Paris-Roubaix: En remportant la course, Peter Sagan a réalisé son rêve de gosse

CYCLISME Le cycliste slovaque a remporté l’une des plus belles victoires de sa carrière ce dimanche sur le Vélodrome de Roubaix…

François Launay
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Peter Sagan a remporté dimanche son premier Paris-Roubaix
Peter Sagan a remporté dimanche son premier Paris-Roubaix — JEFF PACHOUD / AFP

Il y a des signes qui ne trompent pas. Un grand cri, voire un hurlement mêlé de soulagement et de joie, une fierté évidente et des déclarations d’amour enflammées. Plutôt habitué à prendre ses succès à la rigolade depuis le début de sa carrière,  a montré un visage différent  . Comme si le coureur de 28 ans avait fendu l’armure en remportant enfin la course dont il rêvait quand il n’avait pas encore l’âge de se raser.


« C’est sans doute la plus grande victoire de toute ma carrière »

« Quand j’étais plus jeune, mon rêve était de gagner Paris-Roubaix avant tout. C’est sans doute la plus grande victoire de toute ma carrière. Merci à l’équipe, merci à mes coéquipiers. C’est le paradis. C’est fabuleux de gagner Paris-Roubaix, ça me rend heureux », a lâché le triple champion du monde en titre qu’on avait rarement vu aussi expansif après un succès.


Malgré trois maillots arc-en-ciel, malgré un Tour des Flandres, malgré des victoires d’étapes dans des grands tours, Sagan voulait surtout graver un jour son nom sur les pavés du Nord. Aujourd’hui, c’est fait et son palmarès prend du coup encore plus d’ampleur pour le plus grand bonheur des fans de vélo. Chouchou du public pour ses frasques, assez apprécié dans le peloton, Peter Sagan est l’une des stars du cyclisme d’aujourd’hui.


Une victoire (encore) pleine de panache

Un statut acquis grâce à un panache qu’il a encore montré dimanche. En lâchant les favoris dans un raid qui paraissait insensé à cinquante-cinq kilomètres de l’arrivée, le Slovaque a pris un risque payant. « J’ai crié "il faut y aller maintenant" et la route s’est ouverte », raconte à sa manière le champion du monde, le premier depuis Bernard Hinault en 1981 à s’imposer sur le Vélodrome avec le maillot arc-en-ciel.

Une victoire pour l’éternité remportée au sprint devant le Suisse , qui décrit parfaitement la double face de son bourreau du jour. « Peter (Sagan) est à la fois un ange et un démon. Il était plutôt un ange quand on a collaboré dans l’échappée, il était un démon dans le sprint, c’était impossible de le battre ». Et pour cause, Sagan la voulait tellement cette victoire. La rock star du vélo peut repartir en tournée sans pression. Il a réussi le concert parfait.