Ligue 2 : Entre tensions et rancœurs, Valenciennes est à vendre à reculons

FOOTBALL VA est à vendre mais le président actuel ne semble pas si préssé que ça...

Francois Launay

— 

Valenciennes cherche repreneur
Valenciennes cherche repreneur — M.LIBERT/20 MINUTES
  • Depuis le 17 septembre, le club du Hainaut est officiellement à vendre.
  • Repreneur déclaré, Patrick Partouche, patron du groupe de casinos, aimerait racheter VA.
  • Mais Eddy Zdziech, le président actuel, ne l’entend pas forcément de cette oreille.

Tensions à tous les étages. Mal en point sportivement en Ligue 2 où il occupe la 14e place, à quatre points de la zone rouge, Valenciennes se paie aussi une crise en coulisses. De plus en plus critiqué par les supporters, Eddy Zdziech, le président du VAFC depuis 2014, a annoncé il y a trois semaines son intention de vendre le club.

Une banque d’affaires parisienne (Rochefort et Associés) a même été mandatée par le dirigeant et elle est en train de peaufiner le dossier. Une fois cette étape terminée, les candidats à la reprise vont pouvoir prendre connaissance des conditions de vente et commencer à formuler des offres.

Seul candidat déjà déclaré, Patrick Partouche, président du groupe de casinos éponyme, actionnaire du club depuis l’an dernier, a fait part de son envie de racheter VA. Sur le papier, tout paraît donc simple.

Zdziech et Partouche ne se parlent plus

Mais en réalité, les choses sont beaucoup plus complexes. Dans les faits, Zdziech ne s'entend pas avec Partouche. Les relations entre les deux hommes, qui ne sont pas parlés depuis l’annonce de la vente du club, sont glaciales. « On sait que ce n’est pas le grand amour entre les deux », reconnaît un proche du dossier.

Premièrement, pour des problèmes d’ego. Car le tweet que l’homme d’affaires a publié pour se déclarer candidat à la reprise du club n’a toujours pas été digéré par le président du club. Mis au pied du mur, Eddy Zdziech a dû encaisser ce coup imprévu. le jour de son anniversaire.

A cela s’ajoute aussi une histoire de gros sous. Le président de VA aimerait vendre le club à un repreneur autour de quatre millions d’euros, somme qu’il estime avoir investi avec d’autres actionnaires depuis les quatre dernières passées à épurer la dette du club. Mais Partouche ne l’entend pas vraiment de cette oreille. 

Une situation économique compliquée

Locataire du stade du Hainaut qui appartient à la communauté d’agglomération, toujours en train de rembourser son centre d’entraînement, sans joueur à forte valeur marchande, le club du Hainaut dispose de peu d’actifs pour faire monter les enchères.

A cela s’ajoute une situation économique compliquée avec des procès à venir d’ex-salariés aux prud’hommes (Penneteau, Hadzibegic, Wantiez) qui pourraient coûter plusieurs centaines de milliers d’euros au club. Sans oublier un déficit d’exploitation d’environ deux millions d’euros qu’il faut combler chaque année.

Partouche ne fera pas sauter la banque

Un contexte économique qui ne devrait donc pas inciter Patrick Partouche à casser sa tirelire pour racheter VA. D’autant plus que l’homme d’affaires, entre apport au compte courant et sponsoring, a déjà investi près de deux millions d’euros dans le club tout en restant actionnaire minoritaire.

Dans ces conditions, Eddy Zdziech a décidé de prendre son temps. Le dirigeant s’est d’ailleurs rendu au centre d’entraînement mercredi dernier pour annoncer aux joueurs qu’il n’avait encore reçu aucune offre et qu’il était parti pour rester en poste jusqu’à la fin de la saison… trois semaines après avoir annoncé l’inverse. Des déclarations qui ont décontenancé certains cadres du vestiaire exhortant le reste du groupe à ne penser qu’au terrain.

Entre les ventes éventuelles cet hiver (Masson) et les pourcentages à la revente négociés sur des joueurs partis sous d’autres cieux, le président actuel peut finir la saison à son poste. Sauf si les résultats ne s’améliorent pas. Dans ce cas-là, la pression pourrait finir par devenir intenable.