JO 2018: Nouveau style, pas de rivaux, longue carrière... C'est quoi la suite pour Papadakis et Cizeron?

JEUX OLYMPIQUES Avec cette médaille d'argent, Papadakis et Cizeron entrent dans une nouvelle ère...

William Pereira

— 

Enlevez-nous Paint, épisode 3619
Enlevez-nous Paint, épisode 3619 — Atsushi Taketazu/AP/SIPA

De l’un de nos envoyés spéciaux, à Pyeongchang,

Ils restent ! Romain Haguenauer, coach de Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, n’a pas l’enthousiasme d’un Julien Lepers mais c’est quand même avec le sourire qu’il a parlé du futur proche de ses poulains en dépit de la déception toute relative de l’argent olympique décroché mardi aux JO de Pyeongchang. « Oui, oui, ils continuent ensemble. Il était planifié qu’ils continuent, mais ça sera peut-être une olympiade de plus s’ils veulent aller chercher deux fois l’or olympique. » Quatre ans de bonheur en plus, ça nous donnerait presque envie de remercier Scott Moir et Tessa Virtue d’avoir battu nos malheureux héros grâce à un vice de couture.

Nouveau cycle, nouveau style ?

Les danseurs sur glace de 22 et 23 ans se lancent donc dans un nouveau cycle de quatre ans dans le but de décrocher le Graal. Avec tous les changements que cela implique. À commencer par leur style, qui, selon les spécialistes que sont Didier Gailhaguet et Philippe Candelero, arrive à ses limites.

Didier Gailhaguet : « Aujourd’hui ils sont hyper-catégorisés dans des formes de programme très classique, certains disent romantique même si ce n’est pas tout à fait vrai. La danse originale a prouvé qu’ils avaient largement les moyens d’évoluer dans l’avenir mais il va falloir qu’on y réfléchisse ensemble d’un commun accord sur ce qu’il y a de mieux car incontestablement, ils le méritent. »

Philippe Candelero : « La jeunesse apporte la fraîcheur. Ce qu’on attend d’eux dans les quatre prochaines années, c’est justement que leur répertoire artistique soit un peu plus varié. Jusque-là ce qui fait leur force c’est cette légèreté, le fait qu’on ait l’impression qu’ils survolent la glace. C’est tellement fluide, envolé. Mais ça demande un certain style, assez classique, et ils ont un peu du mal à sortir de ce style de patinage. Il faut diversifier leur interprétation pour éviter que cette force aujourd’hui devienne un peu lassante. Ce n’est pas encore le cas parce que ça fait trois ans qu’ils sont là et qu’on apprécie leur style, mais pour la suite ça va compter. »

Virtue et Moir ouvrent la voie à Papadakis et Cizeron

Pas pour autant de quoi avoir peur pour la suite. C’est même tout le contraire : il semblerait que Virtue et Moir – également entraînés par Haguenauer - ne devraient pas continuer bien longtemps la danse sur glace, et donc ouvrir la voie à une domination française. Paroles de coach : « Je pense qu’ils vont mettre un terme à leur carrière ce soir. Ils terminent en beauté, il faut saluer leur palmarès. Ils sont cinq fois médaillés dont trois fois d’or. » Respect partagé par les battus du jour. Guillaume Cizeron : « on est très fiers d’avoir été des concurrents sérieux pour eux, car ils en sont à leur troisième médaille olympique. Et ce sont des très bons adversaires. Il fallait être bons, et on est très fier d’avoir été à la hauteur. »

De là à dire que Virtue et Moir leur manqueront, il y a un gouffre que personne n’a osé franchir. Surtout pas Gabriella Papadakis. A la question « la rivalité avec Tessa et Scott va-t-elle vous manquer ? », la Française s’est fendu d’un « ooooh oui elle va tellement me manquer » suivi d’un rire qui en dit long. Mardi, le couple argenté aurait déjà préféré que les Canadiens fussent parti.