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Une icône féministe, Maé-Bérénice Meité? Oui, mais «sans prise de tête»

Patinage artistique: Beyoncé et combi-pantalon... Une icône féministe, Maé-Bérénice Meité? Oui, mais «sans prise de tête»

JO 2018Avec ses choix musicaux et vestimentaires, la Française a suscité l'admiration de nombreuses athlètes et amatrices de patinage artistique...
Jean Saint-Marc

Jean Saint-Marc

L'essentiel

  • Maé-Bérénice Meité se classe 19e du concours individuel des JO de Pyeongchang, en dessous, donc de sa 10e place à Sotchi.
  • Mais la Française est ravie d'avoir pu être un «role model» pendant ces Jeux.

De l’un de nos envoyés spéciaux à Pyeongchang,

Maé-Bérénice Meité tweete souvent en majuscules. Et tout le temps en anglais. C’est donc en VO, mais sans crier, qu’elle nous a dit en zone mixte que « c’était cool to be remembered ». C’était après sa dernière épreuve olympique, ce vendredi. Et on confirme : la patineuse originaire de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), expatriée aux Etats-Unis pour s’entraîner, a effectivement laissé sa trace dans la glace de la patinoire de Gangneung. Exécuté sur un medley de Beyoncé et en combi-pantalon, son programme court de l’épreuve collective a fait sensation.

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Et voilà comment on devient une icône féministe en quelques minutes (et malgré une chute lors de son programme, mais ça, tout le monde s’en fout). « Je ne m’y attendais pas ! Mais c’est un rôle que je prends avec plaisir, nous a-t-elle expliqué, ce vendredi, avec un grand sourire. Je ne me prends pas trop la tête, si je peux avoir un impact sur une seule personne, c’est déjà cool ! » Quel impact ?

« Que les gens apprécient ce qu’ils font, qu’ils le fassent avec le cœur. Et qu’ils soient eux-mêmes. Il faut suivre son instinct et être soi-même ! » »

Son instinct, en l’occurrence, était de se jeter dans la brèche. Depuis 2006, les femmes peuvent patiner en pantalon ? You go girl. Depuis 2014, elles peuvent choisir des musiques non-instrumentales ? Alors on oublie les tubes du classique ou de Céline Dion, et on tente un mash-up de Beyoncé pour le programme court, du C2C pour la deuxième partie du programme long.

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« Cette seconde partie me ressemble beaucoup, c’est un peu fun, c’est un peu moi, se marre Maé-Bérénice Meité. C’est un plaisir de patiner et de donner un peu de joie aux gens. » Pas de jeté de nounours ni de fleurs, mais le public de la patinoire a apprécié sa performance, ce vendredi encore. Car Maé-Bérénice Meité, qui se classera finalement 19e du concours, est passée entre des patineuses

  • très jeunes
  • très Russes
  • très lisses
  • qui choisissent des musiques très chiantes (on n’a rien contre Céline Dion et Debussy mais à force, ça lasse)
  • et des costumes du style tutu ou petite robe.
La (géniale) Française Maé-Bérénice Meité, lors du programme libre.
La (géniale) Française Maé-Bérénice Meité, lors du programme libre. - SIPA

« Déjà, j’ai un physique atypique [dans le milieu de la glace], et je me démarque un peu des autres, donc c’est cool de pouvoir laisser son empreinte », reprend Maé-Bérénice Meité. Elle a vécu ces JO-2018 comme des « montagnes russes », entre une blessure au genou, quelques chutes, et, donc, cet afflux de messages positifs sur les réseaux sociaux.

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Et le soutien d’une vice-championne olympique, Gabriella Papadakis: « En France, on est fiers de Maé, qu’elle assume vraiment ce qu’elle veut faire elle. C’est rare. En tant que femme, en tant que patineuse, je trouve ça bien. » Verra-t-on Papadakis et Cizeron, un jour, danser sur « Debout les femmes », l’hymne du MLF ? Après tout, les spécialistes du patinage jugent que les deux danseurs Français doivent devenir moins classique…