Ligue 2: Pourquoi le RC Lens a réussi son début de saison

FOOTBALL Après quatre journées, le club nordiste, qui se déplace samedi à Béziers, est co-leader du championnat…

Francois Launay

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Le RC Lens rêve de retrouver l'élite
Le RC Lens rêve de retrouver l'élite — RC Lens
  • Quatre victoires en quatre matchs et aucun but encaissé, le bilan lensois est impressionnant en ce début de championnat.
  • Les Sang et Or peuvent aussi compter sur le soutien sans faille de leur public toujours aussi fidèle

A Lens, les saisons se suivent et ne ressemblent pas. Humilié en début de saison l’an passé avec sept défaites lors des sept premiers matchs, le Racing vit une situation inverse cette année. Avec quatre victoires en quatre matchs et aucun but encaissé, le club nordiste, co-leader de Ligue 2, s’affirme déjà comme l’un des prétendants à la montée. Mais comment Lens, qui se déplace samedi à Béziers, est-il passé de la cave au grenier en douze mois ? Tentatives d’explications.

Un vestiaire qui ne ressemble plus à la Tour de Babel

Treize arrivées pour quatorze départs. C’est une grande lessive que les dirigeants lensois ont effectuée cet été pour faire oublier une saison dernière totalement ratée et terminée à une piteuse quatorzième place. Malgré ces grands changements qui concernent aussi une direction remodelée avec  le départ de l'emblématique Gervais Martel​ et un staff technique totalement renouvelé avec l'arrivée aux commandes de Philippe Montanier, l’équipe n’a pas eu besoin de temps de temps d’adaptation.

« Il y a certains paramètres qui sont importants comme la qualité du recrutement. En interne, on a su garder les joueurs avec un bon état d’esprit comme Walib Mesloub, le capitaine. Et au-delà des qualités footballistiques on a essayé de constituer un groupe où les valeurs étaient communes. Forcément, les choses se font naturellement. Qui se ressemble, s’assemble ! Plus on se ressemble, plus on trouve vite des affinités que ce soit sur ou en dehors du terrain. On a mis aussi des règles en place dès la préparation avec le staff. Cela a permis tout de suite d’aller à l’essentiel », se réjouit le nouvel entraîneur nordiste.

Alors que le recrutement s’était fait ces dernières années dans des championnats exotiques, la majorité des joueurs arrivés cette saison connaissent la Ligue 2 et parlent français. Ce qui facilite les choses pour créer des liens rapidement. « Je pense qu’avant de faire une équipe, il faut créer une bande de potes, un vrai groupe de copains. C’est ce qu’on est en train de réussir à faire. Mais il ne faut pas s’enflammer parce que ça peut vite dérailler. Mais on fera tout pour que ça ne déraille pas », espère le gardien Jean-Louis Leca, arrivé cet été en provenance d’Ajaccio, qui fait déjà partie des cadres de l’équipe lensoise.

Une solidité défensive impressionnante

Cinq matchs (quatre en Ligue 2 et un en coupe de la Ligue) et aucun but encaissé. Renouvelée entièrement cet été, la défense lensoise a déjà pris des airs de citadelle imprenable. Une solidité qui explique évidemment cet excellent début de saison.

« Je ramasse les miettes parce que devant moi j’ai dix chiens. Pour le moment, tout roule. Après, on sait aussi qu’à un moment, on va prendre un but ? Il ne faut pas se leurrer, ça va arriver. Mais retardons ça le plus longtemps possible », sourit Jean-Louis Leca, fier de cette solidité qui s’explique aussi par la solidarité du groupe.

« On a beaucoup travaillé l’aspect défensif dès le départ car, pour moi, c’est la base. Et puis, on a un groupe très réceptif. On est tous conscients que cette invincibilité ne se résume pas au gardien et aux défenseurs. Si les autres ne faisaient pas le travail devant, on serait en difficulté », reconnaît Philippe Montanier.

Quand Bollaert devient un atout

Trente mille spectateurs pour le premier match de la saison à domicile contre le Red Star en plein mois d’août. Deux mille de plus pour le deuxième match contre Troyes, 400 spectateurs venus assister à l’entraînement public jeudi 23 août à la Gaillette. Comme chaque année, la passion du public lensois ne se dément pas. Et quand les résultats suivent comme c’est le cas actuellement, le public peut vraiment devenir un atout pour l’équipe. Fâchés avec leurs joueurs l’an passé, les supporters nordistes ont décidé de repartir sur de nouvelles bases cette saison. Et les premiers effets s’en ressentent déjà.

« C’est un des points attractifs du RC Lens. Quand on veut recruter un joueur, on lui propose d’aller voir un match. Ça donne envie d’y être. Moi, ça me fout les poils. Quand Les Corons sont chantés, ça fait quelque chose », avoue Philippe Montanier.

« C’est extraordinaire de pouvoir jouer comme ça. J’aurais pu finir ma carrière au soleil chez moi [en Corse]. Mais quand on m’a dit tu vas jouer à Lens, l’une des premières phrases que j’ai dit c’est “Lens, ça reste Lens”. Pour le moment, tous les feux sont au vert. Maintenant, on reste quand même méfiants », nuance Jean-Louis Leca conscient qu’à Lens, plus qu’ailleurs, tout peut aller très vite. Même si pour l’instant, y’a rien qui va mal. Et ça faisait bien longtemps que ça n’avait plus été le cas dans l’Artois…

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