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Le nouveau président rennais est-il «Breton-compatible»?

Stade Rennais: Le nouveau président Olivier Létang est-il «Breton-compatible»?

FOOTBALLAutrement dit, Christian Gourcuff doit-il vraiment craindre pour son poste...
Jeremy Goujon

Jeremy Goujon

L'essentiel

  • Un conseil d'administration extraordinaire va entériner, ce mardi, la nomination d'Olivier Létang au poste de président délégué et manager général du SRFC.
  • Ancien joueur du Mans et de Reims, le dirigeant manceau passé par le PSG a déjà côtoyé plusieurs acteurs bretons de la scène footballistique.

Le Stade Rennais « avait la chance d’avoir un président [René Ruello] intelligent, cultivé, qui connaît le foot - parce que c’est un ancien joueur, ce qui est assez unique actuellement dans le football - et qui a de la personnalité », selon Christian Gourcuff.

Si le nouvel homme fort du SRFC, le Manceau Olivier Létang (44 ans), peut lui aussi se targuer d’avoir tâté le cuir (au Mans et à Reims), possède-t-il également les autres qualités citées par l’entraîneur ? Est-il surtout « Breton-compatible », au moment où Gourcuff s’inquiète pour le projet régional initialement mis en place à Rennes ? Éléments de réponses avec trois acteurs bretons ayant collaboré par le passé avec Létang.

Denis Goavec (60 ans, entraîneur d’Olivier Létang au Stade de Reims de décembre 2002 à juin 2003). « Olivier avait une double casquette à l’époque, puisqu’il était à la fois joueur et directeur financier du club. On avait un désaccord, parce que je n’acceptais pas ce principe de double casquette…

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Pour le reste, j’ai le souvenir d’un homme discret, intelligent et rigoureux. Il n’avait pas de grosses qualités athlétiques, mais c’était un bon technicien, gaucher. Je comprends l’inquiétude de Christian Gourcuff, mais je ne vois pas pourquoi le projet ne pourrait pas tenir. Olivier est quelqu’un qui peut apporter, on le voit à travers sa trajectoire. Il a fait un gros chemin depuis Reims : il y a fait ses armes en tant que dirigeant [2006-2012], et il est ensuite parti au PSG, qui n’est pas un petit club, quand même [Létang fut le bras droit du Brésilien Leonardo, puis directeur sportif jusqu’en avril 2017]…

Je pense qu’il peut être dans le dialogue. Je l’espère, en tout cas, car il faut laisser Christian travailler. Pour moi, ce serait une erreur de tout casser aujourd’hui. Est-ce la volonté du nouveau président ? Je ne le sais pas. Mais entre personnes intelligentes, pourquoi ça ne collerait pas ? Christian l’est suffisamment pour s’adapter et trouver sa place, idem pour Olivier. C’était deux n°10, donc ils doivent s’entendre, ils comprennent le même football. Ça peut être un beau couple (sic). »

Vincent Gragnic (34 ans, joueur à Reims entre 2008 et 2011, du temps où Olivier Létang en était le directeur général). « Humainement, c’est quelqu’un de très gentil. Quand tu parles avec lui, il n’y a pas de soucis. Bon, j’avais de bons rapports avec lui, donc ça facilitait un peu la tâche… alors qu’un directeur général n’est pas très copain, généralement, avec les joueurs. D’ailleurs, quand il fallait négocier des choses, il était un petit peu dur, mais tout était réfléchi. Il n’y avait pas un centime de côté (sic).

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Olivier Létang est très intelligent, très fort dans le relationnel, au point que j’en étais un peu scotché ! Il est vraiment fait pour ce boulot, parce que tu voyais bien qu’il était calé dans son domaine. Son arrivée à Paris m’avait un peu surpris, même s’il possède cette capacité à s’adapter. Maintenant, est-il fait pour le Stade Rennais ? Faut voir… De l’extérieur, on voit que c’est un peu la pagaille depuis plusieurs années. Tu crois qu’ils vont faire une super saison, et finalement, ils se retrouvent toujours "entre-deux". Ça a l’air un peu délicat de gérer ce club-là…

Après, Olivier a joué au foot, il connaît le métier, et franchement, au niveau de la personnalité, il est assez charismatique. On s’était revus quand on avait été en finale de la Coupe de France avec Auxerre [face au PSG, en 2015], et je trouvais qu’il n’avait pas changé. »

Hervé Guégan (54 ans, coach des U19 nationaux du PSG depuis juillet 2016). « J’avais des contacts avec le directeur du centre de formation parisien, Jean-François Pien, et ensuite j’ai eu Olivier. On ne se connaissait pas trop, et puis on a appris à se connaître et, je pense, s’apprécier. C’est quelqu’un de très professionnel, très carré, qui maîtrise pas mal de choses au niveau du foot. Il a été joueur, ce qui est aussi un avantage. Il connaît le terrain et tous les rouages pour gérer un club de l’envergure du Stade Rennais. Il y a un beau projet à Rennes, pour lequel il a le profil idéal.

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Si Olivier Létang est également intelligent, cultivé et a de la personnalité ? Plutôt, oui (sourire). Pour travailler dans un club comme Paris, il faut quand même avoir un certain nombre de compétences. Durant son passage ici [avant de rejoindre la structure d’agents britannique Sports Invest UK], il a prouvé qu’il avait beaucoup de qualités. C’est quelqu’un qui se maîtrise, qui sait où il va et où il veut aller. Il dégage l’image d’une personne très pondérée et réfléchie.

S’il est "Breton-compatible" ? Je pense. C’est vrai que Rennes végète un peu, a du mal à décoller, mais pour y avoir bossé pendant deux ans [2001-2003], je sais qu’il y a un vrai potentiel, notamment au niveau de la formation. Et Olivier, qui a ses idées, a toujours défendu la formation. Ça, c’est une bonne chose. »