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Les Mondiaux, «le plus grand défi de la carrière de Teddy Riner»?

Mondiaux de judo: Pour Gévrise Emane, «c'est peut-être le plus grand défi de la carrière de Teddy Riner»

JUDOLa médaillée olympique explique la rage de vaincre du colosse avant son entrée en Championnats du monde, samedi...
M.C.-V.

M.C.-V.

Ce n’est pas un éloignement d’un an hors des tatamis (depuis son triomphe aux Jeux olympiques de Rio) qui va contrarier Teddy Riner. Samedi à Budapest, il tentera d’ajouter un 9e titre de champion du monde de judo à sa collection, ce qui serait du jamais vu dans l’histoire de la discipline.

Consultante pour la chaîne L’Equipe et championne du monde en - de 70 kg en 2015, Gévrise Emane analyse la psychologie de Teddy Riner, et les raisons qui peuvent expliquer cette incroyable série de sept ans sans défaite.

Comment fait-il pour trouver la motivation pour aller chercher un 9e titre ?

Il veut aller beaucoup plus loin, ce qui l’intéresse, c’est de battre des records, d’être le plus grand judoka de tous les temps. Mais pour aller chercher ce titre, il va devoir s’employer, après son absence de compétition depuis un an. C’est peut-être le plus grand défi de sa carrière.

Est-il déjà le plus grand judoka de l’Histoire ?

Son palmarès parle pour lui. Il n’y a pas grand-chose à dire, on ne peut qu’acquiescer. Les exploits qu’il réalise championnat après championnat vont dans ce sens.

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Teddy Riner a expliqué dans un entretien à L’Equipe qu’il ne pouvait « pas se faire à l’idée qu’un autre athlète soit en or » ; plutôt que la volonté de gagner, c’est l’envie d’être « propriétaire » des titres mondiaux et olympiques qui le motive ?

Pour devenir champion du monde, il y a plusieurs chemins : l’envie d’aller chercher une médaille, ou encore empêcher un adversaire de gagner. C’est la même finalité, sauf que Teddy prend la deuxième source de motivation. Il prend ce biais-là car ça lui permet de trouver une motivation « externe », car il a déjà tout gagné.

Pour garder la motivation, il peut se trouver de nouveaux défis, c’est ce qu’il a fait cette année. Il ne s’est pas aligné sur certaines compétitions, et malgré tout il est présent aux championnats du monde. Il lui fallait peut-être un peu de danger pour se révolter, afin de chercher un titre. Il doit certainement se dire : « Je n’ai pas « existé » sur cette saison, pourtant je prétends à la médaille d’or. »

Les champions sont réputés pour avoir un ego important. Est-ce qu’on peut expliquer la série de titres de Riner par un ego plus important que les athlètes habituels ?

L’ego et l’orgueil, c’est ce qui permet aux grands champions de se dépasser, d’aller-delà des limites, de puiser dans leurs ressources pour atteindre l’objectif qu’ils se sont donnés. Donc oui, c’est un élément qui peut expliquer ses victoires.

Il déteste perdre ?

Vous en connaissez des champions qui aiment perdre ? Teddy Riner ne fait pas partie de ceux-là en tout cas, il déteste la défaite ! Être un champion, c’est haïr la défaite.

On a vu Teddy Riner très impliqué dans son rôle d’ambassadeur pour les J.O de Paris 2024. Est-ce que l’envie de gagner un tournoi comme l’envie de recevoir les jeux olympiques viennent de ce même désir d’être vainqueur dans toutes les situations ?

Plutôt que d’être à tout prix le premier pour soutenir Paris-2024, je crois qu’il souhaite être présent sur les scènes sportives nationale et internationale. Peut-être qu’il prépare la suite de sa carrière, qu’il se dit qu’il aura un rôle à jouer une fois sa carrière sportive finie, à l’instar de Tony Estanguet (co-président du Comité de candidature Paris-2024) ou Gwladys Epangue (co-présidente de la Commission des athlètes de haut niveau du Comité national olympique et sportif français).