Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Ballack a pris les clés

Ballack a pris les clés

EURO2008 – Le capitaine allemand est le seul patron de la Mannschaft...
Pierre Koetschet (à Vienne)

Pierre Koetschet (à Vienne)

Celle-là, Michael Ballack ne veut vraiment pas la louper. Car Ballack et les finales, ce n’est pas vraiment une histoire d’amour. En 2001, avec le Bayer Leverkusen, il assiste impuissant à la volée d’extraterrestre de Zidane, qui donne la victoire au Real en Ligue des champions. L’année suivante, suspendu, il regarde des tribunes Oliver Kahn offrir la Coupe du monde au Brésil. Cette année, il s’effondre en larmes après le penalty manqué par Nicolas Anelka, face à Manchester United. «Même les hommes ont le droit de pleurer», assume le milieu de Chelsea.

Car Michael Ballack, c’est un homme, un vrai. Un chef, qui a pris les clés du lourd camion de la Mannschaft. Enfin. Car à 31 ans, le bonhomme se faisait un peu désirer par l’opinion publique allemande, qui attendait un peu plus de son milieu de génie, mais trop réservé.

«J'ai eu quelques mots très durs»

Cette année, Ballack assume. Il se sent «bien dans le costume de capitaine, même très bien». Avant les matchs, c’est lui qui donne l’essentiel de la conférence de presse, pas le sélectionneur Joachim Löw.


Dans le vestiaire, il a mis tout le monde au pas, provoquant une réunion catharsis après la défaite face à la Croatie: «Nous nous sommes assis et avons parlé. Je n'appellerais pas ça une réunion de crise, mais nous devions nous montrer honnêtes vis-à-vis de nous-mêmes. J'ai eu quelques mots très durs, mais chacun avait à comprendre et vite. Nous avons tous convenu que nous devions revenir à nos forces traditionnelles. Nous manquions de créativité, de relâchement.» Il se murmure que le défenseur central Christoph Metzelder en aurait pris pour son grade.

Comme Zizou

C’est surtout sur le terrain que l’influence nouvelle de Ballack se fait sentir. Alors que les supporters de la Mannschaft se désespéraient de le voir jouer si bas, en deuxième demi défensif, avant le match face au Portugal, Michael Ballack va voir Joachim Löw et lui demande de le faire jouer un cran plus haut, en sacrifiant ainsi le second attaquant. Un coup de maître, qui ressemble d’ailleurs beaucoup au repositionnement tactique de Zinédine Zidane lors de la Coupe du monde 2006.

Une comparaison qui fait plaisir à Michael Ballack, qui lui a repiqué quelques trucs. «J'exerce ce rôle de façon calme. Zinédine Zidane faisait la même chose, il était le leader de son équipe simplement par sa classe et sa façon de jouer.» Pour boucler la boucle, il ne manque plus que deux buts de la tête en finale…. Ou un coup de boule à Carles Puyol.