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LE match de l'Autriche
FOOTBALL•Convaincus de se faire laminer, les Autrichiens se sont déjà programmé leur propre finale...Matthieu Goar
Un nouveau «Miracle de Cordoba»?
Non, les Autrichiens et particulièrement Josef Hickersberger se sont déjà programmé leur finale. Il s’agit du match de poule du 16 juin contre les puissants voisins allemands attendus comme le grand soir de cet Euro par le pays hôte. Les spectateurs du Ernst Happel Stadion auront au coup de sifflet une image lumineuse en tête: le «Miracle de Cordoba» qui permit il y a trente ans au football autrichien de briller un court instant d'un éternel éclat.
Le 21 juin 1978, lors du second tour du Mondial argentin, l'équipe nationale bat pour la première fois depuis 47 ans son vieux rival allemand, alors champion du monde en titre, sur le score de 3-2. Le cri de joie du commentateur radio Edi Figer «I wer' närrisch!» («Je deviens dingue!», en dialecte autrichien) entre dans la légende. Depuis, le football autrichien n’a jamais cessé de se repaître dans le souvenir de ce moment d’euphorie.
Trois des acteurs de ce match, Herbert Prohaska, Hans Krankl et l’actuel Josef Hickersberger sont par la suite devenus entraîneurs de l'équipe nationale. Sans remporter aucun succès significatif jusqu'à présent.
A l’approche de l’Euro, les services marketing matraquent le public avec le «miracle de Cordoba» et font l’impasse sur «la honte de Gijon» une page moins glorieuse des affrontements entre l’Allemagne et l’Autriche. Lors du Mondial-1982 en Espagne, les deux équipes avaient arrangé le match pour se séparer sur le score arrangé de 0-1 qui leur permettait à tous deux de se qualifier pour la deuxième phase aux dépens de l'Algérie.
Victoire historique ou honte le 16 juin pour les Autrichiens? Cette rencontre, à la saveur particulière, sera de toute façon l’un des grands événements de la compétition et sans doute le dernier match des autrichiens à l’Euro. A moins qu’ils ne se sortent de leur groupe B qui comprend, outre l’Allemagne, la Pologne et la Croatie. Avec les miracles, il ne faut parfois jurer de rien…


















