Les clés du match Pays-Bas-Russie
EURO2008 – Le choc promet beaucoup...Pierre Koetschet (à Bâle)
C’est le match de rêve entre les deux équipes qui ont produit le plus beau football de la compétition. Les Pays-Bas, bourreaux des Français se voient déjà en demi-finale, mais attention, car la Russie de Guus Hiddink, un entraîneur néerlandais, a plus d’un tour dans son sac. Où la rencontre pourrait-elle basculer? Petit tour d’horizon.
Qui va avoir la possession du ballon?
Entre deux équipes qui aiment tellement manier le ballon, qui sont autant portés vers l’offensive, la clé du match risque d’être la possession de balle. «Défendre n'est plus l'unique clé du succès. Jusqu'ici, les équipes qui attaquent ont plutôt bien réussi dans le tournoi. C'est encourageant», constate Guus Hiddink, qui n’envisage pas du tout de laisser la balle aux Oranges pour les contrer derrière. «Je ne pense pas qu'on changera notre style de jeu, on ira vers l'avant, estime le capitaine russe Sergueï Semak. Si on peut éviter les erreurs à l'arrière alors on a nos chances.»
Le vif Archavine va-t-il échapper à la lourde mais solide défense orange?
Le retour d’Archavine en sélection, après deux matchs de suspensions, a sonné le réveil du beau jeu à la russe. Face à la Suède, Archavine a profité de la lourdeur de l’arrière-garde scandinave pour lui faire souffrir le martyr. Problème pour les Pays-Bas, leur défense présente un peu les mêmes caractéristiques que celle des Suédois. On risque donc de voir Nigel de Jong, qui s’était occupé de Ribéry face à la France, faire de même avec Archavine. Cela risque de faire du petit bois.
Sergueï Semak a-t-il la carrure pour enrayer les offensives néerlandaises?
Et plus généralement, les défenseurs russes, très portés sur l’offensive, auront-ils l’énergie pour revenir défendre (surtout avec un jour de récupération en moins). «On devra être très prudent en défense, prévient Sergueï Semak. L'attaque néerlandaise n'a jamais été aussi forte. Je pense que Ruud Van Nistelrooy, Rafael van der Vaart et Wesley Sneijder jouent le tournoi de leur vie. Nos arrières latéraux Zhirkov et Anyukov aiment aller de l'avant et ils le font bien, mais ils ne doivent pas oublier leurs tâches défensives. Il ne faut pas qu'ils s'emportent.»
Et si les Néerlandais étaient menés?
C’est tout le challenge qui attend les joueurs russes: marquer rapidement. Car si les Néerlandais frappent les premiers, ils pourront pratiquer leur jeu de contres supersoniques qui a fait si mal à l’Italie et à la France. Au contraire, on ne sait toujours pas de quoi sont capables les Pays-Bas étant menés.
Les Pays-Bas sont-ils trop confiant?
C’est toujours un danger qui guette la sélection néerlandaise, habituée des matchs de poule réussis et des éliminations sans gloire. Et pour l’instant, surfant sur la vague de leurs trois victoires, les Oranges ne font pas preuve de la plus grande humilité. «Nous avons remporté nos trois premiers matches, et donc réalisé un très bon tournoi jusque-là, assure Rafael Van der Vaart. Mais ce n'est que le début. La Russie est une très bonne équipe. Nous avons visionné son match contre la Suède, elle est très rapide et plutôt portée sur l'attaque. Mais nous devons gagner demain, et franchement, nous sommes en pleine confiance». Attention au péché d’orgueil.
Pourra-t-on être déçu ?
Oui, sans doute, car on attend beaucoup de ce match, peut-être trop. Les amateurs de beau jeu, encore sous le choc d’un Pays-Bas-Portugal de sinistre mémoire (en 2006, le match entre deux des plus belles équipes du tournoi s’était terminé en boucherie) peuvent tout de même être rassurés. Marco Van Basten veut un duel à la régulière. «Oui, nous avons deux équipes qui jouent devant, qui ont les mêmes idées. Mais on doit se préoccuper avant tout de notre jeu. On jouera l'attaque, comme d'habitude, et on verra bien qui est le plus fort».


















