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Panucci enfin à l’heure nationale

Panucci enfin à l’heure nationale

EURO2008 – La défense italienne décimée, Roberto Donadoni fait confiance à son vétéran, Chrisitian Pannuci (35ans). Qui le lui rend bien…
A Vienne, Antoine Maes

A Vienne, Antoine Maes


Ce n’est pas toujours simple de parler aux joueurs. On a voulu coincer le défenseur de l’AS Rome à la sortie de l’entraînement de la Squadra Azzura. Réponse nette et précise, à l’image de son jeu: «Va fanculo, j’ai déjà parlé hier». A sa décharge, c’était dit dans un grand sourire.

Une carrière longue comme le bras

Panucci, c’est d’abord un CV. Milan AC, Chelsea, Inter Milan, Real Madrid, AS Rome. Un accident aussi: deux ans à l’AS Monaco, et 14 matchs en tout et pour tout en Ligue 1. L’épisode ne gâche pas l’ensemble. L’Italien a tout gagné, ou presque. La Ligue des Champions, deux titres de champion d’Italie, un d’Espagne, une Coupe Intercontinentale.

Il y a tout de même comme un malentendu avec la Nazionale. Il a joué les qualifications de l’Euro 96, de la Coupe du Monde 98 et de l’Euro 2000… sans jamais prendre part à la phase finale. Et ne lui parlez pas de la Coupe du Monde 2006: il n’a jamais mis les pieds en sélection sous le mandat de Marcelo Lippi. S’il parlait au «mister» aussi élégamment qu’aux journalistes, en même temps…

Le vrai héros, c’est lui

Sa carrière sentait la fin en queue de poisson, genre pré-retraite au Qatar. Mais Donadoni l’a rappelé… A force de tenir la défense romaine à bout de bras, sûrement. «Au début, je ne voulais pas revenir. Mais mon père m’a convaincu, et je crois qu’il a bien fait. Comme j’avais joué avec Donadoni, ça a pesé dans la balance, et je suis ravi d’avoir relancé ma carrière grâce à lui». Une confiance qui n’est pas à sens unique. En novembre dernier, lors des qualifications, il a évité la honte aux champions du monde en marquant en Ecosse. Et dans cet Euro austro-suisse, il a aussi égalisé face aux Roumains, en phase de poule.

On s’inquiète quand même un peu pour lui, et toute la presse transalpine avec. Les 35 ans de Panucci vont-ils résister longtemps à la chaleur et à la paire Villa/Torres, en quart de finale? «Je suis prêt, malgré le poids des ans, je ne sens pas la fatigue. J’imagine que ce sera ma dernière compétition internationale. Je suis très motivé et je n’ai aucun problème physique. Villa et Torres sont forts, mais Benzema et Henry l’étaient aussi» sourit le Romain. On lui répondrait bien «Va Fanculo». Mais on ne prend pas à la légère un type qui parie des montres à 20.000 euros sur une victoire de l’AS Rome face au Real Madrid avec un ancien coéquipier. Pari gagné, bien entendu.