VIDEO. Voiture d'équipe en panne, portail du Vélodrome fermé...La folle histoire de la lanterne rouge de Paris Roubaix

CYCLISME. Evaldas Siskevicius est arrivé avec une heure de retard sur Peter Sagan, mais lui aussi a pu faire son tour et demi sur le Vélodrome...

G.B.
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Siskevicius lors de Paris-Nice 2017
Siskevicius lors de Paris-Nice 2017 — Philippe LOPEZ / AFP

Il est 18h13, ce 10 avril quand un coureur se présente devant le Vélodrome de Roubaix. Evaldas Siskevicius, le coureur lituanien de l’équipe Delko-Marseille a une heure de retard sur Peter Sagan, il est hors délai, mais un membre de l’organisation de Paris-Roubaix accepte de rouvrir les portes du Vélodrome pour qu’il puisse finir sa course.

Cette incroyable histoire est racontée notamment dans L’Equipe, où le Lituanien décrit la fin de sa course :

« J’ai crevé avant le carrefour de l’Arbre. Seul. Pour l’anecdote, j’ai eu de la chance : la voiture de mon équipe était sur la dépanneuse, derrière. J’ai pu changer de roue et terminer. »


L’histoire a l’air folle, mais elle est confirmée par le site belge Sporza, qui a suivi la voiture-balai pendant tout Paris-Roubaix. Dans une vidéo publiée sur le site, on la voit suivre Siskevicius pendant plusieurs kilomètres, avant sa crevaison.

« Laisse-moi. Je vais terminer. »

Après être allé chercher une nouvelle roue dans la voiture de son directeur sportif présente sur la dépanneuse, il reprend la course et les 20 derniers kilomètres qu’il lui reste à parcourir. A un moment, la voiture-balai doit le dépasser sur les ordres du directeur de course. Le conducteur demande au coureur ce qu’il veut faire : monter dans la voiture-balai ou finir la course, seul :

« Laisse-moi. Je vais terminer. Ce n’est pas grave, il ne reste plus qu’un secteur. »



« C’était incroyable comment tout le monde m’a encouragé »

Le conducteur lui demande ensuite de faire attention sur les derniers kilomètres et de bien respecter le Code de la route. « C’était incroyable comment tout le monde m’a encouragé, et sur les pavés, ils me disaient : "Va jusqu’au bout, va jusqu’au Vélodrome." Cela m’a énormément motivé », explique Siskevicius. Le Lituanien détaille d’ailleurs pourquoi il n’a pas souhaité abandonner :

« Personnellement, je n’aime pas abandonner. Sur le vélo, mais aussi dans d’autres choses dans la vie. Je n’ai pas abandonné par respect pour l’organisation. Paris-Roubaix est un monument, que l’on doit honorer. Quand je suis arrivé au Vél', l’organisation avait déjà commencé à fermer la porte, mais ils étaient si sympathiques qu’ils m’ont laissé passer, et j’ai pu faire mon tour et demi de piste. »