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Gervais Martel tire le bilan de 30 ans de présidence au RC Lens

RC Lens: Meilleur souvenir, meilleur entraîneur, pire connerie.. Gervais Martel tire le bilan de 30 ans de présidence

FOOTBALLLe dirigeant emblématique des Sang et Or a définitivement tiré sa révérence il y a quelques jours...
François Launay

François Launay

L'essentiel

  • Après trente ans à la tête du club, Gervais Martel a quitté samedi le RC Lens.
  • Dirigeant emblématique du foot français, il revient sur son parcours.
  • Pire souvenir, meilleur entraîneur, meilleur joueur: Martel tire le bilan de ses années lensoises.

C’est un immense chapitre de l’histoire du RC Lens qui vient de se refermer. Arrivé à la présidence du RC Lens le 24 août 1988, Gervais Martel a officiellement quitté le club samedi 16 juin. Entre ces deux dates, 30 ans de souvenirs, de titres, d’exploits mais aussi d’erreurs et de désillusions. Celui qui a été nommé président d’honneur par la nouvelle direction a accepté de retracer pour 20 Minutes sa longue carrière de dirigeant.

Meilleur match : « Il y en a eu beaucoup mais le meilleur match reste peut-être celui gagné à Kaiserslautern en coupe UEFA (16e de finale retour 1999/2000). On avait gagné 4-1. Il y avait tout ce soir – là. Le fait d’aller gagner chez les Allemands où jouait à l’époque Youri Djorkaeff.

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Le fait aussi que les Allemands, qui nous avaient battus à l’aller (1-2), faisaient preuve d’une certaine suffisance. Je me rappelle que leurs dirigeants parlaient déjà du tour suivant au repas officiel. Et puis, on n’était pas bien en championnat et l’équipe s’était révoltée. C’était un match exceptionnel avec une équipe qui aurait pu battre n’importe qui ce jour-là. »

Pire match : « Sans doute la finale de la coupe de la Ligue 2008 perdue contre le PSG (2-1). On perd contre le cours du jeu, sur un penalty inexistant mais surtout, il y a eu cette affaire de la banderole anti-ch’tis qui nous a pollués pendant deux mois. C’est à cause de ça qu’on descend en Ligue 2 parce que les gens ne parlaient que de la banderole plutôt que de s’occuper du sportif. Le soir de cette finale perdue, j’ai senti que la suite de la saison serait très compliquée. Si on avait gagné ce match, je suis sûr qu’on aurait décroché le maintien. »

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Meilleur entraîneur : « Il y en a deux qui m’ont vraiment marqué : Daniel Leclercq et Antoine Kombouaré. Daniel parce qu’on a vécu des moments exceptionnels ensemble (champion de France 1998, coupe de la Ligue 1999).

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Et puis Antoine parce que c’est un super entraîneur qui s’est retrouvé dans une galère à laquelle personne n'avait pensé. Au bout d’un an Hafiz Mammadov ne nous a plus aidés financièrement et on s’est retrouvés dans un truc de dingue. On n’a pas eu le droit de recruter mais Kombouaré a fait le boulot contre vents et marées. Il a été imperturbable dans une situation extrêmement compliquée pour le club. »

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Pire entraîneur : « Je pourrai en citer quelques-uns mais je préfère mettre mon joker. »

Meilleur joueur : « Là aussi, c’est compliqué car il y en a beaucoup. Là comme ça, je dirai Seydou Keita, Marc-Vivien Foé, Stéphane Ziani, Jean-Guy Wallemme, Eric Sikora. Je pourrai rajouter aussi Olivier Dacourt ou Valérien Ismael. »

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Pire joueur : « Nenad Grozdic. C’est un mec qu’on a pris en dernière minute au mercato d’été (2000/2001). C’est un joueur qu’on m’a fait prendre mais j’étais dubitatif et ça s’est confirmé. Il a été inexistant pendant qu’il était là. »

Meilleur recrutement : « Anto Drobnjak et Stéphane Ziani. C’est ce recrutement-là qui fait qu’on est champions de France en 1998. »

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Pire recrutement : « Toujours Nenad Grozdic. Parce qu’en plus, on l’avait acheté (rires). »

Meilleur souvenir : « Ce serait facile de dire la soirée du titre ou la victoire en coupe de la Ligue en 1999. Mais c’est peut-être le jour où on gagne à Metz (0-2), l'année du titre. C’est à ce moment-là que je me dis qu’on va être champions. »

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Pire souvenir : « L’avant-dernier match de la saison 2007/2008 où on descend en Ligue 2. On perd à Lille et je me dis qu’on ne va pas s’en sortir. Même si on joue Bordeaux à domicile le dernier match, il fallait faire un résultat à Lille avant et on n’a pas réussi. Il y a aussi le début de nos emmerdes avec cette défaite à Troyes lors de la dernière journée de la saison 2006/2007. Si on gagnait, on terminait 2e. Mais on a perdu et on a fini cinquième… »

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Meilleur déplacement européen : « Sans doute la victoire à Wembley contre Arsenal en Ligue des champions (1998-1999). Aucune équipe française n’avait encore jamais gagné à Wembley. On se déplace avec près de 10 000 supporters lensois. Une ambiance de fou avec un scénario parfait face au grand Arsenal. »

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Meilleur ami dans le foot : « J’en ai plein. C’est dur de choisir. Il y en a trop à citer. J’ai beaucoup de respect pour Carlo Molinari (ex-président du FC Metz). J’en avais aussi énormément pour Louis Nicollin (décédé en juin 2017). Je m’entends bien aussi avec Jacques Rousselot, le président de Nancy, et Gérard Parentin. Même chose pour Jacques Wattez (Boulogne) ; Mais je pourrai en citer plein d’autres. Il n’y a qu’à voir le nombre de textos que je reçois depuis l’annonce de mon départ. »

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Pire ennemi dans le foot : « On ne fait jamais l’unanimité surtout en 30 ans de carrière. Des fois, tu prends des décisions et tu peux te tromper. Il y a des gens qui ne m’ont pas fait de cadeaux. La concurrence crée aussi des ennemis. »

Meilleure idée de génie : « La décision d’avoir investi l’argent gagné en Ligue des champions (1998/1999) dans la construction de la Gaillette (Centre d’entraînement du RC Lens). C’est un choix qui a été profitable car on a sorti plein de bons joueurs derrière. Il y a aussi le recrutement d’Olivier Dacourt qu’on va chercher pour très cher (6 millions d’euros) mais qu’on revend bien plus cher. »

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Plus grande idée à la con : « J’en ai eu beaucoup (rires). Quand je prends Guy Roux, je suis persuadé que c’est bien et 80 % des gens me disent bravo. Mais en fait je me suis trompé. Je ne sais pas si c’est idée à la con mais c’est comme ça. Finalement, ça aura été une catastrophe. Dans la foulée, on fait un recrutement catastrophique et on descend à l’issue d’une saison cauchemardesques. »

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Meilleure soirée de fête : « Quand on gagne à Paris en quart de finale de la coupe de France 1994. On est revenu à Bollaert après le match, il y avait des gens qui nous attendaient et on est resté jusqu’à pas d’heure. Le seul regret que j’ai c’est que tout le monde se demandait déjà où on irait faire la fête après la finale de la coupe de France. Le problème, c’est qu’on n’avait pas encore joué contre Montpellier en demi-finale. Et on a été éliminé… »

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Plus triste soirée : « La soirée de la descente en Ligue 2 en 2008. Je me suis retrouvé avec ma femme et très peu de copains. Tout le monde était rapidement parti. J’étais triste au niveau sportif mais aussi pour les gens. Je me demandais ce qu’on allait faire. »

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Meilleure ambiance à Bollaert : « Il y en a eu tellement. Mais je pense à un match qu’on perd en Ligue 2 contre Boulogne en 2009. Il y a eu une osmose entre les supporters lensois et les Boulonnais. C’était fabuleux. »

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Plus triste ambiance à Bollaert : « Sans doute la fois où on est descendus, encore une fois. »

Plus grand regret : « Quand ça a merdé avec Mammadov. Il a mis de l’argent au départ (22 millions d’euros), on est remontés en Ligue 1 mais après on s’est retrouvés pieds et poings liés car il n’a plus rien mis. Si on avait eu un minimum d’argent à cette époque-là, on serait encore en Ligue 1 aujourd’hui. Il nous a fait galérer. On était toujours dans l’attente. »

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Plus grande fierté : « Lens ne se résume pas à mes trente ans de présidence mais je pense que le club a pris une autre dimension. L’an dernier, une étude demandait aux gens de citer spontanément un club de foot français. On est sorti en cinquième ou sixième position. Ça prouve qu’il y a une histoire dans ce club. C’est un tout. Il y a eu les titres les aventures européennes, les supporters, Bollaert, des joueurs comme Varane qui sont sortis de la Gaillette… Ce qui rejaillit dans tout ça, c’est que Lens est un club qui ne mourra jamais. »