JO 2018: Vous n'allez rien en voir à cause du décalage horaire? On vous raconte à l'avance les Jeux de Pyeongchang

JEUX OLYMPIQUES Attention, il y a plein de spoilers à l'intérieur. Vous êtes prévenus...

William Pereira

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Les JO 2018 ressembleront à ça
Les JO 2018 ressembleront à ça — SIPA (montage WP)
  • Les JO ça commence vendredi.
  • Avant le début, on vous propose de vivre ça en avance. De toute façon vous allez tout louper à cause de ce foutu décalage horaire.

De l’un de nos envoyés spéciaux, à Pyeongchang

Ils sont là, tout près. Les Jeux olympiques de Pyeongchang débutent ce vendredi, la flamme olympique va bientôt éclairer la station sud-coréenne et donner le coup d’envoi des olympiades d’hiver. Le rêve de milliers d’athlètes qui se sont surpassés nuit et jour à en perdre le souffle, à en vomir parfois va enfin se réaliser et… et… Et vous n’en verrez pas la moitié – sauf pour les plus courageux. Maudit sois-tu, décalage horaire. Maudits soyez-vous, Copernic et Galilée. Si la Terre était plate, tout serait plus simple. Il n’y aurait pas huit heures de décalage entre Séoul et Paris.

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Au lieu de ça, Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron danseront pour l’or à deux heures du mat’, Pierre Vaultier conservera son titre olympique à 5h et, si vous ne faites pas la bringue vendredi soir, Tessa Worley viendra déposer une médaille sur vos Corn Flakes le lendemain au petit dej’. C’est moche. Mais à 20 Minutes, on sait se montrer magnanimes. Et on va TOUT vous spoiler ( Jon Snow ressuscite au début de la saison 6).

9 février : Des types vont défiler par -20 degrés en souriant et faisant coucou aux caméras, certains d’entre eux auront même un drapeau. Vous avez déjà vu ça pendant la campagne électorale d’Emmanuel Macron, et vous n’y verrez logiquement que très peu d’intérêt.

10 février : Forte de son excellent début d’année 2018, Anaïs Bescond arrache le bronze sur le sprint 7.5 km en biathlon. Pour de vrai, cette fois. Pas peu fier, Patrick Montel commencera son interview d’après course par « alors tu vois, je te l’avais dit Anaïs, tu es en bronze ! »

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11 février : Premier acte du duel Boe-Fourcade sur le sprint. Le Norvégien skie comme un malade et tire comme Lucky Luke. Martin fait une course quasi parfaite mais est relégué à 11 secondes. La concurrence pointe à une minute. Étrangement, plus personne ne titre « Boe a encore battu Fourcade ». Avant ça, Adrien Théaux avait miraculeusement claqué le bronze sur la descente derrière Feuz et Svindal.

12 février : Ça valait le coup d’attendre pour Tessa Worley. Après avoir manqué les JO de Sotchi sur blessure, la Française éclabousse le Super-G de sa classe et ramène l’or. Idem pour Fourcade qui marche sur la poursuite comme Napoléon à Vienne après un premier tir couché catastrophique de Johannes Boe.

13 février : Après une saison décevante, Alexis Pinturault retrouve des couleurs grâce à ses vacances au Japon, où il a trempé ses jambes « jusqu’aux genoux » par 15 degrés à l’extérieur et « regardé les baleines », nous a confié (pour de vrai) la star de l’alpin français. Mais c’est finalement Victor Muffat-Jeandet qui remporte le combiné. La France fait 1 et 2. Pluie de médailles à Pyeongchang. Et vive les baleines.

14 février : Triste journée pour la France olympique. Jason Lamy-Chappuis termine 37e du combiné nordique tremplin normal après deux sauts un peu gênants. C’est officiel, Jez’vole mieux dans le cockpit de l’avion.

15 février : Martin Fourcade rend hommage à la victoire du PSG sur la pelouse du Bernabeu en réalisant un cleansheet sur l’Individuelle. 20/20. Pierre Vaultier conserve, lui, son titre en snowboard cross. Dans le même temps, la première épreuve des gens qui tiennent pas trop à leur vie – le skeleton – commence.

16 février : Maurice Manificat termine deuxième du 15km et apporte une médaille olympique au ski de fond, sport que la France redécouvre au même moment alors qu’il ne s’agit que de biathlon sans carabine ni tour de pénalité.

17 février :  Tess Ledeux​ devient championne olympique de ski acrobatique en slopestyle à seulement 16 ans mais, comble de la malchance, une épidémie de grippe aviaire s’abat sur Pyeongchang au même moment et son exploit passe au second plan. Les sujets malades sont mis en quarantaine et envoyés dans le dernier train pour Busan, où ils seront utilisés pour le tournage du second volet du film éponyme.

18 février : Sur la mass-start hommes de biathlon, Emil Svendsen revient d’entre les morts et est le seul à pouvoir rester dans le sillage de Fourcade (Boe a encore craqué en tirant comme un stormtrooper). Mais cette fois, notre Martin national tient sa revanche en venant à bout de son tombeur en 2014, à la photo finish. Évidemment.

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19 février : Du curling, du hockey, du patinage de vitesse et du saut à skis. Journée de la lose pour la France des neiges. Journée suivante.

20 février : Le relais mixte français ne peut faire mieux que l’argent en biathlon, battu par une Norvège désireuse prendre de sa revanche. Mais l’essentiel est ailleurs : Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, qui avaient fait le choix de ne pas participer à l’épreuve par équipes pour ajouter des « modifications surprenantes » à leur programme, relèguent à nouveau la concurrence loin derrière… À l’exception de leurs rivaux Virtue et Moir, sacrés champions olympiques. C’est scandaleux. De toute façon on sait très bien que les notes sont données à l’avance.

21 février : Déception pour le ski cross français. Pas de podium 100 % tricolore. Juste une nouvelle victoire de Jean-Frédéric Chapuis et le bronze pour Arnaud Bovolenta. Sinon, la France glane une nouvelle médaille (de bronze) au sprint par équipe en ski de fond

22 février : C’est écrit, le dernier jeudi des Jeux de Pyeongchang sera pour les anciens. Marie Dorin porte le relais féminin de biathlon vers la médaille d’argent derrière l’Allemagne et Jason Lamy-Chappuis s’offre un sursaut d’orgueil à 115m sur l’épreuve de combiné nordique par équipe, où les Bleus réussiront un surprenant bronze. En hockey, la Corée unifiée remporte le tournoi féminin, la paix dans le monde est proclamée et tout le monde s’aime.

23 février : Ça commence à sentir la fin des JO. La moitié des skieurs français fait la bringue au club France alors qu’approche la dernière épreuve du porte-drapeau Fourcade sur le relais hommes. Ce sera encore et toujours l’argent par équipes à cause de cette foutue Norvège. Mais avec trois médailles d’or individuelles, le patron du biathlon a gagné le droit de sabrer le champagne avec ses potes jusqu’à la fin des JO.

24 février : Il n’y a pas de sous-médaille aux Jeux olympiques. Si les plus grandes nations alpines décident de ne pas jouer le team event (le ski par équipe) à fond ce n’est quand même pas de notre faute. Et puis de toute façon ça reste plus prestigieux qu’une victoire finale en Coupe de la Ligue. Donc on prend l’or sans hésiter.

25 février : Les JO, c’est fini. La Corée du Sud dit adieu à la flamme, la délégation nord-coréenne et ses pom-pom girls repartent chez eux, Donald Trump nargue à nouveau Kim Jong-un sur Twitter, ce dernier le menace comme à la belle époque. Bref, tout redevient normal. Pyeongchang passe le relais à Pékin, où se tiendront les Jeux 2022. Encore un gros décalage horaire. Et donc un nouveau papier prophétique à prévoir.