Vendée Globe: Il est 2 heures du mat', il fait deux degrés, mais ils attendent déjà les skippers!

REPORTAGE « 20 Minutes » est allé à la rencontre une bonne partie de la nuit de ces spectateurs installés très tôt sur les quais des Sables d’Olonne pour assister au départ du Vendée Globe, ce dimanche…

David Phelippeau
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Il est presque 3 heures. Le quai de la Chaume commence à se remplir...
Il est presque 3 heures. Le quai de la Chaume commence à se remplir... — D.P. / 20 minutes

Ce dimanche matin, quand le défilé des  du   débutera (à 8h50), ils seront aux premières loges. Frigorifiés certes, mais les mieux placés pour saluer les marins. Cette nuit, quai de la Chaume, des dizaines et des dizaines de spectateurs se sont installés au bord du chenal. La palme revient à Pascal et son fils Hippolithe, 12 ans, de Nantes. Eux, ils ont battu le record. Ils sont arrivés à minuit. « On est tarés », s’esclaffe le père, avec un bonnet sur la tête, assis sur un petit siège pliable. Qu’ils se rassurent, d’autres « tarés » affluent au fil des minutes sur le quai de la Chaume. En face (côté port des  ), on aperçoit de plus en plus de silhouettes aussi.



« On voulait dormir, mais on a de plus en plus d'"amis" », rigole Pascal. A quelques mètres, deux frères, Laurent et Pierre, discutent dans la pénombre. Pierre vit à Paris, mais il ne voulait louper sous aucun prétexte ce rendez-vous « mythique ». « Il y a quatre ans, j’étais arrivé vers 5 ou 6h du matin côté Sables d’Olonne, c’était blindé. Je m’étais dit que pour la prochaine édition, je ne me ferais pas avoir… »

Bertin de Ponthierry (77) et Jacky de Vendée ont le sentiment de vivre leur « petite aventure » en arrivant aussi tôt. Bertin image la situation : « Avec toutes les épaisseurs qu’on porte, c’est comme si on allait au ski ! » Il faut dire que la température vers 3 h frise le 0 degré.

Le froid n’a toutefois pas fait reculer Roberte, Jeanine, Odile, Bernard et Marcel, venus de Chartres et du Mans. « Pour moi, c’est comme le Tour de France, c’est mythique le , estime Roberte. C’est la 5e fois qu’on vient, mais là on a battu notre record. » A 3h, tout le petit groupe s’est installé juste au bord du chenal.

Dans des couvertures de survie…

Quelques mètres plus loin, deux couples sont emmitouflés dans deux couvertures de survie. Un petit bout de carton est posé sur le parapet pour tenir un peu plus au chaud les fesses de Frédéric et Jacqueline. Tous deux arrivent du Loir-et-Cher avec Sylvie et Pascal. Il y a quatre ans, arrivés trop tard, ils n’avaient suivi le défilé des skippers que sur l’écran géant. Cette nuit, ils sont arrivés à 2 h 45 avec des sacs à dos remplis de thermos de café et de sandwichs.

Une petite frite à 4 h ?

Et en cas de pénurie de nourriture dans la nuit noire sablaise, le groupe pourra toujours quitter quelques instants ses places de privilégiés pour se restaurer chez Max et Annie, propriétaires d’une sandwicherie-pizzeria, proche de la Tour d’Arundel. Exceptionnellement, ils ouvrent en pleine nuit. Frites, kebabs et saucisses seront servis. Il est 3h30, Max commence à faire griller les saucisses. « Et ça marche très bien », lance-t-il, en train d’installer les tables dehors.

Au loin, un groupe de jeunes éméchés en t-shirt marche à côté d’individus, harnachés comme des alpinistes. La scène est surréaliste. Comme cette bataille de cartes organisée entre deux amis, Gwendal et Romain, arrivés vers 2h du mat' de Loire-Atlantique. « On n’a pas dormi, on pensait même qu’on serait en retard, explique Gwendal. C’est le , ce n’est pas le tour du pâté de maisons ! On joue aux cartes pour s’occuper. » Allez, encore 5 h et 20 minutes avant le passage du premier bateau. La bataille risque de lasser les deux potes…

Deux ou trois heures plus tard… toujours sur le quai de la Chaume

Pas loin de 7 h. Romain et Gwendal ont rangé leur jeu de cartes. Roberte, Jeanine et Odile son bien calées au fond de leur siège. Ou encore Max, le restaurateur, ne fournit plus. Le quai est bondé de monde.

Des bruits de corne brume résonnent aux quatre coins des Sables d’Olonne. Et des escabeaux ont fait leur apparition.

Le passage des skippers dans le chenal n’a jamais été aussi proche. Surtout pour ceux arrivés très tôt dans la nuit…