurs. Ça m’arrivait d’être reconnu à l’école de mon fils, dans beaucoup d’endroits, même s’il y a peu de gens au match en championnat [à peine 1.000 personnes] et 3.000 ou 4.000 en Ligue des champions dans la salle de Palau Blaugrana qui peut accueillir plus de 8.000 personnes. Tout ça vient du fait que le championnat espagnol n’est pas intéressant. A part Ademar Leon et La Rioja, il n’y a pas beaucoup d’adversité pour le Barça. En France, tu vas n’importe où, quasiment toutes les salles sont à guichets fermés.

Difficile donc d’exister quand on n’est pas footballeur là-bas ?

Le football écrase tout là-bas. C’est une question de mentalité, d’état d’esprit. Les Espagnols sont tellement fans de foot, il n’y a rien à faire. Même le journal Marca, l’équivalent de L’Equipe là-bas, il y a 70 % de foot chaque jour et 4 pages de multisports. Dans ces 4 pages, il y a un petit encart pour le hand.

Ce manque de public, de reconnaissance a participé au fait que vous avez souhaité partir après deux saisons à Barcelone (2016-2018) ?

M’épanouir et avoir une motivation à chaque match comptent beaucoup pour moi. Il n’y avait pas cette possibilité de jouer avec le public là-bas. Je n’étais pas heureux. Je voulais changer ça. Je sentais que je n’étais pas performant à Barcelone en comparaison avec Nantes. J’ai voulu retrouver ça. C’est au feeling que j’ai décidé de changer. Et puis, il y a eu cette proposition de Nantes… Je ne voulais évidemment pas quitter Barcelone, le plus gros club européen [9 Ligue des champions], pour aller n’importe où.

On est forcément obligés de vous demander si le probable départ de Thierry Anti [entraîneur et beau-père] en fin de saison change quelque chose pour vous ?

Je lui dois beaucoup. Il m’a fait évoluer, il m’a fait grandir comme joueur. C’est aussi mon beau-père [Valero Rivera est en couple avec Marion Anti, fille de Thierry Anti]. S’il part, je ne pars pas car j’ai un contrat et je suis très bien ici. Mais, j’ai été touché par ce qu’il s’est passé… Thierry a façonné le joueur que je suis aujourd’hui.