Marseille-Lille: Chambrage, travail et bouderies... Quand Adil Rami était lillois

FOOTBALL Le taulier de l'OM retrouve samedi (17 heures) son club formateur, là où tout a commencé pour lui...

Francois Launay
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Adil Rami en 2007 sous le maillot lillois face à l'OM
Adil Rami en 2007 sous le maillot lillois face à l'OM — Philippe HUGUEN / AFP
  • Le défenseur marseillais Adil Rami retrouve le LOSC samedi soir. 
  • Formé dans le Nord, le joueur de 32 ans y a laissé un souvenir indélébile.
  • Chambreur, bosseur, attachant, le défenseur fait l'unanimité dans son ancien club. 

Il y a des joueurs qui passent dans des clubs sans laisser de traces, d’autres qui marquent les esprits et puis il y a Adil Rami, un cas à part. S’il a quitté le LOSC il y a près de six ans, le défenseur de l 'OM qui affronte son club formateur samedi au Vélodrome (17h), a laissé une trace indélébile dans le Nord. Attachant, drôle, bosseur, le joueur de 32 ans a marqué les esprits avant même son arrivée à Lille en 2006.

« C’est Daniel Bréard, un ancien pro qui était devenu entraîneur de Fréjus, qui nous a filé le tuyau. Il nous appelle et nous dit qu’il a un joueur sympa à nous faire voir. On va à Fréjus. On fait des vidéos, des montages et on sent qu’il a quelque chose et puis son enthousiasme, son énergie étaient tellement incroyables. C’est ça qui a fait la différence car à la base c’est un vrai pari », se souvient Jean-Michel Vandamme, directeur du centre de formation du LOSC.

« Au début, il y avait du boulot »

Et voilà comment à vingt ans Rami quitte son Sud Natal pour rejoindre le Nord et renforcer l’équipe réserve. Car au début, pas question pour lui de rejoindre l’effectif pro au vu de ses lacunes techniques.

« Au début, il y avait du boulot quoi (rires). Ce n’était pas toujours maîtrisé, ses relances n’étaient pas toujours assurées. C’était aléatoire mais le mec a bossé comme un malade », poursuit Vandamme. A raison de rab avant et après l’entraînement et escorté d’une grande confiance en lui, Rami progresse et finit par attirer les regards des pros comme celui de Grégory Tafforeau, à l’époque capitaine du LOSC.

« Je vais vous manger »

« Une des premières fois où je l’ai vu, on faisait une opposition contre la réserve dans laquelle il jouait. Parfois, quand t’es jeune, ça peut être impressionnant de jouer contre des mecs de la réserve mais il disait en rigolant mais en s’adressant à nous « je vais vous manger ». Il n’avait peur de rien et il était déjà hyper sûr de lui à l’époque », se souvient l’ancien défenseur du LOSC.

C’est cette foi en lui qui va lui faire déplacer des montagnes et finir par convaincre Claude Puel, alors entraîneur du club, d’intégrer l’effectif pro au début de la saison 2007-2008. Il faut dire que Rami a tout fait pour plaire à son coach.

Un test de VMA décisif sous les yeux de Puel

« Je me souviens d’un test de VMA sur la piste annexe du Stadium de Villeneuve d’Ascq. A chaque fois que tu franchis un palier il y a des bips et plus tu avances, plus les bips vont de plus en plus vite. Claude Puel était dans les tribunes. Et ce jour-là, j’ai cru qu’il allait mourir tellement il voulait montrer à Puel qu’il était là pour réussir », rigole encore le directeur du centre de formation.

Immense bosseur, Adil Rami est aussi et surtout un très grand chambreur. Et ne croyez pas qu’il a été impressionné quand il a poussé pour la première fois la porte du vestiaire des pros.

Un immense chambreur

« On avait l’impression qu’il était là depuis dix ans. Il est vite devenu important car il mettait l’ambiance dans le vestiaire. Il chambrait tout le temps, y compris les coachs. Il aimait bien prendre tout le monde par l’épaule. Ça passait bien car il savait faire la part des choses en bossant beaucoup à côté. Et puis, ce n’était pas quelqu’un qui se la racontait. C’est le mec du Sud qui parle assez fort mais qui est super attachant. Tu n’arrives pas à lui en vouloir », reconnaît Grégory Tafforeau.

« Adil, c’est un personnage fantasque. Il nous en a faits 15.000. Il n’arrêtait pas de faire le con. C’est un mec très enthousiaste, porteur d’espoir et de positif dans un groupe. Parfois il était aussi un peu emmerdant car à l’époque, il ne s’arrêtait jamais. Mais avec lui, t’avais une garantie : celle d’être en vie », poursuit Vandamme qui reconnaît que son départ en 2012 à Valence a laissé un grand vide dans le club.

Un mini bras de fer après son départ avorté à Marseille

Un départ qui aurait pu se produire deux ans plus tôt à… Marseille. Le joueur voulait, l’OM aussi mais le LOSC a refusé. Et pour la première fois de sa carrière, Adil Rami a fait la tête.

« Pendant deux jours, il a refusé d’entrer dans le vestiaire. Mais bon, comme c’est un bon mec avec qui tu peux discuter, ça s’est très vite passé. Et puis, il a bien fait de rester vu qu’il est devenu champion de France dans la foulée », constate Jean-Michel Vandamme.

Quand il chambrait Domenech alors sélectionneur des Bleus

Le décollage de la fusée Rami était lancé. Depuis, le joueur a pris son envol sur et en dehors des terrains avec 33 sélections en équipe de France, des passages à Valence, Milan et Séville et aussi une relation people avec Pamela Anderson. Petit Adil est devenu grand.

Qu’il semble loin le temps où le joueur de Fréjus se permettait de chambrer un certain Raymond Domenech alors sélectionneur de l’équipe de France comme le raconte Tafforeau. « Adil nous avait raconté qu’un jour Domenech était venu voir un match de charité à Fréjus. Il lui avait dit, « Domenech, faut venir voir un peu les joueurs de Fréjus ». Et il lui avait répondu : je viendrai te voir jouer quand tu seras en Ligue 1 ». Pari tenu.