NBA: Comment Rudy Gobert et Boris Diaw sont en train de ressusciter le Jazz d'Utah

BASKET La franchise basée à Salt Lake City affrontera les Clippers de Los Angeles à partir de samedi en play-offs...

Vincent Marche

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Rudy Gobert face à Kevin Durant, le pivot français du Jazz d'Utah fait partie des plus grosses progressions de la saison en NBA.
Rudy Gobert face à Kevin Durant, le pivot français du Jazz d'Utah fait partie des plus grosses progressions de la saison en NBA. — Marcio Jose Sanchez/AP/SIPA

Salt Lake City. Ses montagnes, son lac et son équipe de basket, Utah Jazz, en train de sortir d’une longue période de marasme. Cette saison, la franchise de l’Utah a terminé à la 5e place (sur 15) de la conférence Ouest et s’est qualifiée pour ses premiers play-offs depuis cinq ans. Une renaissance à laquelle ne sont pas étrangers deux Frenchies, Rudy Gobert et Boris Diaw.

Surtout le premier d’ailleurs. Gobert affiche des stats impressionnantes. Le niveau de jeu du pivot plaît beaucoup à Eric Micoud, consultant basket pour BeIn Sports. « Cette saison est directement liée à la progression de Rudy Gobert, estime l’ancien joueur de Cholet et de Strasbourg. Son évolution est impressionnante. Il n’a pas été déstabilisé par son nouveau contrat. Il est devenu un joueur dominant. Quand il n’est pas sur le terrain, l’équipe n’est plus la même et les options offensives des adversaires changent. C’est un bosseur acharné. »

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Rudy Gobert est présent dans l’effectif depuis 2013. Chaque saison, son temps de jeu et ses statistiques progressent. Lors de sa première saison, son équipe termine dernière à l’Ouest et il ne prend part qu’à 45 matchs, sans intégrer le 5 majeur. Cette année, le natif de Saint-Quentin a joué 80 matchs sur 82, tous en tant que titulaire, pour une moyenne de 14 points, 12 rebonds et 3 contres par rencontre. Autrement dit, il fait partie des tauliers. Le fait qu’il soit pressenti pour être élu meilleur défenseur de la saison régulière témoigne de cette réussite.

Si Gobert a autant progressé, il le doit peut-être aussi à Boris Diaw, arrivé en juillet dernier. Selon Eric Micoud, sa présence a fait un bien fou à Rudy Gobert. Surtout en dehors du terrain. « Son arrivée a été intéressante dans le développement de Rudy. Quand ils sont tous les deux sur le terrain, la connexion est évidente. Pour lui, avoir un tel joueur avec lui l’aide forcément. Et quand Rudy a des moments de doute, c’est bien pour lui d’avoir un Boris pas loin. »

Le capitaine de l’équipe de France n’a pas eu beaucoup de temps de jeu : 17 minutes en moyenne cette saison. Et seulement 32 fois titulaires en 72 matchs disputés. Mais il a été toujours été important. « Boris apprécie toutes les minutes qu’on lui donne. C’est plus un capitaine de route. Quand il est là, il fait des passes et il a toujours un mot pour encourager ses adversaires. Ce n’est pas un joueur de stats, c’est un facilitateur. »

Outre Boris Diaw, Rudy Gobert a appris auprès d’autres personnes. Pendant quatre ans, le jeune homme de 24 ans a connu une progression linéaire aux côtés de Gordon Hayward, la star américaine de la franchise qui réalise sa meilleure saison dans la ligue. Rudy Gobert fait partie des meubles du vestiaire. Et pour Eric Micoud, il deviendra le visage de la franchise un jour. « Pour l’instant, le boss, c’est Gordon Hayward. Mais, dans cette équipe, Rudy peut se permettre d’être un peu vocal à certains moments. Cette année, il y a eu quelques matchs où il a été frustré mais il a pu l’ouvrir. Je pense qu’il est en train de gagner le respect de ses coéquipiers. »

Désormais, pour nos deux Frenchies, les regards se tournent vers ce premier tour de play-offs, contre les Clippers de Los Angeles. Si Boris Diaw en a eu l’expérience à San Antonio et à Phoenix, Rudy Gobert participera pour la première fois à la phase finale de la NBA. La série commence dès samedi, en Californie. « Il y a des attentes sur le Jazz, affirme Eric Micoud. En play-offs, il y a plus de pression. Mais contre les Clippers, je sens que ça va être serré. »

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Surtout, ce sera un bon test avant les prochaines années. Gobert a 24 ans, Hayward, 26. L’avenir s’écrira peut-être avec eux et pourrait permettre à Utah de retrouver sa gloire passée. Entre 1985 et 2003, le Jazz n’a jamais raté les play-offs, atteignant même deux fois la finale, pour deux défaites contre les Chicago Bulls d’un certain Michael Jordan. A la baguette, Karl Malone et John Stockton.

Est-ce que Rudy Gobert et Gordon Hayward peuvent réaliser la même chose ? « C’est difficile à dire, car cela n’arrive plus souvent en NBA de voir des duos de joueurs rester toute leur carrière ensemble dans le même club. Mais Utah est clairement dans la bonne direction. L’équilibre est bon. Quin Snyder, le coach, fait du bon boulot. C’est une équipe au QI basket assez élevé. On va d’abord voir leur comportement en play-offs. »

Gordon Hayward est en fin de contrat cet été et pourrait partir dans n’importe quelle autre équipe. Rudy Gobert ferait le forcing auprès de son coéquipier américain de prolonger pour « gagner le titre ». Pour que leur aventure avec le Jazz se termine sur une bonne note.