JO-2024: «Ça va m’aider à me construire», la Seine-Saint-Denis veut amener les jeunes vers la médaille

INTERVIEW Paul Degouy, gymnaste de 19 ans, fait partie des athlètes sélectionnés par la Seine-Saint-Denis pour bénéficier d'une aide spéciale en vue des Jeux-2024 à Paris...

Propos recueillis par Nicolas Camus

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Paul Degouy, jeune gymnaste de l'équipe de France de 19 ans, va faire partie d'un dispositif spécial mis en place par la Seine-Saint-Denis en vue de préparer les JO 2024.
Paul Degouy, jeune gymnaste de l'équipe de France de 19 ans, va faire partie d'un dispositif spécial mis en place par la Seine-Saint-Denis en vue de préparer les JO 2024. — Paul Degouy

Le sport français prépare ses médailles pour 2024. En attendant de connaître les conclusions du rapport de Claude Onesta sur le fameux objectif des 80 podiums, les collectivités veulent choyer leurs champions de demain.

La Seine-Saint-Denis, concernée en premier lieu par la compétition, lance vendredi son « dispositif Génération 2024 », un groupe de 20 jeunes athlètes de 13 à 21 ans triés sur le volet que le département va aider, notamment grâce à une allocation de 3.000 euros par an, pour être au top dans six ans. L’un d’entre eux, Paul Degouy, gymnaste de 19 ans et étudiant en deuxième année d’architecture, nous raconte en quoi cette démarche va lui être profitable.

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Comment s’est faite la sélection ?

Par le biais de mon club de Noisy-le-Grand. Mes dirigeants sont en relation avec le département, qui savait que j’étais identifié. J’ai été champion de France en junior, je suis en équipe de France senior, je suis dans catégorie d’âge qui peut prétendre participer aux JO 2024. Les personnes en charge de ce dispositif sont venues me voir sur une compétition, début décembre, on a pu échanger, elles ont sûrement été touchées par ce qu’on s’est dit et mon profil leur a plu.

Qu’attendez-vous concrètement de ce dispositif ?

L’aide financière est importante, déjà, il ne faut pas le cacher. Entre mon internat à l’Insep, mes études et le reste, elle est la bienvenue. Ensuite, ça va créer je pense une dynamique chez les jeunes sportifs référencés du département. Un ou deux sont à l’Insep avec moi, déjà. Si on peut grandir ensemble, partager nos expériences, se motiver les uns les autres, ça ne peut que nous servir.

En pleine action.
En pleine action. - Paul Degouy

Cette somme de 3.000 euros par an, elle va vous servir à quoi ?

Mon club est très présent à mes côtés déjà, mais elle va m’aider encore plus dans tous les frais que la pratique de mon sport engendre. L’Insep, par exemple, c’est 12.000 euros l’année. Il y a aussi les frais médicaux, les dépenses matérielles, sans compter l’école d’archi. Voilà, ça va me permettre de me consacrer au mieux à mon sport.

Quelle place tient vos études d’architecture dans tout ça ?

L’archi, c’est pour l’après. Je sais bien que je ne vais pas faire de la gym toute ma vie, ce n’est pas possible. Ma priorité du moment, c’est mon sport, mais j’essaye de me préparer pour la suite, c’est important.

Ça représente quoi la perspective des Jeux à Paris, quand on est de la région ?

Déjà, c’est mon rêve de participer aux Jeux tout court. Dans ma tête, il y a d’abord Tokyo en 2020. Mais Paris, ça va être autre chose. Avoir la chance de les faire en France, devant ses proches qui pourront être là, avec une atmosphère et une confiance différentes quand on est athlète, c’est énorme.

C’est plus de pression à préparer aussi, ou pas ?

Non, franchement, pas pour moi. C’est un gros objectif, c’est sûr, je compte bien donner le meilleur de moi-même tous les jours pour être prêt et être sélectionné, mais il vaut mieux ne pas penser à tout le chemin qu’il reste. Il faut y aller étape par étape, pas se dire « ouah c’est loin, mais comment on va faire ? » Non, d’abord Tokyo, et plein d’autres compétitions très importantes aussi. Il ne faut pas voir trop loin, c’est le meilleur moyen de se perdre.

La désignation de Paris a dû quand même créer quelque chose entre vous, les jeunes athlètes de l’Insep, non ?

Oui bien sûr, on se sent encore plus impliqués, la motivation est encore plus grande. On sait que ce sera chez nous, ça donne une dimension particulière. Et en même temps, la concurrence sera encore plus rude. Surtout que personnellement, il y a de moins en moins de places en gym. Quatre par équipe, ça va très vite. Mais rien que d’avoir cet objectif, c’est assez fou. Ça va m’aider à me construire.

Vous estimez aujourd’hui avoir tout ce qu’il faut pour préparer 2024 ?

On peut toujours avoir plus, c’est sûr, mais je pense qu’on a de bonnes conditions pour réussir. Je suis bien aidé, je suis entouré, conseillé, et encore plus avec ce dispositif. Ça ne dépend que de moi, en fait.