Vendée Globe: Les deux échéances du skipper Arnaud Boissières

VOILE En l'espace d'un mois, celui qu'on surnomme « Cali » va être père pour la deuxième fois puis partir faire le tour du monde à la voile…

Laetitia Dive

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Le skipper Arnaud Boissières a déja participé deux fois au Vendée Globe.
Le skipper Arnaud Boissières a déja participé deux fois au Vendée Globe. — Olivier Blanchet / La Mie Câline

C’est la troisième fois d’affilée qu’il prend le départ du Vendée Globe. Mais dans ce genre de course, l’expérience ne garantit rien. « C’est la compétition la plus difficile sans aucun doute, explique Arnaud Boissières. C’est extrêmement particulier : on fait le tour du monde tout seul donc c’est à la fois une épreuve sportive, technique et humaine. »

Arrivé 7e puis 8e en 2008 et 2012, le navigateur peut se targuer d’avoir toujours fini la course quand beaucoup sont contraints d’arrêter en route… parfois quelques jours après le départ. « Le fait d’arriver est déjà une victoire », reconnaît le skipper. En 2012, sur vingt bateaux, seulement onze avaient terminé le parcours.

« Une petite réussite devient une grande victoire »

Pour les participants, interdiction de faire escale ou de demander une quelconque aide extérieure. Aussi, ils doivent savoir tout faire à bord : « Nos journées sont rythmées par la météo, les manœuvres et par nos sessions de sommeil. On est en permanence sur le qui-vive pour assurer la sécurité, la performance du bateau mais aussi tout le matériel. Il faut être vigilant à la moindre petite défaillance technique. »

Par le passé, beaucoup de candidats malheureux ont abandonné en raison d’un problème de safran, de quille ou d’une faille informatique. C’est ce défi de tout affronter en même temps qui stimule le navigateur girondin : « S’il nous arrive quelque chose, que ce soit bien ou mal, on ne le doit qu’à soi-même. On perçoit les choses différemment : une petite réussite devient une grande victoire et une petite défaillance un gros échec. »

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Pour autant, hors de question de se laisser abattre : « il y a bien sûr des moments de doute quand on navigue. Mais moins pendant cette course car il y a peu d’élus et j’aime en profiter, y compris des moments durs. C’est unique. »

Le départ et l’arrivée s’effectuent aux Sables-d’Olonne. Entre les deux, il faut affronter les tempêtes, les basses températures, les icebergs… Car les participants traversent les mers du Sud, au large de l’Antarctique. « Finalement, je n’ai navigué que deux fois dans ces lieux-là donc je ressens un mélange d’excitation, comme lors de mon premier Vendée Globe, et de sérénité grâce à mes deux expériences », raconte Arnaud Boissières.

Le parcours du Vendée Globe passe par les mers du Sud.
Le parcours du Vendée Globe passe par les mers du Sud. - Vendée Globe

Bientôt un deuxième enfant

Cette édition va prendre une saveur toute particulière pour Arnaud Boissières puisqu’il s’apprête à accueillir son deuxième enfant. « Notre bébé doit naître début octobre », se réjouit le skipper. Quand on lui demande s’il n’est pas trop dur pour lui de quitter son nouveau-né pour plusieurs mois, il répond que cet événement lui « donnera la motivation pour finir la course d’autant plus vite ». « Le retour est toujours difficile, il y a un temps d’adaptation, on se méfie de la civilisation et des contraintes terrestres. Cette fois, j’aurai envie de revenir », raconte le navigateur.

Sa compagne et lui se sont organisés pour parer à son absence. « Maintenant il y a de très bons moyens de communication, je pourrai les voir par Skype », se rassure Arnaud Boissières. Pour lui, il n’était pas question d’abandonner son projet, en construction depuis trois ans : « Je ne veux pas qu’il y ait de frustration, je veux justement qu’il soit fier de moi. Je veux lui montrer qu’il faut aller au bout de sa passion. »

Agé de 44 ans, le skipper l’affirme : « Cette course, c’est le Graal. Ça correspond au projet nautique que je m’étais imaginé plus jeune ». Et alors que l’édition 2016 n’a pas encore débuté, Arnaud Boissières explique déjà qu’il fera tout pour prendre le départ du Vendée Globe en 2020.

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