OM: Peut-on comparer la période actuelle à la fin de règne de Rudi Garcia à l'AS Rome?

FOOTBALL Rudi Garcia est sur la sellette après une série de défaites et d’éliminations. Le match face à Monaco, dimanche (21 heures), sera décisif pour l’entraîneur de l’OM…

Jean Saint-Marc

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Rudi Garcia lors d'un match de l'AS Rome, fin 2015.
Rudi Garcia lors d'un match de l'AS Rome, fin 2015. — Ciambelli / SIPA
  • Il y a trois ans jour pour jour, Rudi Garcia se faisait licencier de l’AS Rome par le milliardaire James Pallotta.
  • Lacunes tactiques, difficultés à remobiliser le groupe… Plusieurs difficultés actuelles de Rudi Garcia à l’OM évoque cette fin de règne à Rome.

A Rome, il s’était vanté d’avoir remis l’église au centre du village. Il serait temps que Rudi Garcia remette le Vélodrome au centre de Marseille. A la tête d’une équipe qui n’a remporté que deux de ses douze derniers matchs, le coach de l'OM est en danger avant de recevoir Monaco, ce dimanche (21 heures). La période ressemble-t-elle aux semaines qui ont précédé son éviction de l’AS Rome, en janvier 2016 ? On tente la comparaison.

>> Rudi Garcia incapable de remobiliser son groupe

Le début de la fin pour Rudi Garcia, à Rome, c’était une défaite en Coupe d’Italie contre La Spezia, alors dans le ventre mou de la Serie B. Inacceptable pour les tifosis de l’AS Rome. « Nous sommes très exigeants en général, mais particulièrement avec la Coupe, se souvient Théo, romanista de la première heure. On joue toujours la Coupe à fond… Alors cette défaite contre la Spezia, c’était une terrible humiliation pour nous. »

Une humiliation qui en suivait une autre : l’AS Rome de Rudi Garcia venait de manger un bon gros 6-1 face au FC Barcelone. « A partir de là, Garcia n’a jamais réussi à remobiliser ses troupes », reprend Théo. « C’est sûr que ce genre de défaite fait mal sur le plan mental, mais on a l’impression qu’il n’a jamais trouvé les mots pour remotiver ses joueurs », embraye Max, un autre supporter de l’AS Rome.

La suite ? Une longue série noire (une seule victoire en neuf matchs), qui ressemble pas mal à la période actuelle de l’OM, entre déroute en Coupe d’Europe et éliminations dans les coupes nationales face à des adversaires inférieurs. Un marasme causé par une absence totale de rébellion au sein de l’équipe… exactement comme à Rome.

>> Rudi Garcia trop limité sur le plan tactique ?

« 4-3-3 offensively-minded. » Cette formule barbare revient sans cesse quand on épluche, sur les sites de statistiques, la deuxième saison de Rudi Garcia à la Roma. En 26 matchs de championnat, Garcia a utilisé à 22 reprises ce dispositif tactique. « Il ne savait jouer que d’une seule façon : en 4-3-3, et avec une seule animation, un seul plan de jeu… Donner le ballon à Gervinho et le laisser courir », persifle un observateur du club romain.

Rudi Garcia et Gervinho.
Rudi Garcia et Gervinho. - Ciambelli / SIPA

« Son jeu était extrêmement stéréotypé, il ne prenait que très peu de risques et ne se renouvelait jamais sur le plan tactique », embraye Théo, qui juge que Rudi Garcia est « trop limité sur le plan tactique. » A l’OM, Rudi Garcia apporte un peu plus de variété dans ses schémas de jeu : 4-3-3, 4-2-3-1 et 3-4-2-1 se succèdent, selon les adversaires et les états de forme de son groupe. Mais comme avec Gervinho à Rome, Rudi Garcia dépend trop de l’état de forme de son meilleur joueur, Florian Thauvin.

>> La grosse différence : le soutien des dirigeants

Les destins de Rudi Garcia et de Jacques-Henri Eyraud sont liés : le président délégué de l’OM vient de prolonger son entraîneur. Pour l’instant, il le protège : « c’est l’entraîneur que j’ai choisi, il se démène pour trouver des solutions », disait Eyraud après la défaite à Andrézieux. Au contraire, à Rome, Rudi Garcia était en froid avec son propriétaire, le milliardaire américain James Pallotta.

« Il y avait une vraie fracture avec l’actionnaire, depuis une déclaration de Rudi Garcia sur le fait que la Juventus était inarrêtable, que son pouvoir était trop grand », se souvient une source proche de la direction de l’AS Rome. Elle poursuit : « L’absence de résultats a aggravé les choses, bien sûr, mais la rupture était déjà là. Rudi Garcia avait été complètement exclu des tractations lors du mercato d’été, et l’élimination en Coupe d’Italie a fait l’effet d’une bombe dans une poudrière ! » Trois ans jour pour jour après son licenciement de l’AS Rome, c’est cette fois le Vélodrome qui pourrait exploser.