Vendée Globe: Foils, suspense, météo... Mais bon sang, pourquoi cette course fascine tout le monde?

VOILE La 8e édition du Vendée Globe, qui touche à sa fin, aura été un franc succès...

W.P.

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Alex Thomson et Hugo Boss, deux des grands acteurs de ce Vendée Globe 2016-2017
Alex Thomson et Hugo Boss, deux des grands acteurs de ce Vendée Globe 2016-2017 — LOIC VENANCE / AFP

On connaissait les puristes du Vendée Globe, ceux qui campent aux Sables d’Olonne la veille du départ, tout comme on savait que des malades de Virtual Regatta étaient capables de sacrifier une partie de leur vie personnelle pour « empanner » à 4h du mat’ derrière l’écran de leur PC… En revanche, on ignorait que l’édition 2016-2017 du Vendée Globe serait aussi suivie par le grand public.

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Court point nombrilisme : A 20 Minutes, on s’est aperçu, dès les premières centaines de milles parcourues par les skippers, qu’une certaine effervescence régnait autour de la course. A tel point qu’à part la Ligue 1 et la Ligue des champions, aucune compétition sportive n’a fédéré avec autant de régularité que le Vendée Globe. La question étant : « pourquoi » ?

Au doigt mouillé, on dégage plusieurs faits de course potentiellement responsables de ce grand boum :

  • La lutte Thomson-Le Cleac’h en tête de course
  • Le faux-départ et la remontée de Didac Costa
  • La trajectoire en cœur de Tanguy de Lamotte
  • Le bras de fer Dick-Le Cam-Elies
  • Les folles vacations d’Amedeo et O’Coineen
  • Les larmes de Kito de Pavant et Thomas Ruyant

Les foils ont attisé la curiosité d’un nouveau public

Bref, deux aspects de la course prédominent. Le sportif et l’humain. Selon le directeur du Vendée Globe, Jacques Caraes, le gros du public se forme autour de ces deux piliers.

« Le premier public est très sportif et axé sur la performance tandis que le second s’intéresse davantage à l’aventure humaine. La mixité de ces deux courses explique qu’un public plus large ait été atteint. »

Moins attendu, un troisième groupe de curieux est venu se greffer au lot de base. « Il y a eu un véritable attrait technologique qui a fait venir de nouvelles personnes. Les foils c’est quelque chose qui a été très suivi », analyse Jacques Caraes.

Une tendance qui risque bien de se confirmer dans les années à venir. Car l’efficacité des petits appendices, initialement mise en doute à long terme, est désormais prouvée (les quatre leaders en sont équipés) et ouvre la porte à d’autres innovations du genre. Autrement dit, la conquête d’un public branché technologie n’en est qu’à son commencement.

La météo du début de course a rapidement rendu la course intéressante

Fait assez rare pour être souligné, il reste 18 skippers en lice sur l’Everest des mers - ils étaient 29 au départ - à quelques jours de l’arrivée des premiers bateaux. Plus étonnant encore, l’hémisphère nord et l’Atlantique en général auront fait très peu de dégâts au sein de la flotte en raison d’une météo clémente qui a favorisé un basculement rapide des navigateurs dans les mers australes. Le directeur de la course abonde dans ce sens.

« 90 % de la flotte est descendue dans l’hémisphère sud assez rapidement, ce qui a créé une accroche auprès du public. C’était une descente rapide et confortable. S’il y avait eu beaucoup de casse on aurait peut-être eu moins d’audience. »

Le déplacement du PC Course au pied de la Tour Eiffel, gage d’exposition

C’est un peu le coup de poker gagnant de la part de l’organisation de la course. Déménager du quartier de la Gare-Montparnasse pour installer le PC course au pied de la Tour Eiffel aura porté ses fruits en termes d’exposition. Jacques Caraes, toujours :

« Le fait que le plateau TV soit placé à côté de la Tour Eiffel nous a apporté un public plus présent. Pendant le live de midi la salle est souvent pleine. Il y a beaucoup d’écoles et des visiteurs pas forcément habitués au monde marin. »

L’avantage du monument parisien, c’est qu’il attire tout le monde. Les touristes étrangers ont donc mordu à l’hameçon au plus grand bonheur du directeur de la course. « On a gagné en popularité à l’étranger. Le fait d’avoir plusieurs nationalités… d’avoir un skipper Japonais, ça a ouvert à d’autres mentalités », conclut-il.

Preuve que l’internationalisation du Vendée Globe est en bonne voie : Boris Herrmann a annoncé cette semaine qu'il sera le premier allemand à s’élancer des Sables d’Olonne en 2020. Le skipper y nourrira de grandes ambitions puisqu’il a acquis le monocoque de Sébastien Josse, Gitana 16. Le phénomène continue.