Vendée Globe: Solitude, confort, météo... Ces choses qui font flipper les skippers à un mois du départ

VOILE L'horloge tourne: le Vendée Globe, c'est déjà dans un mois...

William Pereira

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Morgan Lagravière et Safran seront sur le Vendée Globe
Morgan Lagravière et Safran seront sur le Vendée Globe — Safran

Le Vendée Globe est aux skippers ce que la Coupe du Monde est aux footballeurs. Une occasion de se surpasser et de briller qui ne se présente qu’une fois tous les quatre ans. Comme toujours, la prestigieuse course en solitaire et sans escale partira des Sables d’Olonne, et son coup d’envoi est prévu pour le 6 novembre.

Bref, l’échéance approche dangereusement, et il y a de quoi effrayer jusqu’aux plus valeureux dompteurs de vagues. 20 Minutes a donc demandé à plusieurs (anciens) skippers français ce qui les faisait flipper avant de s’attaquer à  l’Everest des mers.

L’éloignement des proches. Faire un tour du monde, ça demande du temps, et pas mal de sacrifices, comme se séparer de ses proches pour une longue période. Le moment des adieux trotte déjà dans la tête des uns et des autres à un mois du coup d’envoi.

Emmener trop (ou pas assez) de choses à bord. Le problème s’impose surtout aux bizuts, comme Morgan Lagravière, qui n’ont pas encore été réellement confrontés à ce genre de situation. Pour le skipper de Safran, c’est même « la » chose qui le fait flipper à un mois du départ.

« C’est un combat permanent. On se dit "est-ce que je prends assez de nourriture", ou alors "est-ce que je prends trop de médicaments"… Si on voulait tout anticiper, on emporterait des tonnes et des tonnes de matériel, de nourriture, de médicaments. Mais il faut jouer le jeu. Enlever quelques grammes à gauche, quelques grammes à droite. »

Sortir de sa zone de confort. Ouvrir son congélateur. Piocher un plat surgelé. Le mettre au four. Manger. Sur un voilier monocoque, il n’y a pas trop de place pour ce confort de flemmard. La vie à bord se situe même à des années-lumière de ce schéma. Et c’est bien ce que craint l’ami Morgan.

« Sur la terre ferme, on s’habitue à tout. On ne se rend pas compte que tourner la clé, faire démarrer la voiture et aller d’un point A à un point B, ou dormir dans un lit horizontalement, c’est du luxe. Il n’y aura pas tout ça sur dans le bateau. Et puis ce qui fait encore plus peur, c’est que cet inconfort s’étendra sur plusieurs mois. »

«Les envies prennent vie, du côté de chez vous»
«Les envies prennent vie, du côté de chez vous» - DAMIEN MEYER / AFP

Le décalage entre la foule des Sables d’Olonne et la solitude de l’océan. La foule, les spectateurs, les encouragements… L’ambiance au départ du Vendée Globe est totalement contradictoire avec les conditions de vie endurées par les marins pendant les longs mois de course, comme le souligne  Sébastien Destremeau.

« Le 6 novembre, on va monter sur le ponton et passer d’un monde où la pression du public et les encouragements sont énormes, à un monde d’extrême solitude. Je me demande comment je vais gérer cet aspect pendant les deux, trois premiers jours », s’interroge-t-il.

Grosse ambi au départ du Vendée Globe 2012-2013
Grosse ambi au départ du Vendée Globe 2012-2013 - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Avoir un pilote automatique défaillant pendant la course. Alain Gautier ne s’alignera pas sur le Vendée Globe, mais il sait comment le gagner (vainqueur en 1992-93). Et s’il devait s’élancer dans un mois, la chose qui le préoccuperait avant tout serait… le pilote automatique.

La météo. Le sale temps, les vagues, les orages, les courants, les vents… Une fois en haute mer, les aventuriers garderont toujours un œil sur la météo. « C’est l’affaire de quatre bulletins quotidiens », nous explique Jean Le Cam.

Moins expérimenté, Morgan Lagravière est forcément stressé par ce qui l’attend au beau milieu de nulle part. « Je vais devoir affronter des conditions climatiques difficiles des endroits hostiles. On imagine des choses et donc forcément le pire », termine-t-il.