Rudi Garcia s’est-il planté dans ses choix face au PSG? (spoil: oui, oui mais... et non)

FOOTBALL L'entraîneur marseillais avait mis en place une équipe très offensive face au PSG...

Aymeric Le Gall
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Rudi Garcia, au Parc des Princes, le 25 février 2018.
Rudi Garcia, au Parc des Princes, le 25 février 2018. — GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
  • Les Marseillais se sont lourdement inclinés face au PSG (3-0) dimanche soir. 
  • Rudi Garcia avait choisi de titulariser Ocampos à la place de Sanson. 
  • Ses choix tactiques se sont finalement révélés perdants, mais il a au moins tenté quelque chose. 

De notre envoyé spécial au Parc des Princes

Rudi Garcia est un mec qui en a (du cran, bien sûr) et qui aime les défis. Le genre de type qui croit autant au vieil adage « on ne change pas une équipe qui gagne » qu’au fait de penser que reconvertir Bouna Sarr latéral droit est une idée à la con. Vous nous suivez ? Non, c’est normal, ce n’est pas très clair.

En gros, en venant au Parc des Princes pour affronter une équipe du PSG invaincue chez elle depuis près de deux ans, le coach de l’ OM a décidé de tenter un coup de poker et d’aligner quatre joueurs à vocation offensive, au lieu de trois habituellement (Payet-Germain-Thauvin), en délaissant son 4-3-3 classique au profit d’un 4-2-3-1 plus agressif sur le papier. Sauf qu’à l’arrivée, son équipe est repartie de Paris avec une valise sous les bras. Alors, Garcia est-il le principal responsable de la déroute marseillaise au Parc des Princes ? Réponse de schizophrène dans 3, 2, 1…

  • Oui, et c’est Garcia qui le dit (enfin, c’est tout comme)

La mi-temps n’est même pas encore sifflée par Mr Bastien que le coach de l’OM décide de changer ses plans et son organisation. Il faut dire aussi qu’à ce moment-là, le PSG mène 2-0 et que le mal est (déjà) fait. Exit Lucas Ocampos, welcome Morgan Sanson. Adieu le 4-2-3-1, bonjour le 4-3-3. En prenant cette décision, l’entraîneur de l’OM a lui-même prouvé par A + B qu’il s’était planté dans sa compo de départ.

Il a voulu donner les clés du camion à Payet et le champ libre sur la gauche à Ocampos. Sauf que le n°10 de l’OM a paumé le trousseau, et l’ailier argentin son jeu. En se passant de Morgan Sanson, titulaire en championnat lors des quatre derniers matchs (deux victoires, deux nuls), Rudi Garcia a offert au PSG la possibilité de dominer la bataille du milieu de terrain et le trio Rabiot-Diarra-Lo Celso ne s’est pas privé pour en profiter.

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Autre choix du coach olympien : titulariser Jordan Amavi au poste de latéral gauche (Sakaï à droite) et se priver de Bouna Sarr. Celui-ci, reconverti en latéral suite à la blessure d’Amavi dans le courant du mois de décembre, a réussi deux mois assez incroyables pour quelqu’un qui n’est pas un défenseur de métier. Après ses prestations de feu, certains le voyaient même en bleu au Mondial russe avec Didier Deschamps. Dimanche soir il n’était pas là et, petit tacle du destin, le premier but parisien est venu d’une erreur de... Jordan Amavi.

  • Oui mais… ce n’est pas Garcia qui joue

On le sait, dans le foot, ce sont toujours les coachs qui passent à la caisse quand les choses tournent mal. Alors oui, Rudi Garcia ​a peut-être commis des erreurs, il n’empêche, ce n’est pas non plus de sa faute si ses joueurs ont été par moments à côté de leurs pompes face au PSG.

Plutôt à l’aise en avant match pour faire monter la sauce avant ce Clasico, les attaquants marseillais l’ont nettement moins été une fois le match lancé.

Lucas Ocampos est passé complètement à côté de son match (enfin, de ses 38 minutes de jeu), Payet n’a pas été le chef d’orchestre qu’il peut être quand il est dans un bon jour, Valère Germain a été invisible (à sa décharge il n’a pas eu beaucoup de ballons à négocier) et Thauvin n’était que l’ombre de celui qui nous régale tous les week-ends depuis le début de la saison. « On n’a pas suffisamment existé, notamment offensivement », a constaté Garcia après le match. Et derrière ?: « Il faut que je revois le match mais on a peut-être eu quelques largesses défensives ». 

  • Non, il a été ambitieux et c’est très bien

De toute façon, dans le monde du foot, les observateurs et les supporters ne sont jamais contents. Si Garcia était venu au Parc avec l’idée de vérouiller à double tour, il se serait fait allumer tout pareil. Là, au moins, l’ancien coach de la Roma a tenté quelque chose. Quelque chose de foufou quand on vient à Paris: jouer au foot. Et, même si le score ne le montre pas, tout n’était pas non plus à jeter dans la prestation des Olympiens dimanche soir.

« On était venu ici dans l’intention de jouer au foot, confirme Adil Rami en zone mixte après la rencontre. Bon, on en a pris trois… On est forcément déçu mais on a essayé de les presser haut, de jouer, et puis il faut dire qu’ils ont été très lucides, ils ont marqué sur les rares occasions qu’ils ont eues. »

En 2016, pour son tout premier match à la tête de l’OM, Garcia était venu au Parc habillé en maçon, accompagné de sa bétonnière, et ça avait marché puisque Marseille était reparti avec le point du match nul. Mais ce n’était pas le PSG de Neymar et Mbappé. Et puis, qu’est-ce qu’on s’était emmerdé devant le « jeu » d’une équipe qui n’avait pas tiré une seule fois au but… Là, au moins, les Marseillais ont essayé de proposer quelque chose. Au Parc, face à ce Paris-là, c’est déjà une mini-victoire en soi.