Pays-Bas-France: Au moins, les Bleus sont conscients d'avoir totalement foiré leur match

FOOTBALL Les Bleus ont très vite fait leur auto-critique après la défaite aux Pays-Bas...

William Pereira

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Griezmann reconnaît que l'équipe n'a pas été à la hauteur
Griezmann reconnaît que l'équipe n'a pas été à la hauteur — EMMANUEL DUNAND / AFP

De notre envoyé à Rotterdam,

Faute avouée, à moitié pardonnée. Après leur défaite alarmante dans le stade du Feyenoord en Ligue des nations contre les Pays-Bas, les Bleus ne se sont pas cherchés d’excuses. Plus rare encore dans de telles circonstances, ils ont été très nombreux à se présenter devant les médias en zone mixte (Lloris, Matuidi, Kanté, Pavard et Griezmann).

Nos champions du monde ont donc au moins eu le mérite de ne pas se cacher de leur médiocrité passagère. Ils en ont même parlé plutôt ouvertement, bien que déçus, et voilà comment on pourrait résumer la teneur de leur discours en plusieurs parties :

Première étape : « il nous a manqué de tout »

Phrase que l’on peut aussi bien attribuer à Blaise Matuidi que Benjamin Pavard et qui traduit bien cette sensation de match raté dans son intégralité. « On n’était pas dedans, ça arrive, on a choisi la mauvaise soirée pour l’être », regrette de son côté Antoine Griezmann, qui a d’ailleurs bien vite compris que les choses allaient tourner au vinaigre : « on le sent au début du match dans les transmissions dans les premières passes. » Matuidi évoque également un « non-match »

Deuxième étape : « les Pays-Bas étaient plus forts »

« Je pense que la défaite est mérité, les Pays-Bas ont été meilleurs que nous. » N’Golo Kanté​ n’est pas le seul à le dire, les Oranje ont mieux joué. Plus de mouvement, plus d’intensité, plus de combinaisons, plus de football… « C’est pas surprenant de voir les Pays-Bas à ce niveau, ils l’avaient démontré lors du mois dernier face à l’Allemagne et la Belgique, ils ont réédité une grande performance et nous on n’a pas été au niveau », analyse quant à lui Lloris.

Troisième étape : Deschamps n’était pas content

Pas facile de faire dire aux joueurs bleus que Deschamps les a allumés dans le vestiaire après 90 minutes de naufrage digne des plus belles heures de cinéma de Leonardo Di Caprio et Kate Winslet. Au début, on récolte des « je rentrerai pas dans les détails mais oui il [DD] était énervé et c’est logique » de Blaisou ou encore des « le coach était énervé mais les joueurs aussi » de Grizou. Et à la fin on repart avec Pavard quui vend la mèche : « le coach n’était pas content forcément il a poussé une gueulante, c’est tout à fait normal. » Voilà, c’est ça qu’on voulait entendre, Benjamin !

Quatrième étape : l’analyse tactique

Là encore, c’est à Kanté qu’on doit le gros de l’analyse. Logique, vu que son poste l’oblige à avoir la tête dans le cambouis : « en début de match on a commencé difficilement, et au fur et à mesure on n’a pas réussi à se rattraper. Il y a eu ce but qui nous fait mal et en deuxième mi-temps on a essayé de les chercher mais on s’est exposé un peu plus. »

Lloris explique de son côté qu’au vu du manque de maîtrise global des Bleus, le salut n’aurait pu venir que d’un exploit individuel. « Le scénario du match fait que je touche plus de ballons que d’habitude. L’objectif pour moi c’était d’essayer de garder le 1-0 pour espérer sur contre-attaque ou coup de pied arrêter d’avoir des occasions avec le génie qu’on peut avoir offensivement mais là ce soir on aurait pu jouer des heures sans se créer d’occasion franche. » Hugo lucide.

Dernière étape : on est dans la merde, on va croiser les doigts

Quand on est sportif de haut niveau et qu’on commence à sortir la calculette, c’est rarement bon signe - sauf quand il s’agit de salaire. Un match nul suffit aux Néerlandais en Allemagne pour nous chiper notre place dans le final four, et on sent que ça emmerde nos Bleus. « On verra ce qu’il va se passer, on n’a plus rien entre nos mains », stresse Griezmann. Lloris n’hésite pas à envisager de passer prématurément par la porte de sortie : « ça serait une déception de ne pas se qualifier parce que c’était notre objectif principal. Mais sur ce qu’on a vu ce soir les Pays-Bas méritent plus que nous », même s’il veut croire à un « sursaut d’orgueil » de l’Allemagne, bien que ce match n’ait aucun intérêt comptable pour elle. Il faut bien s’accrocher à quelque chose avant lundi.