Marseille: Voilà pourquoi l'affaire VA-OM est quasi absente de l'expo foot du Mucem

FOOTBALL Un seul des 400 documents évoque la très médiatique affaire du match truqué VA-OM. Les commissaires de l’exposition nous expliquent ce choix…

J.S.-M.
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Une salle est consacrée à la corruption dans le foot.
Une salle est consacrée à la corruption dans le foot. — A. Mellon / MUCEM
  • Les commissaires ont dû « faire des choix ».
  • « Ce n’est pas un tabou, un truc de Marseillais de ne pas en parler », explique un des concepteurs de l’expo.

Les passionnés de foot s’y retrouvent ; ceux qui n’aiment pas le ballon le découvrent. Depuis son ouverture, mardi dernier, l’expo du Mucem « Nous sommes foot » rencontre un succès d’estime parfaitement mérité. Mis à part, bien sûr, ces quelques Ultras qui marronnent devant un landau aux couleurs du PSG – petite provoc’ des commissaires.

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Des Ultras qui marronnent et un quinquagénaire BCBG, Bernard, qui s’étonne : « La partie sur la corruption est passionnante, mais pourquoi n’évoquent-ils pas l’ affaire VA-OM ? » Ça nous a marqué aussi : un seul des 400 documents exposés fait référence à l’affaire, Une de Charlie Hebdo montrant Bernard Tapie derrière les barreaux. Et c’est dans la section sur les préjugés, les idées préconçues des anti-foot.

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Une caricature de Bernard Tapie retirée

« L’affaire VA-OM, ça fait partie des poncifs qu’on a tous en tête, on voulait le traiter dès le départ », évacue Gilles Perez, un des commissaires. En fouinant un peu, on a d’ailleurs découvert qu’une deuxième caricature de Tapie, où sa tête est rongée par des vers, devait être exposée. Après l’annonce de son cancer, elle a bien sûr été retirée.

En tout cas, dans le « vestiaire » de l’expo comme ailleurs, aucun cartel n’évoque le scandale VA-OM. Et la vidéo titrée « Le foot qui triche » n’en fait pas non plus état. Le journaliste Gilles Rof, qui a réalisé cette séquence, aurait « pu, effectivement, faire référence à l’affaire VA-OM, surtout que j’évoque la main de Vata ! Mais n’allez pas croire que c’est un tabou, un mauvais réflexe de Marseillais de ne pas en parler. D'ailleurs, l’affaire occupe la moitié de mon documentaire A jamais les premiers. » Et dans cette séquence, on voit Tapie pester après, donc, ce fameux but de la main de Vata. « Maintenant, je sais ce qu’il faut faire pour gagner une Coupe d’Europe. » « Tout est dit, non ? » glisse Gilles Perez. Laissons le poursuivre :

A ce moment-là de l’expo, on est dans un propos global sur la marchandisation du foot, on s’en fout un peu de l’OM - dont on parle beaucoup dans le reste de l’expo. On a changé d’échelle et on fracasse l’ensemble du système : les joueurs qui deviennent des marionnettes, qui enregistrent des disques…

« Cette histoire est importante pour les Marseillais, mais à l’échelle du foot mondial, c’est un épiphénomène. Dans cette partie sur la corruption, on voulait montrer les faits les plus significatifs, la corruption à la Fifa ça nous a semblé primordial. On a collecté 400 objets et on en expose peut-être 30… Il a fallu faire des choix », conclut l’autre commissaire, Florent Molle. Gouverner, c’est prévoir. Exposer, c’est choisir.