JO 2018: Le froid plus fort que la popularité de Fourcade, seuls 50 à 60 Français défileront à Pyeongchang

JEUX OLYMPIQUES Malgré l'enthousiasme autour de Martin Fourcade, seuls 50 sportifs français défileront à Pyeongchang...

William Pereira

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La présentation des anneaux olympiques de Pyeongchang lors de la cérémonie de clôture de Sotchi, le 23 février 2014.
La présentation des anneaux olympiques de Pyeongchang lors de la cérémonie de clôture de Sotchi, le 23 février 2014. — kyodowc106517.JPG k/NEWSCOM/SIPA
  • La cérémonie d'ouverture des JO de Pyeongchang aura lieu vendredi
  • 50 à 60 sportifs français déflireont avec Martin Fourcade
  • La cérémonie sera abrégée à cause du froid

De l'un de nos envoyés spéciaux à Pyeongchang,

Enthousiasme autour de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pyeongchang : la sœur du « grand soleil du XXIe siècle » - on aime bien appeler Kim par ses petits noms – sera aux premières loges pour assister au coup d’envoi de la compétition et donc voir la moitié de la délégation française défiler vendredi soir (12h à Paris, en live sur 20 Minutes). Oui, la moitié, soit une cinquantaine de personnes (auxquelles s’ajoutera une autre cinquantaine pour atteindre le quota des 107). « 50, c’est à peu près le nombre d’athlètes habituels », nous a immédiatement rassuré Luc Tardif, chef de mission pour l’équipe de France à PyeongChang. On a vérifié et cet homme dit vrai : à Sotchi, ils étaient 58 à suivre aveuglément Jason Lamy-Chappuis.

S’il n’avait pas été porte-drapeau, Fourcade n’y serait pas allé

Il n’empêche que les nuits glaciales sud-coréennes ont refroidi la flamme de pas mal de sportifs tricolores (festival de clichés olympiques), dont le leader du ski de fond, Maurice Manificat. J’avais très envie d’aller à la cérémonie d’ouverture, « je me disais «cette fois c’est pas loin du village, c’est l’occasion !» Le froid m’a fait changer d’avis ! Je ne veux pas prendre le moindre risque. Je me dis que je représenterai mieux mon pays sur les skis que dans une cérémonie », s’est excusé le fondeur. Si ça peut le rassurer, Martin Fourcade ne lui en veut pas le moins du monde.

« Je ne l’aurais certainement pas fait si je n’avais pas été porte-drapeau de cette délégation donc c’est certainement pas moi qui vais juger l’athlète qui va préférer rester au chaud pour préparer sa compétition et rester dans une routine plus familière. »

La France olympique peut donc se féliciter d’avoir choisi la star du biathlon comme porte-drapeau. Car l’obliger à être présent, c’est donner envie à d’autres compétiteurs français de marcher à ses côtés à Pyeongchang. On ne peut pas le prouver à 100 %, mais le ressenti est motivé par des marques d’enthousiasme comme celle de Tessa Worley, excusez du peu : « J’ai vraiment envie de défiler derrière Martin (Fourcade), il a une énergie qui est bonne pour toute l’équipe. »

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Fourcade, qui jure ne pas avoir rameuté ses troupes s’en est ému. « C’est avec beaucoup de fierté que j’ai appris ces marques d’affection des athlètes qui défileront avec moi. On sera une petite moitié de la délégation c’est pour moi un grand plaisir de défiler avec des athlètes de talent, des athlètes ambitieux. »

Les athlètes sortiront 2h30, aller-retour compris

Autre facteur – et non des moindres – qui a plus généralement sauvé la face de la cérémonie d’ouverture des JO 2018, les garanties offertes par les organisateurs aux sportifs quant à leur temps passé à piétiner par -15, -20 degrés. Luc Tardif :

« Le CIO est sur le bon chemin, ils ont compris qu’il fallait arrêter de rallonger les cérémonies, où les athlètes piétinent. Là, en à peu près 2h30, ils vont quitter le village, faire un tour, défiler, et être ramenés en bus à la maison. Ils ne seront pas longtemps dehors. À Sotchi, c’était 4 heures ! J’espère que ça va être une tendance, parce que les athlètes auraient envie d’y aller ! Nous, les sportifs de la glace par exemple ne viennent pas, parce que c’est loin (1h30 quasiment) et parce que c’est long. »

En revanche, la délégation française, qui avait demandé à défiler vers la fin, a vu sa requête refusée mais le raccourcissement de la cérémonie atténue la déception. « On avait du mal à accepter le premier déroulé qu’ils ont envoyé. Mais comme ils ont resserré le planning, on a accepté d’être à notre place dans l’ordre alphabétique », admet Tardif. Tant mieux. Ça aurait été bête de faire mauvaise figure devant la sœur du  « génie des génies ».