FIFAgate: «J'ai été victime de ma bonté»... Sepp Blatter est vraiment né avant la honte

FOOTBALL On a comme l'impression que l'ancien président de la FIFA se moque un peu de nous...

W.P.

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Sepp Blatter face à la presse à son arrivée au TAS, à Lausanne, le 21 avril 2017.
Sepp Blatter face à la presse à son arrivée au TAS, à Lausanne, le 21 avril 2017. — Valentin Flauraud/AP/SIPA

Il a le sens de la formule, Sepp Blatter. Peut-être un peu trop. L’ex-boss de la Fifa l’a encore démontré au cours d’un entretien accordé à L’Equipe et publié dans l’édition de mercredi du quotidien sportif. Exemple : « on n’est jamais innocent, sauf celui qui porte ce prénom ».

Il aurait pu aussi parler de jus de fruit que ça ne nous aurait même pas choqués. En revanche, papy Blatter en fait parfois beaucoup trop, comme quand il explique que son implication dans l’affaire du Fifagate - et donc sa chute - est en grande partie due à son immense bonté. « La plus grande [erreur] fut ma facilité à accorder ma confiance à tout le monde. »

Blatter, pas au courant, n’a « pas vu venir le danger »

Grandiose. En face, bien sûr, le journaliste n’est pas n’importe qui, et surtout pas dupe. Il le relance en arguant qu’on ne reste pas si longtemps au pouvoir en faisant aveuglément confiance à qui l’entoure. Réponse extraordinaire du Suisse : « j’ai été victime de ma bonté. Je n’ai pas vu venir le danger. » Quant à savoir si Blatter endosse une part de responsabilité dans l’affaire qui a ébranlé « sa » Fifa​, la réponse penche vers le non.

« On parle du "Fifagate" mais il s’agit en réalité du "confédérations gate". Les faits reprochés aux gens ne concernaient pas leurs activités au sein de la Fifa mais dans les confédérations. » L’ancien ponte de la plus grande instance du foot mondial accuse en outre un homme, le juriste Marco Villigier, de ne pas l’avoir averti de tout ce qui se tramait dans l’ombre. Sous-entendu, là encore, que lui ne savait rien.