Voile: Dernier du Vendée Globe, Sébastien Destremau a-t-il une chance de gagner la Route du Rhum?

VOILE C'est l'ambition du skipper toulonnais, qui rêve de performance après un Vendée Globe d'aventurier...

Jean Saint-Marc avec C.A.

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Sébastien Destremau aborde la Route du Rhum avec de nouvelles ambitions.
Sébastien Destremau aborde la Route du Rhum avec de nouvelles ambitions. — Gilles Morelle
  • Dernier du Vendée Globe 2016-17, Sébastien Destremau est un des favoris de la Route du Rhum dans sa catégorie, la Classe Rhum. 
  • Le skipper varois repart sur le bateau avec lequel il a bouclé le Vendée Globe. Un voilier plus grand que celui de ses concurrents...

Les derniers seront les premiers. Désolé pour la référence honteuse, mais elle s’imposait : Sébastien Destremau, bon dernier du Vendée Globe 2016-2017, rêve de remporter la Route du Rhum, qui part le 4 novembre prochain de Saint-Malo : « L’objectif minimum, c’est de finir sur le podium de ma catégorie, la classe Rhum. L’ambition : c’est de gagner ! » Crédible, ou pas du tout ?

>> Un bateau armé pour gagner. Il a à moitié changé de nom, mais Alcatraz IT/FaceOcean est bien le voilier avec lequel Sébastien Destremau a bouclé le Vendée Globe (en 124 jours) : « C’est une vieille machine, mais c’est un excellent bateau, un bateau très simple mais aussi très sûr, qui a déjà fait cinq tours du monde. » Un bateau un peu surdimensionné pour la classe Rhum, aussi, selon les détracteurs du skipper varois.

« C’est un Imoca, un bateau plus grand que les nôtres, glisse son concurrent Nils Boyer… Je ne trouve pas cela très juste. Ça ne le grandit pas. Il a plus de pression que moi, plus de pression que nous tous. S’il ne gagne pas la classe Rhum, c’est qu’il n’aura pas été bon ! »

>> Un skipper à la fois bizut et expérimenté. Pour sa première Route du Rhum, Sébastien Destremau va devoir ferrailler face à des marins très expérimentés : Luc Coquelin, par exemple, s’aligne pour la sixième fois au départ. Le Varois figure pourtant parmi les principaux favoris, avec l’Italien Andrea Mura et, surtout, « l’épouvantail » Sidney Gavignet. « De toute façon, il n’y a rien qui tienne la comparaison avec le Vendée Globe. C’est effroyable, rappelle Sébastien Destremau. Il y a des dangers aussi sur une Transat' mais on ne ressent jamais cette peur, cet isolement que j’ai connu dans les mers du Sud ! »

>> Une prépa aux petits oignons. Alors qu’il était arrivé sur le ponton de départ des Sables d’Olonne avec dix jours de retard, Sébastien Destremau était cette fois en avance à Saint-Malo. « On a fait un convoyage express depuis Toulon », raconte Sébastien Destremau, qui s’est entraîné à la dure… Avec ses frères. « On a poussé le bateau comme jamais je n’avais poussé un bateau, raconte le skipper. Sur le Vendée Globe, j’étais sans cesse le pied sur la pédale de frein… Là, avec mes frères, des gens en qui j’ai 100 % confiance, on a pu tester les limites du bateau, et on a fait des pointes à 29 nœuds (54 km/h), dans un contrôle parfait. »

Si bien qu’il se lance en étant « plutôt serein », et avec un plan de course qui, sur le papier, semble simple : « Gérer le mieux possible les trois premiers jours dans le trafic, et après quand on attrapera les alizés… Ce sera à fond jusqu’au bout ! »