VIDEO. Esthétique et historique... La savate fait son show à Toulouse
COMBAT•Toulouse accueille ce samedi huit combats de savate boxe française, dont trois finales mondiales…Nicolas Stival
L'essentiel
- Sport de combat pieds poings, la savate boxe française réunit 56.000 licenciés en France.
- Depuis 2015, cette discipline fait officiellement partie du patrimoine culturel national.
Huit combats, six masculins et deux féminins, dont trois finales mondiales. « C’est la première fois qu’on organise une compétition de cette envergure », souligne Antonio Mastropasqua, directeur technique du Toulouse Multi-Boxe (TMB) et de ses 350 licenciés. La savate boxe française, où l’on utilise pieds et poings, va s’exposer samedi dès 17 h 30 au Petit Palais des sports.
Le TMB espère séduire le grand public. « D’habitude, ce genre d’événement attire beaucoup de pratiquants, explique son dirigeant. On a voulu attirer le supporter lambda avec des tarifs très accessibles, dès 10 euros. »
Puissance et esthétisme. Pour la majorité des quelque 56.000 licenciés, la savate se pratique à la touche, sans puissance dans les coups. On parle alors d’assaut. Mais en championnat du monde, le sport se décline en mode combat.
« On a besoin de frapper, mais on est aussi dans la précision, indique Antonio Mastropasqua. C’est très esthétique, car il y a une contrainte de distance très importante puisque nous n’avons pas le droit de frapper avec les tibias, seulement les pieds, d’où l’usage de chaussons. La frappe et son efficacité sont jugées. » Le combat se termine à l’issue des cinq reprises, longues de deux minutes effectives, ou par un KO.
Inscrit au patrimoine culturel. « Depuis deux ans, la savate fait partie du patrimoine culturel immatériel français [PCI] », souligne le directeur technique du TMB. En effet, le vénérable sport a rejoint le fest-noz ou la tapisserie d’Aubusson au PCI en 2015. Difficile de trouver l’origine de la discipline, puisque de tout temps, l’homme s’est battu, suivant des règles plus ou moins codifiées. Mais la savate aurait vraiment pris son essor au début du XIXe siècle, lorsqu’elle était encore « le sport des mauvais garçons des barrières de Paris », selon la Fédération.
« Nous espérons être intégrés au programme des Jeux olympiques de 2024 », lance Antonio Mastropasqua. Soit 100 ans après une brève apparition comme sport de démonstration aux JO, déjà à Paris, en compagnie de la canne de combat.
Des régionaux en pointe… et en Chine. Les trois finales mondiales de samedi, sous l’égide de la Fédération internationale (FISav), concerneront trois sociétaires du TMB. Amine Feddal défiera le Croate Luka Leskovic (-65 kg) ; Kevin Albertus, l’Ukrainien Mykyta Radionov (-75 kg) et Romain Falendry, l’Iranien Jamshid Asghar Givehchi (-85 kg).
Un quatrième Toulousain, Yanis Goucef, visera aussi un titre mondial, dans la catégorie des moins de 56 kg… Mais en Chine ! « La Fédération chinoise voulait à tout prix organiser aussi des finales », décrypte Antonio Mastropasqua. Goucef tentera de renverser le local Peng Yuan.


















