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VIDEO. JO 2018: Comment devient-on pilote de bobsleigh de l'équipe de France en trois ans?
JEUX OLYMPIQUES•Ancien lanceur de poids devenu pousseur de bobsleigh pour Sotchi, l'Alsacien Romain Heinrich s'est encore une fois transformé, mais en pilote de bob à deux cette fois, pour les jeux de Pyeongchang...Bruno Poussard
L'essentiel
- L’Alsacien Romain Heinrich sera, à 28 ans, le pilote du bob à deux tricolore sur la piste jugée « très technique » des Jeux de Pyeongchang, dès ce dimanche.
- Ancien lanceur de poids devenu pousseur de bobsleigh, cet ingénieur désormais installé à Grenoble s’est encore une fois transformé en pilote de bob à deux en trois ans.
Certes, son histoire n’est pas aussi improbable que celle des Rasta Rockets (désolé, la référence était inévitable). Mais quand même. Originaire du piémont du massif vosgien, Romain Heinrich sera, à 28 ans, le pilote du bob à deux tricolore sur la piste jugée « très technique » des jeux de Pyeongchang et entrera en lice ce dimanche 18 février. Une place gagnée en trois ans seulement.
Ingénieur dans le civil, l’Alsacien a pourtant déjà connu les JO, mais en pousseur (pour une 17e place à quatre et une 20e place à deux) quatre ans plus tôt. Et la position n’a rien à voir ! Si le changement - un gros « challenge », presque un « retour à zéro » - lui a demandé un travail « intense », la trajectoire pour devenir pilote de bobsleigh était finement calculée :
« Dans mon équipage de l’époque [avec Loïc Costerg, toujours pilote du bob à quatre français], je savais que ça serait très difficile de passer le dernier palier qui nous permettrait de gagner des médailles, notamment au niveau de la poussée. […] Là, les deux équipes qui seront engagées [à deux et à quatre] auront une chance de se classer dans le Top 10. » »
Un lanceur de poids conquis par le bob et sa vitesse
Mordu de glisse depuis petit - jusqu’à skier en nocturne au Lac Blanc, station des Vosges la plus proche -, Romain Heinrich a toujours aimé la vitesse, mais son truc à lui, en compet', était plutôt le lancer de poids. Malgré des débuts sur le tard, il a même intégré l’élite française, comme son père (tandis que sa mère a été en équipe de France de disque).
Du bobsleigh, en revanche, il en a vu pour la première fois, de loin, aux JO de Turin en 2006. Mais c’est encore plus tard, en 2011, qu’il a connu son baptême, enrôlé pour ses qualités physiques à Grenoble (où il est parti pour ses études après son enfance à Kaysersberg puis deux années passées à Strasbourg en prépa) par des bobeurs de La Plagne, seule piste de France. Il raconte la suite :
« Je me suis laissé séduire par le projet sportif, l’idée de m’entraîner pour être sélectionné en équipe de France, de voyager pour faire des compétitions internationales, ça me plaisait. » »
Une piste jugée « belle et technique » à Pyeongchang
Dans une discipline confidentielle à l’exception de quelques jours tous les quatre ans, il compte bien profiter de ses deuxièmes JO, en Corée, où il a débarqué le 5 février. Le temps de s’adapter à la piste de Pyeongchang, en l’étudiant dans le moindre détail avant de la tester. Peu après son arrivée, voilà ce que Romain Heinrich confiait : « La piste de bob est très belle, très technique. Pour l’instant, il fait très froid donc les conditions de glace sont très rapides et cela rend l’apprentissage de la piste encore plus excitant. »
Souvent à l’extérieur du village olympique et du grand appartement des six bobeurs français ces derniers jours, Romain Heinrich se revoit enfin quelques années en arrière, à l’heure d’aborder ses deuxièmes JO, les premiers en tant que pilote, donc :
« Devant ma télé aux jeux de Turin, je ne comprenais pas pourquoi il y avait de tels écarts à la poussée. Maintenant que j’en fais, je comprends mieux à quel point c’est difficile d’aller chercher les derniers centièmes sur le chrono de poussée ! » »


















