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Pourquoi les Français sont-ils si souvent blessés?

Pourquoi les Français sont-ils si souvent blessés?

TENNIS – A Wimbledon, les Français passent plus de temps à l’infirmerie que sur les courts…
Romain Scotto

Romain Scotto

Un bref coup d’œil sur les titres de la presse sportive suffit pour comprendre. En 2008, l’actualité du tennis français se résume plus à des bilans médicaux qu’à des résultats sportifs. Les premiers tours du tournoi de Wimbledon n’échappent pas à cette tendance. Lundi, Gaël Monfils a déclaré forfait avant même de fouler le gazon londonien en raison d’une micro déchirure à l’épaule. Mickaël Llodra, lui, a été contraint de poser sa raquette après deux sets face à Mario Ancic pour une douleur au fessier.


Dans le tableau féminin, la victoire d’Amélie Mauresmo face à Ashley Harkleroad (6-4 ; 6-3) paraît inespérée compte tenu de sa fragilité physique ces derniers mois. «Elle s’est fait une lésion musculaire la semaine dernière à Eastbourne, précise Jérôme Bianchi, le kiné des joueuses françaises à Wimbledon. Elle n’était pas à 100%, donc sa victoire est encourageante.»


«Les articulations souffrent»


Depuis le début de l’année, rares sont les Français épargnés par les pépins physiques. Richard Gasquet (genou), Tatiana Golovin (kyste au ventre) ou encore Jo-Wilfried Tsonga (ménisque) ont tous dû renoncer à Roland-Garros, il y a deux semaines, laissant filer de précieux points au classement mondial.


Pour des joueurs qui disputent entre 50 et 80 matchs par an sur le circuit professionnel, cette tendance n’a rien d’étonnant. Mais selon Jérôme Bianchi, l’accumulation du temps de jeu n’est pas l’unique explication au phénomène: «D’un tournoi à l’autre, les balles ne sont pas les mêmes. Leur poids et leur taille varient assez pour modifier les sensations à l’impact. Du coup, les articulations souffrent énormément.»

Strapping sur les courts


A Wimbledon, l’humidité et le vent sont aussi des facteurs traumatisants pour les organismes. Une accumulation de balles mal centrées peut vite provoquer une inflammation des tendons. Les spécificités du jeu sur herbe, (changements directionnels rapides, première balle de service puissante), contribuent aussi au remplissage de l’infirmerie et à la prolifération des strapping sur les courts.


Dans ces conditions, difficile d’évaluer au mieux les chances des Français dans le tournoi. Dans l’optique d’une sélection pour les JO, l’exercice paraît même inenvisageable, près de 40 jours avant l’ouverture des Jeux. La liste dévoilée lundi par la fédération française pourrait très vite évoluer. Pour l’heure y figure le nom de Mary Pierce. Une joueuse protégée par son classement mais qui n’a pas disputé le moindre match de tennis cette saison… Pour cause de blessure, évidemment.