Rennes-Arsenal: Les Gunners ont-ils toujours la cote chez les Français ?

FOOTBALL Très populaire au début des années 2000, Arsenal compte encore de nombreux fans français qui garniront le parcage londonien, jeudi, à Rennes

Manuel Pavard

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La présence d'Arsène Wenger à la tête du club a beaucoup fait pour la popularité d'Arsenal en France.
La présence d'Arsène Wenger à la tête du club a beaucoup fait pour la popularité d'Arsenal en France. — A. Dennis / AFP
  • De nombreux Français soutiendront Arsenal ce jeudi face au Stade Rennais, en 8e de finale de Ligue Europa, y compris au Roazhon Park.
  • Beaucoup de Français sont devenus fans d'Arsenal il y a près de 20 ans.
  • Aujourd'hui, les Gunners continuent d'attirer de nouveaux supporters en France malgré des résultats en berne.

On vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. C’était le croisement des années 1990 et 2000, les Frenchies d’Arsenal Henry, Vieira, Petit, Pirès et Wiltord, entraînés par Arsène Wenger, régalaient sur les pelouses de Premier League. Pour toute une génération biberonnée à L’Équipe du Dimanche et Téléfoot,  Arsenal était alors un club à part, quasiment considéré comme un club français.

Près de 20 ans plus tard, le tableau a changé : résultats en berne, jeu moins flamboyant, départ de Wenger… La question mérite donc d’être posée. La hype est-elle révolue ou les Gunners sont-ils toujours aussi populaires dans l’Hexagone ? Ce jeudi au Roazhon Park, ils seront en tout cas plusieurs dizaines de supporters français à pousser Arsenal dans le parcage londonien.

Parmi eux, Vincent, président d’Arsenal Supporters Club France, l’une des deux associations françaises reconnues par le club. Pour lui, la réponse serait plutôt affirmative : « Nous sommes environ 300 membres aujourd’hui. Le chiffre est assez constant et on a même connu une légère augmentation lorsqu’on a repris les rênes de l’association il y a une dizaine d’années. »

« Des jeunes nés en 1990 qui n’ont pas connu la période faste »

Ce trentenaire parisien de la « génération France 98-2000 » est « tombé amoureux du club avec Henry, Vieira, Pirès et Wenger », « à l’époque où la Premier League commençait à être diffusée sur Canal+ ». Pour lui, il n’y a « pas réellement de baisse de popularité d’Arsenal en France ».

Un constat que confirme Benjamin, 40 ans, vice-président d’Arsenal France, l’autre club de supporters officiel. Lui a commencé à suivre les Gunners au milieu des années 1990, avec le légendaire buteur Ian Wrigt, « puis l’arrivée de Denis Bergkamp, [son] joueur préféré ». Il s’étonne de « l’engouement » que suscite encore Arsenal : « Dans notre listing pour le déplacement à Rennes, on a plusieurs jeunes nés en 1990 qui n’ont donc pas connu la période faste du club. »

ADN français et réseaux sociaux

« On en parle souvent entre anciens et on n’a pas forcément d’explication », ajoute-t-il. « On ne gagne plus de titre majeur depuis des années mais bizarrement, on continue à attirer des jeunes. » Benjamin tente néanmoins une justification : « Le style de jeu est toujours attrayant. Et puis, il y a vraiment un ADN français qui perdure autour du club », incarné par les trois Frenchies actuels Lacazette, Koscielny et Guendouzi.

Autres arguments avancés par Vincent : « A partir de 2005-2006, même si on a eu un peu moins de succès, des joueurs comme Van Persie, Fabregas ou Rosicky ont séduit les nouvelles générations. Et n’oublions pas l’importance des réseaux sociaux qui jouent beaucoup actuellement. S’ils avaient existé à l’époque dorée d’Arsenal, le club aurait été encore plus populaire. »

Pour se faire une idée définitive, il faudra maintenant attendre de voir les conséquences du passage de témoin entre Arsène Wenger et Unai Emery « qui va peut-être hispaniser un peu l’effectif », estime Benjamin. Jeudi soir, lui comme Vincent n’auront en tout cas « aucun scrupule » à supporter un club étranger dans un stade français.