Basket: Pourquoi Fos-Provence fait le choix (rare) d’aligner des meneurs français?

BASKET Cela fait bientôt une décennie que Fos a fait le choix du made in France…

Jean Saint-Marc

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Edouard Choquet (à droite) a la confiance de ses dirigeants.
Edouard Choquet (à droite) a la confiance de ses dirigeants. — Fos Provence Basket
  • L’entraîneur de Fos-sur-Mer Rémi Giuitta apprécie de travailler avec des meneurs francophones, meneurs qui sont ses « relais tactiques » sur le terrain.
  • En neuf ans, il a noué de vraies relations de confiance avec ses meneurs, si bien que le turn-over est très faible à ce poste, à Fos.

Cela fait neuf ans que ça dure. Depuis 2009, Fos-Provence Basket n’aligne que des meneurs français. Rien d’exceptionnel quand le club évoluait en Nationale 1 ou en Pro B. Mais cette année, en Pro A, cela devient plus étonnant : en confiant la mène à Edouard Choquet et à Xavier Gaillou, Rémi Giuitta est le seul coach de la Jeep Elite à faire le choix du made in France.

« C’est un mélange de sensibilité personnelle et de concours de circonstance », explique l’entraîneur du Fos-Provence Basket, pour l’instant avant-dernier du classement après quatre journées. On le laisse développer :

Je ne suis pas contre les meneurs américains, bien au contraire. Mais historiquement, ça s’est fait comme ça : avec Cissé, Choquet, Gaillou, on a des meneurs qui sont restés longtemps. Et donc moins de mouvements sur ce poste ! »

Et donc moins d’étrangers, d’autant plus qu’en Pro B ou en Nationale 1, Fos n’avait le droit qu’à deux ou trois étrangers dans son effectif, contre six dans l’élite. « Ayant dans mon groupe des meneurs français de bonne qualité, j’orientais les recrutements d’étrangers sur d’autres postes où j’étais en déficit, comme le poste d’intérieur, où c’était compliqué d’avoir des Français dans nos tarifs », expose Rémi Giuitta. Il n’a pas changé de logique avec l’accession à la Jeep Elite, cet été : « Les meneurs ont donné satisfaction, je n’ai pas de raison de ne pas leur donner leur change à l’étage supérieur. »

« Quand vous avez un meneur de la qualité de Choquet, avec un tel rapport à l’équipe, c’est une bonne logique que de le conserver », approuve l’ancien entraîneur Jean-Luc Monschau. Il pointe aussi l’avantage « de ne pas avoir de barrière de la langue » avec un joueur dont le rôle tactique est « déterminant ».

« Ça rend les choses faciles »

« Les meneurs, ce sont les coachs du terrain… Ou en tout cas les relais des coachs », rappelle Jacques Monclar​, ancien… meneur. « Avec un meneur francophone, c’est parfois plus facile de communiquer, dans la subtilité de ce qu’on demande sur le plan tactique », confirme Rémi Giuitta. Là où Monclar note la vélocité des meneurs « ricains » (sic) qui « remontent le ballon en trois-quatre secondes, contre plutôt cinq-six pour les Européens », Giuitta préfère lui évoquer… la relation particulière qu’il a noué avec Choquet, comme avec Cissé avant lui.

C’est la sixième saison d’Edouard Chohquet à Fos. Alors qu’il n’avait que 23 ans et qu’il était ailier, Rémi Giuitta et son staff prennent une décision étonnante : « On lui a fait confiance et on lui a confié la mène… C’est sûr qu’aujourd’hui, ça rend les choses faciles avec lui. Ça ne veut pas dire que je lui fais des cadeaux… Mais on se dit facilement ce qu’on a à se dire ! »