TFC–Nîmes: Vainqueur logique, Toulouse séduit et «va en surprendre plus d’un»

FOOTBALL Toulouse a battu Nîmes ce samedi (1-0). Pour son défenseur central Christopher Jullien, la saison peut être très belle et son équipe étonner les observateurs…

Nicolas Stival

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Les joueurs du TFC, ici Jean-Clair Todibo (33) dans les bras de John Bostock, ont dominé Nîmes en Ligue 1 (1-0), le 25 août 2018 au Stadium de Toulouse.
Les joueurs du TFC, ici Jean-Clair Todibo (33) dans les bras de John Bostock, ont dominé Nîmes en Ligue 1 (1-0), le 25 août 2018 au Stadium de Toulouse. — P. Pavani / AFP
  • Très dominateur, Toulouse s'est imposé après un penalty raté et un but refusé par le VAR.
  • Les Violets ont séduit leur public et peuvent espérer une saison plus excitante que les précédentes.

 

Un à un, les Nîmois ont salué le beau jeu pratiqué ce samedi soir par leur bourreau (1-0) au Stadium. « Le TFC est une équipe qui joue très bien au ballon, on le sait », a ainsi lancé Bernard Blaquart, entraîneur d’un promu qui venait de mater Angers (3-4) puis Marseille (3-1). Une phrase totalement inimaginable au printemps (et même avant), lorsque les Violets proposaient un ersatz de football qui les a fait flirter avec la relégation en Ligue 2.

Après trois journées de L1, et malgré la claque marseillaise d’entrée (0-4), l’équipe du revenant Alain Casanova occupe une sixième place aussi provisoire qu’encourageante.

« C’est anecdotique, remarque le gardien Baptiste Reynet, très peu inquiété après avoir été décisif six jours plus tôt contre Bordeaux (1-0). Mais nous avons fait un match plein. Nous cherchons à produire du jeu, à aller vite de l’avant. Ça change un peu de ce qui se faisait par le passé. »

Pourtant, le TFC a dû attendre la 80e minute et un penalty de Max-Alain Gradel pour concrétiser sa domination. En première période, la plus aboutie, le capitaine avait vu son premier « péno » repoussé par l’excellent Paul Bernardoni (39e), également décisif face à Aaron Leya Iseka (42e). Auparavant, l’avant-centre belge avait trompé le gardien nîmois, mais son but avait été refusé pour hors-jeu après recours au VAR (8e).

« Du caractère » et « une bonne paire »

« Franchement, j’étais content à la pause qu’un tel scénario nous arrive, lance le défenseur central Christopher Jullien. C’est dans les matchs comme ceux-là qu’on voit si on a du caractère, si on a une bonne paire… » Bien sûr, ce n’est qu’une rencontre face à un promu, mais les 11.746 spectateurs du Stadium ont retrouvé un plaisir évaporé depuis bien longtemps.

« Le coach [Casanova] est venu avec ses idées et avec des joueurs qui permettent de pratiquer du beau football, poursuit Jullien. John Bostock et Manu Garcia, c’est très bon techniquement au milieu. Et ça nous fait du bien d’être sereins derrière. On va en surprendre plus d’un cette saison. »

Décevant jusque-là, le jeune milieu offensif espagnol prêté par Manchester City a bien combiné dans l’entrejeu, même s’il gagnerait à simplifier son jeu. « C’est sa meilleure prestation, alors que je restais sur ma faim jusqu’à présent vu son potentiel », admet Casanova, qui salue plus largement « l’état d’esprit » de tout son groupe.

Gradel et le « plaisir »

« Il nous reste encore du travail pour mettre en place la philosophie de jeu que j’aime, insiste le technicien, adepte du 4-2-3-1. On arrive à le faire par séquences, mais il faut encore prendre de la confiance, être plus justes, plus rigoureux, plus disciplinés. » « Une fois que les automatismes seront en place, le groupe et les supporters vont prendre beaucoup de plaisir », promet Gradel.

Non, le Stadium n’est pas devenu en quelques semaines un temple du « jogo bonito » sous la houlette d’Alain Casanova, longtemps catalogué technicien défensif. Mais il s’y passe de nouveau quelque chose. Et vu d’où vient le TFC, c’est déjà énorme.