Mort d'Emiliano Sala: «Un vrai bon mec», «le rêve pour tout coach»... «Emi» les a marqués

FOOTBALL Partout où il est passé, l’attaquant italo-argentin, retrouvé mort, a fait l’unanimité sur et en dehors du terrain…

David Phelippeau

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Emiliano Sala, le 28 janvier 2017.
Emiliano Sala, le 28 janvier 2017. — DAMIEN MEYER / AFP
  • Emiliano Sala est décédé à la suite du crash de son avion qui l'emmenait à Cardiff, le 21 janvier dernier.
  • Très simple, le meilleur buteur du FCN (12 buts) est un homme adoré par ses coéquipiers.
  • Dans tous les clubs dans lesquels il est passé, il a donné l’image d’un guerrier.

« Messieurs, Emiliano [Sala], ça, sera sans doute pas pour tout de suite en zone mixte. » Depuis son arrivée à Nantes en 2015, combien de fois les médias nantais ont entendu cette phrase résonner dans les coursives de la Beaujoire après les matchs ? Souvent. Très souvent même. Après chaque match, pour soulager son corps malmené pendant plus de 90 minutes, l’attaquant nantais, dont le corps sans vie a été retrouvé dans l'épave de l'avion qui l'emmenait à Cardiff le 21 janvier dernier, passait entre les mains des kinés.

Un rituel, mais surtout une nécessité pour « un joueur d’une générosité incroyable sur le terrain », selon son ancien coach (2015-2016) Michel Der Zakarian. « Sala, c’est un joueur que tout coach rêve d’avoir, assure Pascal Gastien, qui l’a entraîné à Niort en 2013-2014. Il est à l’écoute, c’est un vrai compétiteur. Il a toutes les caractéristiques qu’aiment les techniciens. »

« Pénible » sur un terrain, adorable dans la vie

Tout ça, Olivier Monterrubio (ancien recruteur du FCN) en avait bien conscience quand il a conseillé à la famille Kita de le recruter en 2015. « Il me fait penser à Cavani dans le sens où il est capable d’aller tacler dans ses 18 mètres. Même s’il ne fait pas un bon match, tu sais qu’il va mouiller le maillot. » Lors des deux dernières saisons et demie (36 buts en L1), il a contraint aussi les défenseurs centraux à tremper leur équipement pour le dompter. « Il est chiant, pénible, racontait il y a quelques semaines Romain Thomas, défenseur du SCO. Il a une telle grinta. Moi, je le prends tous les jours à Angers. »

En 2015, il arrive pourtant sur la pointe des pieds en provenance de Bordeaux pour un transfert estimé à 1 million d’euros. « Il était très discret, se souvient Der Zakarian. Il ne faisait pas de bruit. » Dans la hiérarchie des attaquants, il est considéré comme un deuxième ou troisième choix. La tête de pont du recrutement en attaque s’appelle en fait Kolbeinn Sigthorsson, un Islandais venu tout droit de l’Ajax. « Je n’ai eu aucun doute qu’Emiliano allait passer numéro 1… », affirme Monterrubio. « Sigthorsson était programmé pour être titulaire, mais jamais Emi [comme beaucoup le surnomment] n’a craché sur lui, loue Johan Audel, son partenaire à l’époque. Je ne l’ai jamais vu dire du mal de quelqu’un de toute façon. »

Un épicurien

Irréprochable sur le terrain, Sala l’est aussi en dehors. « Un vrai bon mec », pour Der Zakarian. « Calme, ne se prenant jamais la tête, un type qui aime la vie », ajoute son ex-coéquipier Koffi Djidji, désormais au Torino. Des plaisirs simples du quotidien : promener son chien en forêt, les soirées entre amis, « le vin », se rappelle Audel, expliquant que Sala se faisait régulièrement livrer du Bordeaux.

Mais, Sala, ce n’était pas non plus un béni-oui-oui. Djidji : « Il a son caractère. Et ça se voit sur le terrain et en dehors. Je pense même que certains ont un peu peur de lui car il ne faut pas le faire chier non plus. Il est respectueux, mais il faut le respecter. » Tous sont unanimes : « Pour aller à la guerre, tu peux le mettre en première ligne… ».